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Un week end avec Colette…

Publié le par Jean-Yves

Vous qui aimez vous mettre sur la tête pour vous étonner avec les pieds, La Madeleine dans l’Alambic (association loi 1901 d’immersion littéraire) vous invite à vivre une immersion sensible, sensorielle dans l’œuvre et le pays de Colette ; à humer, goûter, savourer, rêver, partager vos émotions de lecture, à trouver le chemin qui relie les mots de Colette à vos propres mots.


Saint-Sauveur-en-Puisaye… Montigny-en-Fresnois… des maisons qui dégringolent, depuis le haut de la colline jusqu’en bas de la vallée où des bois profonds et envahisseurs moutonnent et ondulent… ; le jour vert et mystérieux abrite des chenilles veloutées et des araignées ; des bruyères, si jolies, rondes et roses comme des perles exhalent des parfums de pain bis et de résine, débordent de vie surtout à la pointe du jour et au coucher des oiseaux.


Voici le pays de Colette, tel qu’elle le dessine au creux de ses romans.


D’un village à l’autre, elle nous plonge dans une nature vive et rebelle, chaleureuse et apaisante, sensuelle et généreuse.


Retour au vert paradis des amours enfantines ?


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Promenade dans la douce folie des gens tristes, Denis Rossano

Publié le par Jean-Yves

Vingt ans, est-ce le plus bel âge de la vie ? Denis Rossano a écrit le roman d'une jeunesse triste.


Dans un court récit tout en finesse, l'auteur a su mettre en lumière la face désespérée de la jeune génération. Une génération gâchée, qui se complaît dans une douce mélancolie et cherche, à travers l'errance en bande, un refuge contre un monde absurde et furieux.

« Encore et toujours, nos lentes promenades dans Paris nimbé des derniers soupirs de l'automne. Nous ne pouvions nous en passer.

— Où allons-nous ? avait demandé Daria la première fois qu'elle était venue avec nous.

— Nulle part.

Une autre fois elle me dit, un soupçon d'ironie dans la voix :

— Votre douce folie est celle des gens tristes qui ne savent pas où ils vont, qui s'égarent, s'abandonnent, et, finalement, s'en foutent complètement. Vous aimez votre mélancolie, votre vie s'y résume. » (pp.99/100)


Ils sont quatre amis que le manque d'amour a rapprochés.


Côme, le narrateur, qui porte le suicide à la boutonnière et promène son spleen le long des arcades des jardins du Palais-Royal balayées par la pluie. Acide, perdu dans une quête effrénée de l'existence, ivre de vitesse et de « son nectar ». Ava, la tendre et pitoyable mythomane et Ferenc, le beau Ferenc, ravagé par son amour impossible pour Côme.


Dans l'antre blanc, lieu mythique de leurs réunions, ils discutent et se forgent des références – l'autre génération perdue, celle de l'entre-deux-guerres, en France comme aux Etats-Unis. Mais alors qu'ils savourent le vide de leur existence et se délectent de leur malheur, le drame, le vrai, celui qui forge les destins tragiques, vient brutalement interrompre cette lancinante valse triste. Le désespoir prend un autre ton.

« — Côme ?

Ma main a porté la cigarette à ma bouche mon regard s'est détourné. Il s'est rapproché. Respiration saccadée. Il m'a pris la main, promptement.

— Côme, il faut que je te dise...

— Quoi ?

— Tout.

Il m'a tout dit. Il m'a dit qu'il m'aimait, qu'il ne pouvait pas le cacher plus longtemps, qu'il me désirait depuis notre première rencontre, qu'il m'aimait, que j'avais sûrement dû comprendre, qu'il avait cru deviner en moi les mêmes désirs, qu'il n'en pouvait plus, qu'il m'aimait, qu'il m'aimait tellement, comme il m'aimait. Figé, mon esprit, englué dans une stupéfaction totale.

— Mais qu'est-ce que tu racontes, Ferenc ?... tu délires, ou quoi ?

