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ARTS : répertoire des articles sur les représentations de saint Sébastien

Publié le par Jean-Yves Alt

joconde-detail.jpgPour retrouver rapidement les articles qui présentent mon regard sur les représentations de saint Sébastien, le lecteur trouvera ci-dessous, un index des artistes, avec lien direct en cliquant dessus.

 

André, Félix [Photographie]

Fosso, Samuel [Photographie]

Witkin, Joël Peter [Photographie]

Sculpture anonyme [Abadia – Portugal]

Sculpture anonyme [Châtillon sur Seine]

Sculpture anonyme fin XVe [Colmar]

Sculpture anonyme du XVIe [Strasbourg - Musée de l'Œuvre Notre Dame]

Retable anonyme du XVIe [Strasbourg – Musée de l'Œuvre Notre Dame]

Giorgetti, Antonio [Sculpture du XVIIe]

Sculpture anonyme du XVIIe [Nancy – Musée Lorrain]

Sculpture du XVIIe attribuée à Abraham Gaspard [Nancy – Musée Lorrain]

Sculpture anonyme fin XIXe [Kaysersberg]

Vitrail du début XVIe [Colmar]

Canivet du XVIIe

Enluminures des XVe et XVIe siècles

Peinture anonyme (deuxième quart du XVIe) [Cathédrale de Strasbourg]

Peinture anonyme du XVIIe [Eglise de Joinville-en-Vallage – 52]

Antonello da Messina

Baldung, Hans (peinture à l'huile)

Baldung, Hans (gravure)

Bellis, (De) Antonio

Bigot, Trophime [attribution incertaine]

Buraglio, Pierre

Caïro, Francesco

Cariani, Giovanni

Cima da Conegliano

Coebergher, Wenceslas

Courmes, Alfred

Delacroix, Eugène

Dürer, Albrecht

Gentile da Fabriano, Francesco

Kikojo

La Tour, (De) Georges, 2e article, 3e article

Le Sueur, Eustache

Maître de la Sainte tribu [Cologne]

Mantegna, Andrea

Moreau, Gustave

Nazario (Aurelio Gomez Reverte)

Nema, Alexis

Odilon, Redon

Pollaiolo, (Del) Antonio et Piero

Régnier, Nicolas

Reni, Guido, 2e article

Ribo, Enrique

Vannucci, Pietro (Le Perugin)

 


Un autre répertoire des articles Arts est disponible ici.

L'ensemble des articles « Arts » chroniqués sur ce blog, les uns à la suite des autres, est .

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Macho Dancer, un film de Lino Brocka (1988)

Publié le par Jean-Yves Alt

Un voyage dans le monde du porno gay, la prostitution masculine et le meurtre. Abandonné par son amant, Pol, un bel adolescent se déplace à Manille pour soutenir sa famille financièrement.

Dans ce film, le jeune Pol est l'équivalent exotique de Pierrot dans "J'embrasse pas" de Techiné. Comme lui, son héros, un campagnard brave et fruste, va faire l'apprentissage de la ville...

Comment devient-on "Macho dancer" dans les bordels tenus par des "mothers" et régis par des macs ?

Macho Dancer jette un œil savoureux et ethnologique à la fois sur ce petit monde interlope de la corruption et du sexe. Le film, mélodramatique a souhait, respire une sorte de naïveté qui reflète assez bien l'innocence qui semble s'attacher là-bas à l'homosexualité - sur fond de misère, d'inculture et de régime dictatorial.

Par contre, le réalisateur, pour la "bonne morale" suggère que les rapports homos sont exclusivement monnayables : l'amour le vrai (à l'instar de l'amitié), est hétéro...

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L'Allemagne et la Caricature Européenne en 1907 : Derrière "Lui" de John Grand-Carteret

Publié le par Jean-Yves Alt

L'affaire Eulenbourg est le plus grand scandale jamais connu qui mêla intimement homosexualité et politique. Guillaume II, empereur de l'époque, fut fortement compromis par les révélations de la presse sur les goûts sexuels des hommes de son entourage. Cette affaire qui éclaire les liens occultes entre les fantasmes individuels et le fanatisme collectif, explique également pourquoi ressurgissent régulièrement des rumeurs diffamatoires sur l'homosexualité des gens célèbres.

Le prince Philipp zu Eulenburg-Hertefeld était marié. Très proche de Guillaume II, il fut accusé d'homosexualité par le journaliste Harden qui le suspectait d'exercer une influence néfaste sur l'Empereur. Notamment dans sa politique extérieure qui mettait à mal le nationalisme exacerbé des Allemands. D'autres personnages très importants furent mêlés à ces révélations qui exploitaient la vie secrète des grands : le général Comte Kuno von Moltke, commandant militaire de Berlin (dont le sobriquet Tütü montrait combien homosexualité et féminisation étaient mêlées) et d'autres militaires qui furent inculpés pour attentat à la pudeur.

Les procès furent longs, scabreux, annulés, ajournés puis repris. Des hommes du peuple qui avaient eu des relations avec ces célébrités, vinrent témoigner à la barre. Une autre affaire mit aux prises le prince von Bülow, alors chancelier et Adolf Brand, journaliste qui avait fondé en 1896 "Der Eigene", le premier périodique homosexuel au monde. Brand avait aussi créé en 1902 la Société des hommes souverains qui, comme le groupe de Hirschfeld, visait à l'abrogation de l'article 175 du code pénal qui condamnait les relations homosexuelles. Mais si Hirschfeld était social-démocrate et défenseur d'une homosexualité masculine et féminine adulte, Brand, antisémite et antiféministe, soutenait la pédophilie. Tout cela est fort complexe et dénonce des antagonistes au sein même des homosexuels. Brand diffusa un tract dans lequel il affirmait que Bülow était homosexuel et qu'il avait l'obligation morale d'user de son influence pour proposer l'abrogation du fameux paragraphe 175... Une forme de outing en quelque sorte. On est en 1907.

