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Manifeste pour une mort douce de Roland Jaccard et Michel Thévoz

Publié le par Jean-Yves Alt

Pour Roland Jaccard, la vraie vie c'est choisir sa mort. Dans un livre grave et délibérément anticonformiste, il affronte, bille en tête (avec la complicité de Michel Thévoz), le plus tabou de tous les tabous : la mort que l'on choisit de se donner quand la vie devient insoutenable.

Rappelant la volonté de suicide de Bettelheim, de Freud et aussi de cette femme de quatre-vingt-seize ans qui s'est immolée par le feu pour en finir avec une existence moribonde, il prône « le droit à une mort volontaire et douce ».

Mais le plus percutant de ce « Manifeste pour une mort douce » n'est pas une apologie du suicide, loin de là, mais une réflexion intense sur une société qui « répugne encore à s'avouer que les pulsions sexuelles sont foncièrement sauvages et asociales, qu'elles se rient de la morale », une société où les médecins deviennent des directeurs de conscience et, quelque peu sadiques, considèrent que mourir doit être une épreuve douloureuse : faut-il payer d'être né ?

Manifeste pour une mort douce de Roland Jaccard et Michel Thévoz

Michel Thévoz et Roland Jaccard se rejoignent dans le rejet des dictateurs qui imposent les lois de la conscience collective et dans l'amour de la liberté intime totale.

■ Manifeste pour une mort douce de Roland Jaccard et Michel Thévoz, Editions Grasset/Figures, 120 pages, 1992, ISBN : 978-2246463719

Présentation de l'éditeur : Ce livre, très bref, se propose d'emblée comme un texte extrêmement polémique, contre l'idéologie (en vigueur) selon laquelle les hommes, qui ont le droit de vivre, n'auraient pas le droit de mourir. Précisons : Jaccard et Thevoz veulent, en effet, que le droit à la mort volontaire" – bref, le droit au suicide – soit reconnu en droit français. Mourir quand on le veut, si on le veut, avec les moyens d'y parvenir dans la dignité et la "douceur". Ce n'est pas, bien sûr, un livre sur l'euthanasie - qui est un tout autre problème. Mais sur la possibilité d'abréger sa propre souffrance, en toute lucidité, et sans qu'il faille sauter par une fenêtre..."

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