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Désir et nostalgie à la Galerie Au Bonheur du Jour

Publié le par Jean-Yves Alt

Nicole Canet

et la Galerie Au Bonheur du Jour

présentent deux nouvelles expositions autour du nu masculin :

« Désir et nostalgie »

photographies de Wilhelm von Gloeden, Guglielmo von Plüschow et Vincenzo Galdi

Guglielmo von Plüschow (1852-1930) – Dos et face, vers 1885 – épreuve abuminée

Guglielmo von Plüschow (1852-1930) – Dos et face, vers 1885 – épreuve abuminée

et un autre accrochage dans le boudoir de la galerie :

« Sous la douche »

photos d'hommes dans le bain et la douche : 1940-1992

Désir et nostalgie à la Galerie Au Bonheur du Jour

Galerie Au Bonheur du jour

1 rue Chabanais - 75002 Paris

01.42.96.58.64

du mardi au samedi 14h30 – 19h30

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Sans entrave, mais tellement seuls par Marcela Iacub Libération 12 mai 2018

Publié le par Jean-Yves Alt

Les acteurs de Mai 68 ont certes remis en question une société rigide, mais ils ont aussi rendu nos liens affectifs plus précaires.

Le principal reproche que l’on peut adresser à Mai 68, c’est d’avoir rendu nos attachements aux autres si fragiles. D’avoir pu imaginer que nous pourrions survivre et même être heureux dans un tel contexte. Non que les chaînes du passé aient été «meilleures» comme le prétendent certains.

Il est vrai qu’en termes d’intégration des individus, la société que Mai 68 a vaincue était plus efficace mais le prix à payer pour certains groupes – les femmes, les homosexuels, les jeunes – était terriblement cher. Pourtant, les acteurs de cette révolution qui nous plongea dans la modernité auraient pu avoir la clairvoyance – et la délicatesse aussi – de léguer à leurs enfants des sociétés moins insécures et plus heureuses en matière de relations humaines. Car si la gauche exige que les acquis sociaux, la stabilité professionnelle, la force des services publics ne soient pas balayés, elle ne cesse par ailleurs de promouvoir des normes qui accroissent l’insécurité relationnelle et sentimentale. Seuls les liens des mères avec leurs enfants mineurs sont protégés de ce marasme et ce, malheureusement, au détriment de l’intérêt de ces derniers. Comme si, d’une certaine manière, ces liens-là étaient devenus le seul socle non négociable de la sociabilité. Or les troubles que cette fragilité suscite sont systématiquement attribués par cette gauche au capitalisme, au machisme et même au racisme. Il est pour elle impensable que l’ultralibéralisme de nos mœurs y soit pour quelque chose. Car non contents d’avoir tellement malmené nos attachements, les acteurs de Mai 68 nous ont laissé un héritage encore plus amer.

En effet, toute mise en question de ce libéralisme effréné, toute critique de cette utopie hyperindividualiste dans laquelle évoluent nos perceptions, nos comportements et nos opinions sont taxés de «réactionnaires». Parfois les groupes politiques qui poussent cette logique jusqu’au bout, comme le font aussi certaines féministes officielles, sont capables d’obliger ceux et celles qui ne partagent pas cette idéologie à se taire, en utilisant parfois même la violence. Avec un peu plus de délicatesse, les universités, qui devraient être pourtant des viviers de la pensée, des usines à inventer l’avenir et non pas à le fermer, en font de même. Et que dire des médias qui se contentent de diffuser avec la stupidité et la vulgarité qui leur est propre cette idéologie triomphante et sans conteste ? Certes, ils nous font entendre des dinosaures tels Éric Zemmour et autres créatures de son espèce. Comme pour mieux valider cette idée selon laquelle toute contestation de l’ultralibéralisme des attachements ne conduit qu’à la quête d’une restauration de l’époque délicieuse des corsets et des colonies, du temps des filles séduites et des punitions corporelles dans les écoles. Au moins, les intellectuels et les militants politiques de gauche, qui ont détruit cette société d’avant 68, avaient la certitude que les mœurs de leur époque étaient affreuses et qu’il fallait à tout prix les réinventer.

Mais lorsque la logique isolationniste actuelle aura atteint son paroxysme, lorsque les suicides et les violences de masse deviendront notre lot quotidien, peut-être comprendra-t-on enfin que la sociabilité dont nous avons hérité après Mai 68 ne peut aboutir à un ordre social viable. Peut-être qu’au lieu de devenir le gendarme et le promoteur de l’ultralibéralisme de nos liens affectifs, la gauche devrait plutôt travailler à concevoir de formes d’organisation alternatives de notre vie sociale. Peut-être recouvrera-t-elle la joie de discuter, de cultiver des idées folles et biscornues et surtout celle d’inventer des mondes possibles. Mais les gardiens de l’ordre actuel sont si violents, si persuadés d’avoir la Raison, le Bon Sens et même le Bien de leur côté qu’il faudrait construire des barricades pour les déloger. Et pourtant, il faudra bien se révolter contre les héritiers de ces «anciens révolutionnaires» qui ont cru que les sociétés humaines n’étaient qu’un conglomérat d’individus affreusement seuls.

