
Dans le tableau peint par Jacques-Louis David
en 1800/1801 "Napoléon à l'assaut des Alpes sur son cheval", la pose n'a rien de crédible : cette figure épique fut même critiquée pour son irréalisme. En fait, à travers cette huile sur
toile conservée au Musée national des Châteaux de Malmaison, le peintre rappelle sa double allégeance à l'Antiquité - créatrice du portrait équestre - et à Bonaparte,
à qui il restera fidèle jusqu'à ses derniers jours.
Le contraste est total avec ce portrait de l'Empereur dans son cabinet de travail aux Tuileries peint une dizaine d'années plus tard et conservé à la National Gallery of Art de Washington. Dans ce tableau, David semble inventer le portrait officiel moderne. Le souverain n'est plus un dieu antique, mais un homme, saisi à son bureau, qui a passé la nuit à travailler.
Ce tableau est à rapprocher du portrait photographique du président François Mitterrand devant sa bibliothèque, réalisé par Gisèle Freund.
Cette rupture radicale entre les deux tableaux de David suggère une nouvelle position de l'artiste face au pouvoir : quelqu'un qui s'éloigne de l'Histoire pour se rapprocher encore plus de la peinture.
Bernadette vient de perdre son compagnon. Ex-star dans une version australienne du Paradis Latin, la transsexuelle accepte de se joindre à deux drag queens, Felicia et Mitzi, pour aller se produire au fin fond du bush. Les comparses affrètent Priscilla, bus scolaire reconverti en loge ambulante d'artistes. Parsemée d'embûches et de rencontres, la traversée est un voyage inoubliable vers la liberté.
La fantaisie à l’état pur côtoie l'émotion pour nous entraîner loin des sentiers battus et des idées toutes faites sur l'homosexualité.
Derrière le prix du public reçu par ce road movie au Festival de Cannes, il y a bientôt dix ans, fallait-il comprendre que seule l'excentricité était la dimension acceptable pour les homosexuels ? Pour ma part, j'ai trouvé à l’époque derrière les rires et les paillettes, une véritable ode à la liberté et à la différence.
Les bonus du DVD :
Gloria Gaynor et son fameux « I will survive » ouvre le bal, suivie de Village People, Abba, Lena Horne... C'est le must du disco !
Le bêtisier : Avec un sérieux imperturbable, les acteurs se prennent les pieds dans leurs robes extravagantes. En prime, dans la caravane, des techniciens déguisés en portemanteau.
L'histoire commence dans une petite ville de pêcheurs, plutôt triste et grise, peu fréquentée par les touristes. C'est l'automne. Il pleut. Un homme, Thomas Sheppard, boiteux et maigrichon, revient chez lui. Ce faisant, il ramène aussi tout un passé que les habitants n'ont pas envie de remuer. Pour eux, l'affaire est définitivement jugée.
Tout remonte cinq années auparavant : Thomas Sheppard avait décidé de partir en bateau avec son fils de 8 ans, malgré l'avis de tempête annoncé. Quelques heures plus tard, il est rentré seul. Sa femme et la population n'ont pas manqué de l'accuser de la mort de son enfant. Les langues les plus virulentes ont alors déclaré qu'il avait sans doute dû jeter par-dessus bord son propre fils. La justice l'a reconnu coupable d'homicide non intentionnel. Il a alors été incarcéré.
La peine effectuée, il revient chez lui, dans cette ville qui pourtant ne veut plus de lui. Il y rencontre deux personnages, Rajiv, l'épicier pakistanais, et Betty, la vendeuse de journaux, deux destins bousculés comme lui et qui ne le rejettent pas. Peut-il encore reconstruire quelque chose ici ? Le "retour" du mystérieux Luke apportera-t-il une réponse à cette question ?