Je n'arrivais pas à saisir la signification de ses paroles, ne voulais pas surtout. Affreusement gêné, mal à l'aise.

— Côme...

Avec quelle douceur, quelle miraculeuse tendresse il a prononcé mon prénom ! Mais je ne voulais rien savoir, ne voulais pas de sa confession ni de son amour ; alors je l'ai finalement envoyé promener, sans vergogne, lâchement, maladroitement.

— Ecoute, Ferenc, calme-toi. Bon, OK, t'es pédé, tu n'as pas osé le dire jusqu'à maintenant, mais moi, tu sais, je m'en fiche, ça m'est complètement égal, c'est ton affaire. Je ne suis pas de ceux-là, c'est tout... Mais je ne te juge pas, non. Cela ne change rien à notre amitié... Allez, ne me regarde pas comme ça ! n'y pense plus, c'est pas compliqué. Trouve-toi un autre mec ce soir, et demain tu auras oublié ce que tu viens de me dire. Avec la petite gueule que tu te payes, tu dois faire des ravages !

Infâme. J'ai continué, stupide, imbécile. Réduisant ses sentiments à un simple caprice, une broutille. Sans ménagement, j'ai incendié tous ses rêves et cruellement pulvérisé ses espoirs. Il me fixait, hébété, ahuri. Je parlais très vite, regardant ailleurs, faisant mine de prendre tout cela à la légère. Il est parti sans dire un mot. Je n'ai même pas essayé de le retenir. Pas un geste, rien. Je n'ai pas bougé, je me forçais à songer à autre chose, debout, tout seul. J'ai haussé les épaules. Ça, c'était presque pire que tout ce que je lui avais dit. » (pp.110/111)

Denis Rossano a trouvé les mots justes pour peindre une jeunesse qui se cherche, inquiète et maladroite. Son roman n'est pas tapageur. C'est plutôt la douce musique d'un quatuor à cordes qui surgit des voix de ces quatre personnages terriblement attachants. Une musique qui berce, envoûte lentement et promène au gré des souvenirs de chacun, dans l'atmosphère trouble d'une adolescence finissante. Il n'est pas facile, lorsqu'on a vingt ans, d'apprendre à vivre et à aimer...


■ Editions Régine Deforges, 1987, ISBN : 290553818X



Du même auteur : Les songes noirs


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La mise au tombeau par Titien

Publié le par Jean-Yves

Titien a choisi le moment où les amis restés fidèles portent le cadavre détaché de la Croix vers le tombeau qui apparaît à droite, sous l'ombre des arbres. Les disciples se hâtent, car la fin du jour est proche. La Vierge, courbée par la douleur, soutenue par Madeleine, les suit avec peine. Joseph d'Arimathie ne peut détacher son regard du visage de Celui qui va disparaître dans la tombe. Au contraire, Jean, le disciple préféré, détourne la tête pour ne pas éclater en sanglots.


Admirable psychologie qui définit les caractères par contraste et fait pressentir l'action ultérieure des personnages (1).


Jean intervient à peine, soulevant un bras du Maître et laissant les deux porteurs tenir le corps avec une sollicitude déférente.


L'heure est tragique dans sa beauté. Le jour agonisant entoure ce cortège où tant de douleur est exprimée avec si peu de gestes.


La composition se déroule en frise, fortement appuyée à gauche sur le groupe de la Vierge et de la Madeleine, à droite, sur la masse sombre des arbres. Au centre, les disciples s'inscrivent dans un grand arc de cercle auquel se trouve suspendue la ligne brisée que décrit le corps du Christ.



Tiziano Vecellio (Titien) – La mise au tombeau – 1525

Musée du Louvre, Paris


Toutes les lignes sont commandées par celles du divin cadavre. Elles constituent une prodigieuse géométrie, où chaque partie, en relation étroite avec l'élément essentiel, construit un ensemble harmonieux, où tout est prévu et semble spontané : la géométrie du tableau aboutit aux attitudes les plus naturelles et les plus émouvantes. Ainsi le rythme de cette marche funèbre paraît large et noble.


