Samedi 1 décembre 2007

« Quand décide le jeune garçon, après de longs jours d'inquiétude et de perplexité, de changer de sexe, selon le mot assez horrible de transsexuel, alors que sa décision est prise une joie l'envahit à l'idée du sexe nouveau, des deux seins qu'il caressera réellement de ses mains trop petites et trop moites, l'épilation, mais surtout à mesure que le sexe ancien se fanera, espérant qu'il tombât, définitivement inutilisable, une joie proche peut-être de la démence quand, parlant de soi, il ne dira plus « il » mais « elle », comprenant alors que la grammaire aussi se partage en deux et que, tournant sur elle-même, une moitié s'applique à lui, la féminine, alors qu'on imposait l'autre du langage. Le passage de l'une à la moitié non velue doit être délicieux et terrible. "Ta joie m'inonde..." "Adieu chère moitié, je meurs à moi-même...". »


Jean Genet


■ in Un captif amoureux, Editions Gallimard/Folio, 1995, ISBN : 2070392988


par Jean-Yves publié dans : CITATIONS
Jeudi 29 novembre 2007

Direction : la tasse !


Film autobiographique qui raconte l'histoire d'un couple d'hommes.


Peggy (Frank Ripploh), instituteur, drague Bernd (Bernd Broaderup), ouvreur dans un cinéma. Ils se rencontrent plusieurs fois, s'essayent à la vie commune dans un quotidien à la fois drôle et grinçant, mais sont vite piégés par les stéréotypes du couple hétéro le plus traditionnel : Bernd est la femme au foyer, fidèle et bonne cuisinière, attendant que Frank, le mari, rentre du boulot.


Mais Frank continue de draguer par-ci par-là, pilier des "Klo" (tasses) berlinoises pendant le week-end et professeur modèle en semaine.


Une histoire banale, entre deux hommes, dans la routine d'une relation. Histoire agressive, impertinente, qui ne propose aucun modèle ni aucune solution, et qui peut donner des homosexuels une détestable image d'eux-mêmes.


Film qui peut gêner, car écrit avec ces milliers de détails qui font et défont la vie de tous les jours, loin des théories et des grands discours, et criant le besoin insatiable d'amour et de tendresse de chacun.


Réalisé en 1980, Taxi zum Klo est le terme d'un come-out : Ripploh était enseignant et il a été licencié en 1978 après parution dans Stern – le Paris Match allemand – d'un article où plus de 250 pédés allemands avaient accepté de laisser publier leurs photo, nom et adresse.


Taxi zum Klo : film qui exprime tous les conflits, les angoisses, les contradictions de son réalisateur. Combat pour le quotidien, une histoire d'amour, qui, certes, se déroule dans le milieu homosexuel, mais pourrait tout autant être transposée dans le milieu hétérosexuel. Film calme et humoristique. Film qui provoque des émotions plus qu'à défendre des idées.


Taxi zum Klo , film qui pose une seule question : pouvons-nous faire mieux que nous répéter sans cesse ?



Lire le 1er article


par Jean-Yves publié dans : FILMS
Mardi 27 novembre 2007

J'entendais l'autre soir, après les cours, à l'arrêt de bus, un adolescent qui disait à son camarade : « J'aime bien ce prof de français car il n'impose pas son opinion. ».



Ce que ne savaient pas ces deux, presque, jeunes hommes, c'est qu'ils étaient dans la totale confusion entre le respect des convictions (je crains d’ailleurs – mais, là est un autre sujet – que ces dernières ne soient, chez eux, que le reflet des opinions familiales) et le travail singulier de la réflexion qui ne peut se mener sans traiter avec la plus grande dureté ses propres opinions, idées reçues, « on dit ».


S'émanciper reste, pour moi, un apprentissage essentiel de l'école et, les œuvres littéraires, parce qu'elles proposent des situations incarnées (mais détachées de sa propre histoire), me semblent les meilleurs supports pour confronter des choix de vie et apprendre à réfléchir individuellement sur son existence.


par Jean-Yves publié dans : MON CARNET
Dimanche 25 novembre 2007

Dans la partie gauche du tableau de Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse, il y a un couple étonnant : un homme mûr, prostré, le front appuyé sur sa main, soutient de son autre bras un jeune homme de la plus grande beauté, entièrement nu, la tête renversée en arrière.