La narration est envoûtante. En donnant la parole, essentiellement à Thomas Sheppard, l'auteur nous permet de nous méfier des évidences comme celles prononcées définitivement par la population (Un père infanticide reste à tout jamais impardonnable). Philippe Besson a l'art de révéler de façon progressive et sensible, les petits secrets de chacun, interrogeant par là-même les culpabilités cachées et partagées. Il est impossible de lâcher le livre avant d'avoir "entendu" tout ce que "sait" Thomas et tout ce qu'il a accepté. Et on découvre alors un homme qui s'interroge sur sa vie, sur sa culpabilité, sur la vérité dans les relations inter-personnelles, sur le désir (peut-on reprocher à personne de ne pas avoir désiré quelque chose ou quelqu'un ?), sur l'acceptation ou le rejet des convenances sociales et/ou culturelles, sur l'enfermement physique et psychique…
Il y a quelque chose de religieux dans la narration de l'auteur. D'abord, par les titres de chacun des quatre chapitres (1.Thomas ou le pécheur, 2.Rajiv ou la faute, 3.Betty ou le châtiment, 4.Luke ou le salut). Ensuite, par l'ensemble de la narration qui accompagne Thomas et le lecteur, du péché au salut : l'histoire de Thomas Sheppard ainsi racontée est une métaphore de la confession qui s'effectue dans la douleur afin d'approcher une rédemption humaine.
On peut se demander pourquoi Thomas est revenu chez lui. Pas pour les autres, c'est certain. Pas pour prouver sa non-culpabilité : la partie aurait été à l'avance perdue avec la population en dehors de Rajiv et de Betty. Peut-être pour faire face à sa part d'innocence. Pour la partager aussi. C'est là que Rajiv, le pakistanais, et Betty, la fille-mère, interviennent à l'image d'un prêtre dans le confessionnal. A la différence que Betty, n'est pas "neutre" ; elle voit en Thomas sa dernière chance. Thomas va-t-il se lancer avec elle comme il l'avait fait avec Marianne, sa première épouse ?
N'oublions pas que Philippe Besson adore brouiller les pistes : en annonçant le retour de Luke, Thomas va-t-il mettre fin à un début d'idylle entre lui et Betty ? Et qui donc est ce Luke ? Quand et avec qui Thomas acceptera-t-il un instant d'abandon ?
■ Julliard, 18 août 2005, ISBN : 2260016812
LIRE aussi sur ce blog : Le commentaire de Olivier Maison paru dans Marianne
La période de dépression est marquée pour moi par un temps informe, où je me cherche et ne trouve pas d'issue au temps.
La sortie de la dépression, sera marquée, je suppose, plus ou moins brusquement, par l'apparition d'un sens, absent jusque là, sens comme une flèche qui me traversera et m'orientera.
«Il est expressément interdit de marcher sur les pelouses.» Que veut-on dire par là ? Et quel sens a, ici, l'introduction de l'adverbe expressément ? Ou bien il est interdit de marcher sur les pelouses et, alors, on ne voit pas pourquoi on se donne la peine d’insister : ce qui est interdit est interdit. Un point, c’est tout. Ou bien on veut signifier que les autres interdictions n’en sont pas et que, quand il est simplement écrit : «Il est interdit de marcher sur les pelouses», cela veut dire qu’en réalité la chose est autorisée ou tolérée !
Les exemples de ce type abondent : «L’entrée est strictement réservée aux personnes munies d’une autorisation.» Est-ce à dire que, quand elle est «simplement» - et non «strictement» - «réservée aux personnes munies d'une autorisation», tout le monde peut y aller ?
«Il est formellement défendu de communiquer avec quiconque pendant l’examen.» Cela signifie-t-il que, dans d’autres examens, quand cette défense n’est pas «formelle», on peut tranquillement copier sur son voisin ou téléphoner à l’extérieur pour obtenir le résultat ?
L’emploi de l’adverbe est censé renforcer la prescription ou l’interdiction. En réalité, il les annule... Voilà l’illusion : on insiste pour asseoir sa position et affermir son pouvoir et, paradoxalement, on scie la branche sur laquelle on est assis. On affirme que «cet ordre est absolument ferme» et on laisse entendre ainsi que les autres ne le sont pas, voire que celui-ci ne l’est pas vraiment tout à fait... pas autant, en tout cas, que celui qui serait «absolument, définitivement et complètement ferme» !
