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Quand les célibataires étaient vus comme des dépravés par le Docteur Tardieu (1871)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Ce sont ces idées toutes philanthropiques qui m'animent en ce moment et m'encouragent à vous conseiller un nouvel impôt, une source nouvelle de revenus pour l'État, source abondante et féconde pour votre caisse, mais qui le sera bien plus encore pour la régénération de la France, en montrant du doigt, en corrigeant, peut-être, un des plus grands vices de notre époque, entre tous les vices, le plus égoïste et le plus anti-patriotique. Je viens vous conseiller, Monsieur le Ministre, d'imposer une taxe aux célibataires. […]

Mais le célibataire n'est pas seulement un être stérile, il est encore un mauvais exemple, bien plus, un agent de corruption. Non content de ne plus remplir son devoir, il cherche souvent des complices, et il tend toujours à pervertir et à corrompre autour de lui ; il est, dans la société, une cause incessante de désordres, de malheurs et de dépravation. Autant la famille consolide l'édifice social, autant le célibat est un agent actif de destruction. »

Docteur Tardieu

Lettre à Monsieur le ministre des Finances, août 1871

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Schweissdissi du XXe siècle par Thierry Deveyre

Publié le par Jean-Yves Alt

Tout est parti d'une petite annonce très sérieuse :

« Photographe cherche modèles masculins, 18 à 30 ans environ, 1.70 mètre minimum, de préférence sportifs et musclés, pour incarner devant l'objectif le Schweissdissi du XXe siècle. »

Le Schweissdissi, qu'est-ce donc ? C'est une sculpture mulhousienne monumentale vieille de cent ans, installée square du Tivoli, et qui représente un fort bel homme, les fesses dénudées, appuyé sur sa pioche. Le symbole du travail, bien fait.

Thierry Deveyre, qui aime photographier le corps des hommes, a voulu à sa manière fêter le centenaire de cette statue en proposant à 14 jeunes gens de prendre la pose.

Thierry Deveyre – Schweissdissi, 100 ans après – 2006

Sans rechercher un effet de mimétisme avec le Schweissdissi original, le photographe a réussi à montrer la diversité humaine, qui ne me laisse pas de marbre.

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Ignominie : mariés et célibataires (1872)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Si la démographie révélait que le tiers au moins du territoire français est occupé par une population tellement misérable que chaque âge est frappé par une mortalité une fois et demie à deux fois plus forte que le reste du territoire ; que ses naissances ne réparent que les 45 centièmes de ses pertes annuelles ; si elle nous apprenait de plus que cette partie de la population française, comparée à l'autre, compte annuellement deux fois plus de cas d'aliénation, deux fois plus de suicides, deux fois plus d'attentats contre les propriétés, deux fois plus de meurtres ou de violences contre les personnes ; que, par suite, l'administration doit pour elle entretenir deux fois plus de tribunaux, deux fois plus de prisons, deux fois plus d'asiles et d'hôpitaux, deux fois plus de croque-morts ; certes ce serait un grand émoi.

D'un avis unanime, on demanderait à la science, à la loi, à l'instruction, à l'éducation, à l'impôt, à la faveur du souverain, aux mœurs, de s'employer pour diminuer un si humiliant et si onéreux supplément de mortalité et d'ignominie.

Eh bien, nous avons prouvé que ce peuple misérable existe sur notre sol : seulement, au lieu d'occuper un territoire à part, les deux peuples sont mêlés intimement sur toute la surface ; et, ostensiblement, une seule chose les distingue : l'un vit sous le régime du mariage, l'autre sous celui du célibat. »

in Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales

 

article « Mariage », tome 5, 1872

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Une « clinic » humaine par Peter Granser

Publié le par Jean-Yves Alt

S'il est un sujet difficile à traiter, c'est bien celui de l'univers hospitalier.

Pourtant l'exposition « Clinic, une exploration de l'univers médical à travers la photographie contemporaine », présentée au Musée d'Art Contemporain de Lyon en 2006, relevait le défi.

Si les œuvres étaient formelles dans leur composition minimale et statique, elles n'étaient ni déprimantes ni déshumanisées.

Comme celles de la série « Alzheimer » du photographe allemand, Peter Granser.

Photographie de Peter Granser – Alzheimer Portrait 19 – 2005

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Sur les hommages aux écrivains…

Publié le par Jean-Yves Alt

Les hommages officiels aux écrivains – à travers une exposition – prennent souvent l'allure d'une exhumation, d'une exhibition, d'une œuvre conceptualisée par des intellectuels de notre temps, pour nous asséner didactiquement le sens de la contemporanéité des œuvres des auteurs honorés.

Avec parfois cette impression de vaine agitation intellectuelle…

Il y a, parfois encore, un oubli de l'écriture au profit de l'idée qu'elle véhicule. Au lieu de puiser à l'origine même des mots, il est proposé un patchwork superficiel.

L'idée même d'une exposition-hommage me semble en porte-à-faux pour évoquer la mémoire littéraire.

A force de vouloir signifier, induire, supputer, on finit par se demander ce qu'on a bien voulu nous dire. C'est un peu comme si l'auteur avait payé la meilleure agence de publicité actuelle pour qu'elle s'occupe, après sa mort, de faire état de postérité.

L'hommage n'est-il pas la pire des choses que l'on puisse faire à un créateur ?

Lire les auteurs. Rien ne vaut ce plaisir là.

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