Le plus âgé est mourant. L'autre est déjà mort.



Derrière ce couple, je lis une véritable scène d'amour et de possession : renaissance de l'éraste et de l'éromène.




Le radeau de la Méduse [détail], Théodore Géricault, 1818-1819

Huile sur toile – Musée du Louvre


Quand deux hommes, le premier possédant l'expérience, le second, la jeunesse et la beauté, s'apportent mutuellement ce qui manque à l'autre…


Vendredi 23 novembre 2007

Eunuques, empereurs, athlètes, tyrans, guerres, crimes, le tout pimenté d'homosexualité... C'est la Grèce antique revue et corrigée par la romancière anglaise Mary Renault. Un peu simplet, il faut le reconnaître…



Le Feu du ciel raconte l'enfance d'Alexandre le Grand. L'action se passe au IVe siècle avant Jésus-Christ. Fils de Philippe II roi de Macédoine, qui dominait alors toute la Grèce, Alexandre est tiraillé entre l'amour de sa mère, l'hystérique Olympias, et la crainte de son terrible guerrier de père contre lequel sa mère le monte. Devenant un homme complet au sens grec du terme, Alexandre, dont l'esprit s'orne grâce aux leçons de son maître Aristote, est aussi un parfait athlète : il tue son premier homme à l'âge de douze ans et son premier sanglier quelque temps après ! Le roman fait découvrir aussi les émois sensuels du jeune homme pour son ami Héphaistion. Un amour légendaire qui durera toute sa vie. Héphaistion sera le seul homme qui dominera, à l'occasion de certains quarts-d'heure de repos des guerriers, le grand et fier Alexandre : passif, forcément passif suggère Mary Renault. Ce roman de jeunesse s'achève avec l'assassinat de Philippe, dans lequel la reine Olympias aurait trempé, et l'avènement au pouvoir d'Alexandre.


Dans L'Enfant perse, le narrateur et non pas le héros, car le héros c'est toujours Alexandre, s'appelle Bagoas. Fils de bonne famille persane, il a eu le malheur d'assister, encore enfant, au sanglant assassinat de toute sa famille avant d'être vendu comme esclave. Emasculé, il devient un adorable petit eunuque, que son maître, un commerçant sans scrupules, contraint à la prostitution auprès de certains de ses clients, afin de faciliter ses affaires. Bagoas, devant ce revirement soudain de fortune, pense se suicider, mais l'instinct de vie est le plus fort. Par bonheur et grâce à ses multiples talents (bonne éducation, art consommé du chant et de la danse mais aussi des techniques amoureuses et une exceptionnelle beauté) il deviendra l'amant attitré du Grand Darius, le roi des Perses. Vie calme, luxueuse et voluptueuse pour Bagoas, jusqu'à ce que Darius soit battu par Alexandre qui, non content de dominer la Grèce, veut conquérir le monde. Par un hasard miraculeux, Bagoas va passer au service d'Alexandre. Ce sera le début d'une belle histoire d'amour entre les deux hommes, Héphaistion acceptant de fermer les yeux. C'est à travers le regard énamouré de Bagoas, dévoué corps et âme à son seigneur et maître, que le lecteur assiste aux grandes expéditions victorieuses d'Alexandre et de ses troupes, d'Egypte jusqu'aux Indes. Le livre s'achève avec la mort soudaine, à trente-deux ans, de l'empereur légendaire.


Les Jeux funéraires, qui marque la fin de cette triologie, traite de l'après-Alexandre. Mort quelque temps après Héphaistion, sans laisser de testament, Alexandre laisse en effet une succession des plus problématiques. Il y a d'abord ses deux femmes, chacune enceinte de ses œuvres, sa mère Olympias, qui n'a pas renoncé à ses prétentions à la couronne, toute une série d'enfants naturels du roi Philippe et aussi tout un tas de grands généraux, compagnons de conquête... Tout ce beau monde va se disputer l'immense empire laissé par Alexandre. De cette extraordinaire partie d'échecs où chacun pousse son pion et où tout le monde assassine tout le monde, pas un seul vainqueur ne se dégagera. Tandis qu'Alexandre ira reposer dans son mausolée d'Alexandrie, la ville qu'il a créée, sa légende, à défaut de sa succession, peut commencer.