Il y a un danger sournois dans le métier de prof, celui de ne jamais "grandir", de ne jamais affronter le cirque adulte, de n'en connaître que les dernières vagues tellement amoindries quand elles échouent aux rives de la classe : les enfants ont une telle rouerie d'adaptation qu'ils ne nous en transmettent que la déformation ou le spectacle, ils ont leur pudeur, et la famille c'est sacré ! Le prof vogue dans un univers de désirs, de rêves, d'espoirs, et il s'interdit deux choses : de jouer réellement le rôle d'adulte selon les références conventionnelles qui pourraient être, pourquoi pas, les points forts où l'adolescent s'accroche, ou d'entrer carrément dans des relations où il s'impliquerait en être multiforme, désirant...
Quand j'étais enfant je rêvais que le prof "aimé" me prenne contre lui…
Pendant mes congés d'été (le terme de congés est abusif dans la mesure où je ne travaille pas), j'ai été terriblement angoissé suite à une problématique (que je ne développerais pas à ici) avec mes parents (plutôt avec ma mère) non résolue. En "défense", mon corps a pris le relais, ce qui s'est traduit par de forts maux de ventre accompagnés de diarrhées (excusez-moi de la trivialité de ce fait).
Exactement, les mêmes symptômes que pendant mon enfance face à certaines angoisses.
Le corps garderait-il en mémoire cette façon de procéder face aux difficultés de la vie ?
Escalier C tient, à la fois, de la galerie de portraits et de la chronique familiale.
Famille d'élection puisqu'elle rassemble les voisins d'un immeuble new-yorkais.
L'un d'eux, Forster Tuncurry, est le narrateur des histoires d'amour et d'amitié, des passions et des rancœurs, des joies et des peines de ces quelques personnages réunis par le hasard autour de l'escalier C. Forster Tuncurry, qui se présente lui-même comme un beau garçon dans la trentaine, est un critique d'art redouté pour son intransigeance et ses discours provocateurs. Intelligent et cynique, il a une bête noire : les attachées de presse de galeries d'art. [Ce qui donne, d'ailleurs, quelques scènes d'une ironie grinçante qui dépassent, et de loin, le strict cadre du roman.]
Les voisins sont au nombre de quatre, du moins pour les plus importants : Bruce Conway, une grande gueule sympathique qui manie tour à tour la bonhomie et le ressentiment, Béatrix Holt et Virgil Sparks, un couple infernal qui ponctue de scènes de ménage incessantes la vie diurne et nocturne de l'immeuble, et enfin Coleen Shepherd, dessinateur de mode, jeune, riche, beau et homosexuel.
Ce joli monde vogue d'un appartement à
l'autre, au hasard des petits déjeuners et des grands dîners, sans compter le temps passé sur le palier à deviser gaiement de choses et d'autres. Les deux personnages les plus passionnants du lot
sont, sans conteste, Forster Tuncurry et Coleen Shepherd. L'un est un homme hétéro de l'espèce la plus macho, l'autre un garçon à l'apparence fragile qu'on voit, au début du livre, se laisser
rouer de coups par une brute qui n'assume pas son homosexualité.
Au fil des événements qui rythment la vie agitée de la "famille" de l'escalier C, le lecteur voit s'opérer une insensible mais inéluctable modification des rapports entre le critique d'art sûr de lui et dominateur et le dessinateur de mode tendre et secret sans pour autant que la situation tienne du vaudeville à la sauce gay.
Escalier C est un roman assez exceptionnel par son mélange d'humour et de tendresse. Ecrit avec beaucoup d'efficacité - les dialogues sont rapides et percutants - c'est un formidable hymne à la joie de vivre, plein de sensibilité, se démarquant avec talent des textes où le nombrilisme tient lieu d'imagination.
