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Julien Green ou le mot impossible à dire

Publié le par Jean-Yves Alt

A l'émission littéraire Apostrophes du 20 mai 1983, je reconnais avoir attendu le mot que jamais Julien Green n’avait jusque-là écrit : le prononcerait-il ?

Bernard Pivot et Julien Green tournèrent longtemps autour du pot, parlant des problèmes, du genre de personne que j'étais et de la souillure dans toute son horreur.

Et puis vint la question précise de Bernard Pivot :

Pourquoi ne trouve-t-on jamais ce mot, homosex...

Bernard Pivot bute. C'est un mot que je n'arrive pas à prononcer, ajoute-t-il.

Et moi je n'arrive pas à l’écrire, rétorque Green.

Point à la ligne.


De Julien Green : L'autre sommeil - Histoires de vertige - Moïra - Epaves - Frère François - L'expatrié (journal : 1984-1990) - L’arc-en-ciel : journal 1981-1984 - Villes - Journal de voyage 1920-1984

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Arsen Savadov : photographier en accommodant les contraires

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans ses photographies, l'artiste ukrainien Arsen Savadov fait s'entrechoquer deux univers underground que tout oppose : celui des mines de charbon d'Ukraine et celui des artistes, des mannequins et de la danse classique.

Dans un style très trash, au milieu de mineurs à moitié nus, Savadov a fait poser, au fond de la mine ou sous les douches, des hommes attifés de tutus.

Si la mine constitue une sorte de club fermé for men only, a contrario, la danse classique, où la présence masculine est généralement associée à l'homosexualité, se situe dans le registre ostentatoire du spectacle et du raffinement.

Arsen Savadov – Sans titre (Donbass Chocolat Project) – 2003

Photographie en noir et blanc colorée sur aluminium, 148cm x 99cm, Galerie Orel Art, Paris

Savadov en utilisant un vocabulaire provocateur fait tout simplement se rejoindre des extrêmes.

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Emois avec Frédéric Bazille

Publié le par Jean-Yves Alt

Frédéric Bazille, ex-futur médecin, mort pour la France en 1870, à 29 ans, fit scandale au salon, l’année précédente, avec ce pêcheur nu à l’épervier (pêche à l'aide d'un filet plombé lancé sur le poisson).

Ce nu dressé – loin des modèles antiques – choquait pour son réalisme « trop conséquent ».

La musculature de ce pêcheur indique que le peintre a choisi de représenter l’instant juste avant le lancement du filet.

La tension de son corps est d’ailleurs accentuée par le jeune homme assis en arrière plan.

Frédéric Bazille – Le pêcheur à l’épervier – 1868

Huile sur toile, Zürich, 134cm x 83cm, Fondation Rau

Je devine que ce tableau a dû susciter les plus grands émois chez certains garçons sensibles de l’époque.

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