Le tableau est centré sur le Christ, grâce aux blancs vifs qui l'entourent. La pâleur précieuse du mort joue avec les carnations brunes des disciples et leurs chevelures rousses. Le vert sombre du vêtement que porte Joseph d'Arimathie fait vibrer les ocres et les grenats : le corsage de Madeleine, la robe de Jean et surtout la tunique du porteur de droite, si belle de ton et de matière avec un éclat surprenant. Cette teinte sonore marque le début du cortège.


La lumière vient de la droite, éclairage exceptionnel, qui marque la gravité du sujet et permet un effet aussi puissant qu'inattendu. Le premier porteur fait écran. La tête et les épaules du Christ se trouvent ainsi plongées dans une ombre qui préfigure celle du tombeau.


D'ordinaire, le principal personnage est mis en évidence par la plus forte lumière. Ici, Titien a choisi un procédé inverse et obtient un résultat inoubliable. Au milieu de toutes ces couleurs, il se forme une zone sombre qui creuse un vide et attire irrésistiblement le regard. L'œil y plonge pour discerner ce qui semble se dérober et le visage du Christ prend ainsi une importance mystérieuse qu'aucun éclairage n'aurait pu lui donner.


En violant la règle habituelle, Titien a renouvelé l'effet et le rend plus conforme à la méditation.



(1) Lorsque la nouvelle de la résurrection éclatera, Jean sera le premier à courir au tombeau. Pourtant, il n'osera pas y pénétrer tout de suite et laissera Pierre passer avant lui, tant est grand l'effroi de la mort pour une âme jeune et tendre.


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Injure

Publié le par Jean-Yves

« (…) Tout d’abord l’injure renvoie à l’anormalité, à l’infériorité d’un individu ou d’une catégorie d’individus désignés par rapport aux autres : elle les hiérarchise arbitrairement. Mais plus fondamentalement encore l’injure participe également à la construction intime de l’identité de celui ou celle à qui elle s’adresse, d’une personnalité nécessairement inférieure. Et ce, qu’elle soit ouvertement proférée ou plus insidieusement, que l’appréhension de sa violence en fasse une menace permanente.


La force de l’injure ne réside d’ailleurs pas seulement dans la conscience qu’a son destinataire de pouvoir être, à un moment ou à un autre, assigné à cette place inférieure. Elle tient aussi au profond ancrage de ces valeurs d’exclusion dans le langage commun, celui-là même que tout individu se voit inculquer. A l’égard des gays et des lesbiennes, l’expérience de ce langage a pour conséquence supplémentaire de formater des personnalités qui intègrent totalement, en leur conférant le caractère d’une évidence indépassable, les sentiments de honte, de peur et d’infériorité sociale qu’il suscite et perpétuent la représentation d’une hiérarchie sociale arbitraire.


Par le biais de l’insulte, au travers de sa force et de son efficacité, le langage se révèle être un vecteur important de l’homophobie. Mais les mots ne sont pas seulement des agressions ponctuelles. En substance, ils traduisent et perpétuent la représentation d’une hiérarchie sociale arbitraire déterminée par l’orientation sexuelle. Plus encore il peut ne pas s’agir seulement de formules objectivement violentes (« sale pédé », « sale gouine »), mais également, de manière plus globale, de l’ensemble des discours qui élaborent, justifient ou expriment la discrimination à l’encontre de l’homosexualité. (…) »


Daniel Borrillo et Thomas Formond


in Dictionnaire de l’homophobie, Paris, PUF, 2003, ISBN : 2130535828, pp.235-236


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Rencontre avec Pierre Jacquemin

Publié le par Jean-Yves

Les éditions Riveneuve et Pierre Jacquemin (auteur de "Constantin P. Cavafy De l'Obscurité à la Lumière ou l'Art de l'Evocation") ont le plaisir d'inviter tous les passionnés du poète grec :



le mercredi 31 mars 2010 à 19 heures


au Centre Culturel Egyptien


111 boulevard Saint Michel - 75005 Paris



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