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Quand le désir de l'autre donne l'air d'un fou par Jean Genet

Publié le par Jean-Yves Alt

Le désir de l'autre dépasse parfois la simple manifestation charnelle. A la beauté, à la jeunesse, il est demandé une réponse plus vaste qui résoudrait l'énigme du bonheur. Jean Genet écrit aussi ce besoin d'absolu :

« Jeune arbre aux cuisses d'eau ! Ecorce blasonnée ! Dans le creux de ton coude se déroulaient des fêtes étonnantes et interminables. L'épaule du Parthénon. Un trèfle noir. Je suis une pelote d'étoupe traversée d'épingles d'or. Le goût de ta bouche : au fond d'un vallon silencieux s'avançait une mule en soutane jaune. Ton corps était une fanfare où pleurait l'eau. Nos amours ! Souvenez-vous. On éclairait l'étable d'un lustre. On éveillait les bergers parés pour leurs messes. Ecoutez leurs chants confondus dans une légère haleine bleue ! Je pêchais des poissons dans ton œil ! Le ciel ouvrait ses portes. (...) Ces paysages que je découvre... sont de la même substance que les visions que je découvre quand ma bouche et ma langue sont occupés dans les poils d'un œil de bronze où je crois reconnaître un rappel des goûts de mon enfance pour les tunnels. J'encule le monde. »

Jean Genet, in Pompes funèbres, Gallimard, L'Imaginaire, 1953

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