Libération, Marcela Iacub, samedi 12 mai 2018

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Nos plaisirs, Pierre-Sébastien Heudaux (Mathieu Lindon)

Publié le par Jean-Yves Alt

Drôle de livre en vérité. Dès la première phrase on se dit que l’effet sera réussi : « Capo prostitue ses enfants, c’est illégal mais il gagne des millions et il faut quand même être content car s’il retirait ses garçons du trottoir on devrait galoper jusqu’à Salopins pour en trouver d'autres... » Évidemment ce n’est pas banal et tout le reste est du même style. L’effet est plutôt bon, la saveur se distille délicieusement.

Donc, l’aventure de ce Monsieur Capo n’est pas très conventionnelle et la flopée de gamins que lui a donnée Madame feue Capo est bien utile pour acheter à manger. Bien sûr Terre Neuve, Chrétiens, Micha... ce sont de petites teignes mais on leur pardonne, ils travaillent tellement dur pour leur papa. Et si on en perd quelques-uns en route, c’est surtout le manque à gagner qui perturbe Monsieur Capo. La saignée quoi...

Le monde qui entoure cette Sainte famille n’est pas très catholique non plus. Ça joue de la drogue, de la méchanceté, de la pédophilie, de la coprophagie. Madame Robica, « a été déclarée horrible à l’unanimité », le docteur Vache «ne supporte pas ses malades» et Capo, le Picsou du sexe amasse.

Pour le ton c'est la même chose, Sade revisité par P. S. Heudaux (lire Pseudo - pseudonyme de Mathieu Lindon), ça n’est pas triste. Une petite agitation de mots qui se mêle insidieusement à celle des « bites » et des « petits culs », le tout saupoudré d’une insolence qui fait mal et beaucoup plus qu’elle n’en a l'air. Sûr, que publier ce livre aujourd’hui, serait impossible.

■ Nos plaisirs, Pierre-Sébastien Heudaux (Mathieu Lindon), Editions de Minuit, 1983, ISBN : 2707306525


Du même auteur : Prince et Léonardours - Le livre de Jim~Courage - Champion du monde

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Frère François, Julien Green

Publié le par Jean-Yves Alt

Saint François d'Assise, notre frère ? Sans doute, puisque le poverello, fils d'un riche marchand, a dû connaître, dans son enfance dorée, la tentation et les plaisirs de la chair. Ce n'est pas le saint immaculé et inaccessible, à la résolution inébranlable face à la sensualité ou au martyre...

Plus que les vingt-cinq ans de vie mondaine qui ont précédé sa vocation, c'est la lutte constante que François dut soutenir contre la tentation qui le rapproche de nous, ou en tout cas de Julien Green.

Ce qui distingue Frère François des autres biographies du saint, c'est que Julien Green dépasse la simple collection d'anecdotes et de dates, il a écrit ici une vaste fresque épique.

"A certains moments de l'histoire, le destin semble hésiter entre heur et malheur, comme s'il attendait la venue de quelqu'un, mais d'ordinaire personne ne vient." Ainsi commence le livre. Le ton est donné. A grand renfort de mots absolus : "traditions immémoriales, monstres horrifiques, époques révolues...", un climat s'installe, une vision grandiose d'Apocalypse ou de Création, un monde en gésine capable seul d'enfanter le saint à côté du pécheur.

Puis Assise apparaît déposée comme sur un volcan, sur une civilisation païenne encore mal domptée. Elle est décrite comme une "ville énigmatique … qui semblait poussée à la surface du sol par une ville romaine souterraine dont elle avait usurpé la place. Les vestiges de la communauté païenne étaient partout comme s'ils guettaient le moment de prendre leur revanche".

Enfin François paraît... L'histoire redevient humaine, même si les conflits qu'il porte sont à la mesure des saints. L'humour même se profile sous la plume du romancier-portraitiste. Des visages bien connus se dessinent : le brave curé de campagne se méfiant des débordements de foi, le père gémissant d'avoir enfanté un bon-à-rien : "il s'était saigné aux quatre veines (mais c'était un homme très sanguin) pour ce garçon qui tournait mal".

Frère François, sous la plume de frère Julien, est un livre éminemment humain, qui parvient à redonner vie à des personnages que la légende avait figés…

■ Frère François, Julien Green, Editions du Seuil, 1983, ISBN : 2020066106


Du même auteur : Histoires de vertige - L'autre sommeil - Moïra - L'expatrié - Epaves - Villes - Journal de voyage 1920-1984 - L’arc-en-ciel : journal 1981-1984

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Art africain en avant garde

Publié le par Jean-Yves Alt

Le mythe de l’artiste africain un peu rustre, spécialiste des masques rituels et de la statuaire sacrée, a vécu.

Défiant tous les fantasmes néocolonialistes et les clichés misérabilistes, la création africaine déploie des trésors d’originalité.

À l’image de l’œuvre de Yinka Shonibare, exposée au Centre Georges Pompidou en 2005 (Exposition Africa Remix), qui confronte avec humour le monde occidental et son pendant du Sud dans Victorian Philanthropist's Parlour (Le salon du philanthrope victorien), un salon retapissé d’un tissu africain à motif de footballeurs.

Son travail oscille entre ironie mordante, revendication politique et questions identitaires.

Jubilatoire !

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