Éditions Ecole des loisirs, Collection : Médium Poche, 1999 (réédition), ISBN : 221101836X
Du même auteur : La plume de perroquet
Lire aussi la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualité.com
■ Qu'est-ce qu'un «antimanuel» d'éducation sexuelle ?
Ce n'est surtout pas un livre de sexologie. C'est un exposé de la manière dont le droit français a fait la révolution des mœurs depuis trente ans, aussi bien du point de vue pénal que civil. On a mis un accent particulier sur la criminalité sexuelle montrant ses dérives pour des raisons que nous essayons d'expliciter : la psychologisation de l'interprétation des normes, les problèmes de procédure en ce qui concerne les preuves ainsi que la longueur et le type de peines que l'on réserve à ces infractions. Mais nous montrons aussi tout l'aspect civil de la révolution des mœurs : les nouvelles règles concernant le couple, la filiation, la liberté procréative.
■ Que reprochez-vous à l'action du droit et de la justice ?
A part la question pénale que je viens d'évoquer, il y a aussi un problème entre les principes politiques affichés par la révolution des mœurs et ses concrétisations. Considérons la situation qui est réservée à la prostitution. On a largement admis que l'acte sexuel était licite à partir du moment où il est consenti entre adultes. Le fait de persécuter la prostitution est contraire à ce principe. On n'a pas à savoir pourquoi les gens sont consentants: il n'est pas obligatoire d'être amoureux ou de vouloir se reproduire pour consentir à un rapport sexueL On ne cherche pas à savoir si une femme mariée couche avec son mari parce qu'elle en a envie, parce qu'il lui fait des cadeaux, ou parce que sinon il se fâche. Pourquoi le ferait-on dans le cadre de la prostitution ? D'autres paradoxes sont à soulever dans le domaine familial et reproductif. On a insisté sur le fait que la procréation et la filiation devaient être volontaires et on se retrouve avec des pères forcés à le devenir du fait d'avoir eu des rapports sexuels avec une femme. On soulève bien d'autres paradoxes dans le livre.
■ Que voyez-vous derrière cette intrusion du regard de l'Etat dans la sexualité ?
Ce qui me gêne, à ce propos, c'est la manière dont l'Etat s'occupe de signifier ce que doit être la valeur de la sexualité pour tout un chacun. Ce faisant, il impose un modèle de normalité sexuelle. On veut toujours donner une signification unique à la sexualité : quelque chose d'intime, qui sert - à tisser des liens affectifs ou sociaux avec les autres. La prostitution, le sexe furtif, cela gêne parce que cela ne crée pas de lien. Il y a toujours l'idée qu'il faut racheter le sexe par l'amour ou la reproduction. La normalisation consiste à faire comprendre aux gens que la sexualité engage leur subjectivité. On pourrait dire que le sexe est devenu le lieu de l'âme : «Le sexe, c'est moi.» En tant qu'opinion, cette idée est respectable. Mais l'Etat n'a pas à imposer une conception particulière du sexe à tout le monde. Il doit avoir une attitude neutre. La définition de la valeur qu'a pour chacun la sexualité doit être élaborée par la morale et non par le droit. Une société «postsexuelle» serait celle dans laquelle l'Etat ne s'occuperait plus de dire ce que doit signifier notre sexualité, mais se limiterait à nous protéger contre les violences.
■ Il peut exister une demande de règles nouvelles. Que faites-vous de la recherche de l'égalité entre les sexes ?
Les discours féministes critiques de la demande sexuelle masculine, de la prostitution, de la pornographie ou de l'échangisme font de la sexualité le lieu des rapports de pouvoir entre les sexes. Pour moi c'est une erreur. A l'heure actuelle, on ne peut pas soutenir que l'inégalité entre les sexes passe par la sexualité. C'est dans la sphère familiale qu'elle se crée. C'est le rôle que la femme a pris en matière de reproduction qui est à l'origine des inégalités économiques, politiques et professionnelles entre les sexes.