A travers ses trois romans, Mary Renault (Londres 1905- Le Cap 1983), érudite et magicienne, réussit une vivante reconstitution de la Grèce antique. Un reproche de fond pourtant : ses romans sont un peu trop manichéens. C'est une Grèce « idéale » qu'elle reconstitue, même si elle montre bien la cruauté des guerres perpétuelles qui la secouent tout au long de son histoire. Les héros sont trop parfaitement héroïques et les philosophes exemplairement sages. Ni faiblesse, ni lâcheté chez Socrate, Platon ou Alexandre ! Aussi, ses romans ont-ils parfois un côté un peu puéril.


■ Editions Le livre de poche, 2004, ISBN Tome 1: 2253109266, ISBN Tome 2 : 225310924X, ISBN Tome 3 : 2253109274


par Jean-Yves publié dans : LIVRES
Mercredi 21 novembre 2007

« Vivre avec un homme, préférer les garçons aux femmes... c'est une question de caractère, de complexe d'Oedipe et de tout ce qu'on voudra, et ce n'est sûrement pas le cas majoritaire, ni d'ailleurs très minoritaire. » (1)


Paul Veyne


A travers cette lapalissade, il y a le désir d'évoquer, sinon de désigner l'origine d'une vérité sexuelle essentielle à chacun : autrement dit, Paul Veyne explique que tout le monde - à peu près - « peut avoir des relations physiques avec son propre sexe, et avec plaisir », mais qu'un hétéro n'en devient pas pour autant homo. Ce n'est pas certes ce qu'il écrit, mais ce que sa démonstration implique. Ainsi, si l'homophilie est revendiquée comme une pratique normale de la sexualité humaine, l'homosexualité serait reléguée à une minorité, si importante soit-elle.


(1) in Communications n° 35 - Sexualités Occidentales, Editions du Seuil, 1982


par Jean-Yves publié dans : CITATIONS
Lundi 19 novembre 2007

C'est au château de la Quartfourche que débarque, à l'improviste, un jeune étudiant-chercheur, Gérard Lacase, qui, pour sa thèse sur Bossuet, attend beaucoup des conseils de l'érudit M. Floche et des documents précieux que celui-ci détient.


Mais bientôt le jeune homme oublie Bossuet pour laisser vagabonder son esprit sur le destin hors série d'une jeune femme très belle, Isabelle de Saint-Auréol, qui s'est enfuie du château en y laissant un fils infirme, Casimir. Ce dernier est élevé par un précepteur en soutane.


L'étudiant devient amoureux de l'image de cette Isabelle qu'il a reconstituée de toutes pièces à partir des bribes de confidences glanées ici et là ; cette Isabelle qu'il aperçoit par hasard un jour où elle vient, en cachette de son fils, rendre visite à sa famille.


Mais il ne parvient pas à lui parler. Longtemps après, il la retrouve, toujours au château qu'elle a hérité à la mort de ses parents et qu'elle va vendre. C'est une aventurière sans scrupule et quelque peu criminelle qui ne vivait que des sommes extorquées aux auteurs de ses jours.


Dans ce bref récit, sobre et dépouillé dans la forme, André Gide n'a pas cru bon de décrire jusque dans le détail la psychologie de ses personnages ou les mobiles de leurs actes. Il s'est souvent contenté d'une silhouette caricaturale pour évoquer les hôtes poussiéreux du château de la Quartfourche. La morale de l'histoire, sans prétention ni originalité retient moins qu'une certaine perfection classique du récit.


