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Quand Stendhal illustrait Le Guerchin

Publié le par Jean-Yves Alt

« Mathilde parut au milieu d'eux en longs vêtements de deuil, et, à la fin du service, leur fit jeter plusieurs milliers de pièces de cinq francs.

Restée seule avec Fouqué, elle voulut ensevelir de ses propres mains la tête de son amant. Fouqué faillit en devenir fou de douleur.

Par les soins de Mathilde, cette grotte sauvage fut ornée de marbres sculptés à grands frais, en Italie.

Mme de Rênal fut fidèle à sa promesse. Elle ne chercha en aucune manière à attenter à sa vie; mais trois jours après Julien, elle mourut en embrassant ses enfants. » (1)

Le Guerchin (Francesco Barbieri dit) – Salomé recevant la tête de saint Jean-Baptiste – vers 1637

Huile sur toile, 139cm × 175cm, musée des Beaux-Arts, Rennes

(1) Le rouge et le noir, Stendhal, Tome II, chapitre XLV


Juste après l'exécution de Julien, Fouqué (son ami de toujours) rachète son corps au bourreau. Mathilde demande à voir la tête du père de son enfant, puis empoigne la tête de Julien et l'embrasse au front. Elle enterrera elle-même la tête à côté de sa tombe, dans une grotte située non loin de Verrières où Julien avait l'habitude de s'installer. Leur enfant aurait dû être pris en charge par madame de Rênal, mais celle-ci meurt trois jours après Julien. (source Wikipédia)

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Il n'y a pas de translation sans altération par Michel Tournier

Publié le par Jean-Yves Alt

« Ma vie a changé le jour où j'ai compris que la situation d'un être ou d'un objet dans l'espace n'était pas indifférente, mais mettait au contraire en cause sa nature même. Bref, qu'il n'y a pas de translation sans altération. C'est la négation de la géométrie, de la physique, de la mécanique qui toutes supposent comme condition première un espace vide et indifférent où tous les mouvements, déplacements et permutations sont possibles sans changement substantiel pour les mobiles qui y évoluent. »

Michel Tournier

in Les météores, éditions Gallimard, 1975


De Michel Tournier : Gilles et Jeanne - Le Roi des Aulnes - Le médianoche amoureux - Angus - La goutte d'or


Lire aussi : Hommage à Michel Tournier

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Quand Stendhal illustrait Géricault

Publié le par Jean-Yves Alt

« Julien était le plus heureux des hommes. Naturellement hardi, il se tenait mieux à cheval que la plupart des jeunes gens de cette ville de montagne. [...] Son bonheur n'eut plus de bornes, lorsque, passant près du vieux rempart, le bruit de la petite pièce de canon fit sauter son cheval hors du rang. Par un grand hasard, il ne tomba pas ; de ce moment il se sentit un héros. Il était officier d'ordonnance de Napoléon et chargeait une batterie. »

Théodore Géricault – Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant – 1812

Huile sur toile, 349cm x 266cm, musée du Louvre

(1) Le rouge et le noir, Stendhal, Tome I, chapitre XVIII

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Penser l'homme par Marc Chabot

Publié le par Jean-Yves Alt

« Ce n'est pas tant l'être masculin sexué qui manque de radicalité pour se penser. C'est l'hétérosexuel en général qui refuse l'idée de se penser comme dépendant de l'un et de l'autre sexe. C'est l'hétérosexuel qui pose trop tôt son existence comme la «normalité», sans la penser.

Finalement, si les hommes ont quelque chose à changer, c'est bien cette manière qu'ils ont depuis des siècles de s'imaginer eux seuls capables de penser l'hétérosexualité. Voilà, c'est ma seule véritable affirmation. »

Marc Chabot

■ « Esquisse pour un tableau de mes amours », in Les sexes de l'homme, sous la direction de Geneviève Delaisi de Parseval, éditions du Seuil, 1985, ISBN : 2020088983, p. 56

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