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Correspondance Perros-Paulhan, 1953-1967

Publié le par Jean-Yves Alt

De la vie de Paulhan (1884-1968), il faut retenir l'aspect le plus connu : il a été le directeur de la plus prestigieuse revue littéraire du demi-siècle, la Nouvelle Revue Française (la NRF). Tout ce qui intellectuellement a compté en France de 1920 à 1968 a côtoyé et sollicité Paulhan. Il en reste une immense correspondance.

Dans des lettres toujours brèves, incisives, dans un éblouissement presque gestuel (la forme épistolaire y concourt), le quotidien est avancé secrètement jusqu'à une question banale, arrogante de banalité : « Qu'est-ce que penser ? Qu'est-ce que le langage ? »

Paulhan écrit à Perros à propos du dandysme « Qu'est-ce que c'est qu'un dandy ? C'est quelqu'un qui se conduit comme s'il n'était pas là. »

Pas loin de là, Paulhan répondait à la question « Quel fait historique admirez-vous le plus ? » : « Pourquoi voulez-vous que je m'intéresse à ce qui aurait pu ne pas arriver... »

Correspondance Perros-Paulhan, 1953-1967

Alors qu'on lui demandait sa devise, il répondait : « Se garder d'ajouter une vue à toutes celles qui déjà courent le monde ». On songe évidemment à la pensée zen à laquelle Paulhan fera souvent référence. En fait, Paulhan essaiera d'approcher le fait de penser dans ce lieu trouble et clair à la fois : l'évidence.

Reste, à travers sa correspondance avec Perros, un homme qui interroge avec malice et pertinence ses maladies comme sa passion pour tous les jeux (notamment la pétanque), aussi bien le corps des animaux qu'il visitait au jardin des Plantes (avec une prédilection pour le paresseux) que l'érotisme, la religion ou la mort.

■ Correspondance Perros-Paulhan, 1953-1967, Editions Claire Paulhan, 400 pages, 2009, ISBN : 978-2912222305

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