■ Editions Gallimard/Folio, 1972, ISBN : 2070361446



Du même auteur : Amyntas - Le retour de l'enfant prodigue - Le Prométhée mal enchaîné


par Jean-Yves publié dans : LIVRES
Dimanche 18 novembre 2007

Deux hommes sont couchés, sur le côté, l'un tournant le dos à l'autre. Que s'est-il passé dans le moment précédent ? Sont-ils amants ? Sont-ils fatigués de leurs joutes préalables ?



Présentement, ils n'affichent aucune tendresse. Une intimité « violente » les enveloppe. Quel combat mène chacun en ce moment ?


Le poing brandi par chacun ne manifeste pas leur épuisement. Seulement un geste – à l'autre – comme défi impuissant ?



Qu'est-ce qui a pu aggraver les conflits dans ce couple ? Quelle image dévastatrice, que l'un renvoie à l'autre, s'interpose entre eux ?



Francis Bacon – Deux personnages couché sur un lit avec témoin (volet central d'un triptyque) – 1968

Huile sur toile – Marlborough Gallery (New-York)


Et s'il s'agissait d'un signe pour s'assurer la domination sexuelle sur l'autre ?


Samedi 17 novembre 2007

Ce film décrit le poids écrasant de la figure du père dans les pays arabes. Deux jeunes hommes, originaires de Sfax, Hachemi et Farfat, ont été violés pendant leur adolescence par leur employeur libidineux.


Le premier le vit comme un lourd secret pesant sur son futur mariage et remettant en cause sa virilité ; le second, devenu homosexuel, devient la risée de toute la ville.


Le film aborde le désarroi vécu par Hachemi, un jeune sculpteur sur bois dans la vieille ville de Sfax, au moment où commencent les préparatifs de son mariage. Le renvoi de son ami Farfat par son père et le scandale qui s'en suit remuent le passé dans la tête de Hachemi. Ce passé révèle des moments tragiques : Hachemi et Farfat ont été violés pendant leur enfance par leur maître d'apprentissage, Ameur.

Hachemi se soustrait à l'évènement capital qui est son mariage et part à la quête de son passé. Sans le vouloir, il communique sa tension à la famille et, pour la première fois, le ton monte avec son père, Mustafa, gardien de la respectabilité et de l'autorité suprême. Hachemi quitte la maison au moment où un vent de sable souffle sur la tente qui va abriter la cérémonie et l'abat. Le seul refuge de Hachemi reste l'amitié qui regroupe Touil le forgeron, Azaiez le boulanger et Farfat le rebelle qui n'a jamais rien pris au sérieux et qui garde comme Hachemi un regard d'enfant.

Partagé entre son attachement à Farfat et la peur des mauvais souvenirs que ce dernier lui rappelle, Hachemi n'arrive pas à s'en extraire, à se soulager et à en parler. La simple évocation d'Ameur l'irrite.

Derrière les velléités de Hachemi, se dessine un portrait de la famille, cette valeur sacrée de la famille tunisienne. Les parents sont peinés de voir leur fils « refuser le bonheur ». La mère recourt aux rituels magico-religieux pour calmer les éléments qui se déchaînent contre ce mariage. Même sa sœur Emna, qui est pourtant sa « complice » n'y comprend rien.

Dans sa fugue, Hachemi revient à l'immeuble de son enfance. Il y retrouve le vieux Levy resté seul après le départ de toute sa famille. Autour d'une bouteille de boukha, ils évoquent le passé et comment Lévy lui a appris la sculpture. Le vieux prend le luth et chante à Hachemi une ancienne chanson qu'il reconnaît. Hachemi se sent prêt à « parler » mais le vieux, épuisé, est gagné par le sommeil.

De retour à son atelier, Hachemi, seul, entrevoit enfin la possibilité d'assumer son passé mais l'irruption de Farfat, saoul en pleine nuit, interrompt ses réflexions. La voix de sa mère l'appelle. Il court au Borj de ses parents où une séance d'exorcisme l'attend.

Pris au piège de la famille comme un animal traqué qui cache mal sa blessure, Hachemi n'a pas la force de se soumettre. Le père, excédé et désespéré, recourt au châtiment corporel.