Sciences Humaines n°163, propos recueillis par Nicolas Journet, août-septembre 2005
La photographie de Marcela Iacub, en logo dans les articles, est de Crocus [copyright “crocus / www.crocusss.net"]
Extraits d'une rencontre avec l'Argentin Alberto Manguel, parue dans Télérama n°2878 - 12 mars 2005
[...] La lecture est une conversation. Avec un livre, un auteur, soi. Lire, c'est demander une présence. Lire, c'est découvrir, c'est aussi relire, au gré de ses désirs. C'est dialoguer avec le passé. C'est apprendre à penser, à repousser les limites, les nôtres, et même celles du livre que l'on lit. Lire, c'est rechercher les ambiguïtés, sans cesse se poser des questions. Et chaque fois que nous allons plus loin, nous nous éloignons d'une réponse facile. Dans la littérature, il n'y a pas de réponses monosyllabiques - oui, non -, que des espaces ouverts. Les résolutions simplistes, nous les trouvons dans les sitcoms, ou chez Paulo Coelho. Lire, c'est apprendre sur soi, c'est appréhender le monde. C'est prendre la liberté, le pouvoir. [...]
Il ne suffit pas de savoir lire pour être un lecteur. La lecture est une activité élitiste. Mais c'est une élite à laquelle tout le monde peut appartenir. Depuis des décennies, on donne à la difficulté un sens négatif. Mais c'est par la difficulté que nous atteignons les étoiles ! Et par la lenteur. Il faut du temps. Or, dans une société où tout va vite, où l'on croit obtenir tout sans effort, difficulté et lenteur sont des expériences que l'on rejette. Au bout de l'effort, pourtant, il y a le plaisir. [...]
Je n'écris pas pour soulager le monde ! Si les lecteurs ne veulent pas être dérangés, qu'ils lisent Amélie Nothomb. Enseigner, comme lire, est difficile et demande du temps. Les enseignants sont piégés : ils sont censés éveiller la curiosité, apprendre aux étudiants à penser par eux-mêmes, et, en même temps, ils ont l'obligation de leur faire respecter les codes d'une société qui refuse que l'individu pense par lui-même ! L'école prépare à lire de la propagande : ce qui est superficiel, qui défile sur des écrans, slogans, publicités, etc. Je prends l'exemple de Pinocchio. En bon pantin, il lit les mots, mais ne les digère pas, il les répète comme un perroquet. Il est incapable d'incarner un texte, d'en déceler les richesses, à savoir les ambiguïtés... La pensée, la réflexion fonctionnent comme un muscle. Si on ne s'en sert pas, il s'atrophie. Les professeurs n'ont pas d'autre choix que d'entrer en résistance. [...]
Dernier ouvrage d'Alberto Manguel :
Pinocchio & Robinson : Pour une éthique de la lecture, Alberto Manguel, Éditeur : L' Escampette, février 2005, ISBN : 2914387598
Présentation de l'éditeur : Alberto Manguel est né à Buenos Aires en 1948. À 16 ans, il rencontre Borges devenu aveugle et lui fait la lecture, le soir, pendant deux ans. Manguel en retiendra que la vraie mesure de la littérature est le plaisir et l'émerveillement qu'elle nous apporte. Essayiste, traducteur, anthologiste, éditeur et, depuis peu, auteur de fiction, il a publié, en plusieurs langues, une bibliographie impressionnante dont le fil rouge explore la relation entre l'art de lire et le monde. Convaincu de la métamorphose que la littérature permet au lecteur, Manguel nous rappelle que " parfois, au-delà des intentions de l'auteur et au-delà des espoirs du lecteur, un livre peut nous rendre meilleurs et plus sages. " (Dans la forêt du miroir) Il dirige actuellement la collection Le Cabinet de lecture chez Actes Sud et a posé, quelque part en France, ses valises et sa formidable bibliothèque de plus de 30 000 volumes... Pinocchio & Robinson est un acte de foi absolue en la littérature, une parole d'amour envers les livres et, ce faisant, une tranquille - et impitoyable - dénonciation des fausses valeurs qui encombrent les rayonnages des librairies et des bibliothèques.
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