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À propos de l'écriture homosexuelle : point de vue universel ou particulier par Monique Wittig

Publié le par Jean-Yves Alt

« Écrire un texte qui a parmi ses thèmes l'homosexualité, c'est un parti, c'est prendre le risque qu'à tout moment l'élément formel qu'est le thème surdétermine le sens, accapare tout le sens, contre l'intention de l'auteur qui veut avant tout créer une œuvre littéraire. Le texte donc qui accueille un tel thème voit une de ses parties prises pour le tout, un des éléments constituants du texte pris pour tout le texte et le livre devenir un symbole, un manifeste. Quand cela arrive, le texte cesse d'opérer au niveau littéraire, il est l'objet de déconsidération en ce sens qu'on cesse de le considérer en relation avec les textes équivalents. »

Monique Wittig

in préface de la « La passion » nouvelles de Djuna Barnes (traduites et préfacées par Monique Wittig), Flammarion, 1982

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C
Par expérience, je dis que c'est encore très vrai aujourd'hui. Le texte sera qualifié de "roman homosexuel", voire de "roman pédophile", alors que bien sur personne ne qualifiera La Princesse de Clèves de roman hétérosexuel...
Certains mots, aujourd'hui, provoquent un blocage des neurones chez celui qui les entend. Dans ce vide de la pensée s'engouffrent fantasmes et haine.
Pour l'écriture, c'est la même chose. Parce que l'écrivain appartient à son temps, et que le temps d'aujourd'hui n'aime pas les homosexuels, quoiqu'on en dise... Il y a donc double peine pour cet écrivain là : non seulement il est homosexuel, mais en plus on lui demande de se cacher...
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