Les issues se ferment, même le vieux Levy meurt dans l'indifférence. C'est alors que Touil le forgeron, déterminé à aider ses deux amis, croit trouver la solution dans leur initiation et organise une sorte de répétition de nuit de noces chez la vieille Sejra (arbre, en arabe) une rescapée du « bon vieux temps », solitaire et oubliée. Hachemi finit par rencontrer la Femme (Amina).

Provoqué par Azaiez qui met en cause sa virilité et lui rappelle les mauvais souvenirs, Farfat se ressaisit, retrouve sa force et part en pleine nuit accomplir l'acte qui va le libérer. Sous les yeux de Hachemi, il abat Ameur d'un coup de couteau dans le bas ventre. Pourchassé par la police, Farfat, le seul à rester fidèle à sa marginalité, échappe aux policiers qui le poursuivent.


La cassure entre l'univers de l'enfance et le monde des adultes fascine visiblement le réalisateur ; et plus exactement, la rupture vécue au moment du mariage. Il s'agit de se séparer de l'enfant qui vit en soi, abandonner cette partie de soi-même, cette part la plus intime.


Nouri Bouzid montre que la société n'accepte pas qu'un adulte soit fragile et faible : il dévoile que le mariage est le plus important rite de transition dans la vie d'un homme (partagé sans doute avec la circoncision). Dans son film, il présente et dramatise ce moment vécu d'une manière traumatisante… mettant à nu la vacuité que dissimulent l'arrogance et la domination du père. L'attitude de ce dernier ne montre-t-elle pas qu'il est – en réalité – miné par l'angoisse et la frustration ?


Nouri Bouzid parle aussi du corps dans tout le film. Lorsque chez l'entremetteuse, les personnages se déshabillent, ce n'est qu'une scène du corps de plus. Tout le film est un dialogue de (avec les) corps. Hachemi et Farfat sont filmés comme s'ils étaient interrogés dans leur chair. La caméra est si proche d'eux qu'on la dirait collée à leur peau. Les veines mêmes sont visibles. Lorsque Hachemi essaie de remonter le temps jusqu'à la scène traumatisante, on n'entend plus que les battements de son coeur…


Là, est, pour moi, l'originalité de ce film tourné dans cette perception du corps. Au point de me sentir, si proche des personnages que j'ai l'impression de les toucher, de les caresser. Les douceurs dans les mouvements de la caméra semblent chercher à soigner les corps de leur blessure.


Par sa caméra, Nouri Bouzid touche plus qu'il ne regarde. C'est pour cela que son film m'a tant touché.


par Jean-Yves publié dans : FILMS
Jeudi 15 novembre 2007

En forme d'apologue, mais transposé dans le siècle d'André Gide, ce récit est une parodie de la légende antique.

 

Prométhée n'est plus enchaîné à son rocher du Caucase, mais attablé avec Damoclès et Coclès dans un café des Boulevards. Son aigle ne l'a pas abandonné pour autant et revient périodiquement lui mordiller le foie.

 

Ses deux compagnons entretiennent des relations ambiguës avec un banquier du nom de Zeus qui fait de l'acte gratuit une règle de vie.

 

Prométhée dispose d'un aigle personnel, mais chacun a le sien et ce pourrait être l'équivalent de la conscience chez le chrétien.

 

L'aigle il faut le nourrir, non de son foie, mais de ses remords, de ses sacrifices.

 

Mais on doit aussi savoir le tuer, le moment venu, et se libérer ainsi des contraintes morales.

 

Sinon, l'on glisserait dans une sorte de délectation morose.

 

■ Editions Gallimard, 1925, ISBN : 2070227642

 


Du même auteur : Amyntas - Le retour de l'enfant prodigue - Isabelle

 

par Jean-Yves publié dans : LIVRES
 

Texte Libre



Texte Libre 1

 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004


Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



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"Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles."
(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

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« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)

 

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« Tout est vrai, le temps d’un texte. »
Kirsty Gunn

 

 

 

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« Je crois aussi qu'on ne meurt pas avant d'en avoir secrètement, tenacement le désir. »
Tony Duvert

 

Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.

 

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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

 

 


 

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POUSSE-POUSSE

 

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Aidons les enfants du Vietnam

 


 

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