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Des amitiés particulières aux paternités singulières : les secrets d'Abel Hermant, Jean-Claude Féray

Publié le par Jean-Yves Alt

Présentation : Lorsque au début du XXe siècle, Abel Hermant s’afficha devant le Tout-Paris en compagnie d’un prétendu « fils adoptif », un jeune et bel éphèbe prénommé Joachim, de lourds soupçons pesèrent sur la nature de leur relation. On sait que Marcel Proust participa, par des interrogations faussement naïves, à répandre ces soupçons.

Se pencher sur la vie de garçon qu’a menée le jeune Abel Hermant permet de lever un coin du voile. On découvre que Joachim était en vérité le frère utérin d’une fille naturelle qu’Abel Hermant avait eue à vingt-deux ans, en 1884, quatre années avant son mariage : Madeleine, « née de père inconnu » et morte après dix jours d’existence.

Mais cette vérité énoncée, loin d’épuiser le sujet des paternités singulières d’Abel Hermant, ne fait que laisser entrevoir des secrets. Il faut confronter sa biographie avec toutes les révélations que l’écrivain a semées dans son œuvre abondante pour saisir combien les amitiés particulières qu’éprouva Abel Hermant ont interféré de manière troublante avec ses inclinations paternelles. Le projet de ce livre est d’en dresser un tableau succinct. Ce faisant, il ouvre un champ d’hypothèses d’ordre anthropologique sur ce sur quoi repose « l’instinct paternel ».

Loin de noircir la personnalité d’Abel Hermant, ces données contribuent à démolir la légende d’un homme froid, indifférent au sort d’autrui. Jamais un être sensible n’est parvenu mieux que lui à éviter toute souffrance par l’écriture, jamais un homme n’a mieux que lui réussi à tout oublier de ses malheurs en s’efforçant d’aligner des mots rigoureusement choisis pour composer une œuvre dense et éminemment respectable : l’histoire de la société bourgeoise de son temps.

Table

Remerciements et prolégomènes

Introduction : l’intrigante question posée au sujet du fils adoptif d’Abel Hermant

I - Jeter sa gourme ou Vivre sa jeunesse quand on a vingt ans dans les années 1880

II - La vie mondaine de l’homme mûr, après la vie de bohème du jeune homme : mariage de raison et nouvelle paternité malheureuse....

III - L’amitié passionnée d’Abel Hermant pour George Hall

IV - L’aube ardente où l’on s’éveille à la beauté des âmes et des corps

V - Joies, angoisses et beautés de la procréation

VI - Joachim Marcel et Abel

Annexe : George Hall et sa famille

Photographie de George Hall

Index

Des amitiés particulières aux paternités singulières : les secrets d'Abel Hermant, Jean-Claude Féray

Les plus belles pages jamais écrites en langue française sur la paternité

En premier lieu, ceux qui ont lu « Une folle amitié de collégien » auront confirmation que l’auteur a relaté une histoire véridique – ce qu’il a expliqué en sa préface du « Disciple aimé ».

Grâce aux lettres qu’Abel Hermant a écrites à son ami américain George Hall, lettres conservées en la bibliothèque de l’Université Yale, nous savons que George Moore, le héros du roman, celui qui a été tyrannisé par l’amour d’un camarade plus âgé de la pension Galliard à Lausanne, s’appelait dans « la vraie vie » George Hall.

Il y a mieux : ces lettres montrent que l’amitié d’Abel Hermant pour George Hall était une amitié particulière. Les deux jeunes gens avaient fait connaissance en 1882, lorsque George Hall avait dix-neuf ans et suivait les cours de l’École des Beaux-Arts de Paris. Abel Hermant avait, lui, un an de plus. Nous dévoilerons l’identité de ce George Hall que la bibliothèque de l’Université Yale semblait ignorer puisqu’elle mentionne « a man named George Hall », identité que nous avons trouvée après un an de recherches.

Mais quel rapport entre cette amitié particulière et les paternités singulières d’Abel Hermant ?

C’est ce que découvriront nos lecteurs en même temps qu’ils prendront connaissance de la vie de jeune homme qu’a menée l’Académicien français.

Cette vie de libertin de la Belle Époque, un libertin fils de la haute bourgeoisie parisienne, explique paradoxalement l’adoption, au début de la Première Guerre mondiale, du jeune et bel adolescent qu’Abel Hermant a choisi pour fils.

Le livre s’appuie sur des pépites de l’œuvre trop abondante d’Abel Hermant. On pourra y lire notamment ce qui constitue pour nous les pages les plus sublimes jamais écrites en langue française sur la paternité et le désir de paternité.

Jean-Claude Féray

■ Des amitiés particulières aux paternités singulières : les secrets d'Abel Hermant, Jean-Claude Féray, Éditions Quintes-Feuilles, 160 pages, 13 septembre 2019, ISBN : 9782955139974, 22€

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