Ce livre édité par les Cahiers Gay-Kitsch-Camp propose sous forme de documents iconographiques et écrits une étude approfondie de cette période exceptionnelle où l'homosexualité est sortie violemment de l'ombre pour venir éclabousser la caste aristocratique au pouvoir, mais aussi pour rendre évidents des mœurs et des comportements qui, vécus au grand jour et courageusement affirmés, auraient peut-être tué dans l'œuf toutes les tentatives de diffamation.

Ce qu'il est intéressant de noter, c'est que les témoins et les accusateurs (Hirschfeld, Brand et même Harden) étaient favorables à une homosexualité vécue librement. De puissants enjeux politiques utilisèrent le scandale à d'autres fins que la visibilité homosexuelle. Aux yeux du peuple (et surtout de la petite bourgeoisie), c'était une manière de saper le pouvoir impérial et même d'infléchir sa diplomatie internationale. Des histoires terrifiantes circulaient sur ces réunions d'hommes où l'on se travestissait et se vouait aux pires orgies sexuelles.

C'est surtout l'armée qui fut fustigée. D'après les journaux, tous les militaires étaient embrigadés dans une nouvelle Sodome. L'uniforme lui-même était dénoncé comme mettant en valeur d'une manière obscène le cul des cuirassiers (voir illustration ci-dessous). A croire les journaux de l'époque, l'Allemagne était tout entière vouée aux mœurs pédérastiques, la femme étant quantité négligeable.

Mais en même temps qu'on soulignait l'arrogance d'un univers viril, les officiers, les diplomates, les grands responsables étaient caricaturés sous les traits d'une efféminisation outrancière. On est au cœur de l'éternel sexisme : si un homme politique est homosexuel, on le suspecte d'être incapable d'avoir des responsabilités. Virilité et pouvoir sont confondus.

Délicat problème qui explique l'antagonisme entre Brand et Hirschfeld : une double conception de l'homosexualité qui peut conduire à des attitudes politiques opposées.

□ Le livre présenté par Patrick Cardon ressuscite un texte de John Grand-Carteret (1850-1927), auteur français qui publia en 1907 : Derrière "lui" (L'homosexualité en Allemagne) où il regroupe en les analysant des caricatures et des documents qui s'étalaient dans les journaux à propos des différents procès de l'affaire Eulenbourg. C'est l'homosexualité liée à la dépravation et à la décadence telle que l'homme ordinaire veut la percevoir. Les lecteurs de journaux se passionnèrent et les tirages montèrent vertigineusement.

□ En deuxième partie, on peut lire la traduction par Patrick Cardon d'un essai : Iconographie d’un scandale : Les caricatures politiques et l’affaire Eulenbourg. C'est une étude capitale de James D. Steakley, professeur à l'université du Wisconsin aux Etats-Unis, qui éclaire une série de scandales et de procès dont les répercussions furent à double tranchant. Cette suspicion vis-à-vis du pouvoir accentua sans doute le désir de guerre, mais la mise au grand jour de l'homosexualité accéléra, plus tard, la prise de conscience des homosexuels quant aux risques terrifiants que les lois faisaient peser sur leur destin.

Au-delà de son intérêt historique, ce livre nous incite à une réflexion toujours d'actualité.

■ L'Allemagne et la Caricature Européenne en 1907 : Derrière "Lui" de John Grand-Carteret, Suivi de Iconographie d’un scandale de James D. Steakley, Présentation de Patrick Cardon, Editions Gai Kitsch Camp, 1992, ISBN : 2908050153

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L'enterrement, François Bon

Publié le par Jean-Yves Alt

La mémoire a accompli son travail qui est la mise en évidence crue des gros plans. Une réussite de ce livre réside dans ses personnages brusquement immobilisés dans un décor blafard de fin du monde.

Si l'ami d'Alain, le narrateur, fut peut-être un jeune homme caustique et violent, il se souvient aussi et s'éloigne d'une douleur qu'il ne lui reste plus qu'à imaginer. Car il est venu assister à l'enterrement de son ami.

Suicide qu'il ne faut pas dire dans un univers où l'existence est trop âpre pour supposer le luxe de l'interrompre. Il faut taire une mort vécue comme une tare. Et l'on commentera d'autant plus les rites de l'ensevelissement du cadavre qu'on se refuse à dévoiler les secrets de la douleur. Du mort il n'est pas directement question.

L'art de ce récit est de décrire l'enterrement. L'enfouissement du corps dans la terre, le retour à l'oubli, l'arrêt net du mouvement et de la parole. Mais surtout l'ample et minutieux rituel social qui rassemble tous les habitants, chœur antique qui clame son chant monotone. Un rite qui fait écho à une cérémonie à laquelle, six mois plus tôt, assistaient Alain et son ami : le mariage de la sœur. Les mêmes protagonistes, les mêmes dialogues conventionnels rebondissent lentement, mélopée d'une vie étale, désespérément répétitive.

D'Alain nous ne saurons rien, quelques phrases, quelques rires. L'écume d'une vie dont le meilleur se passa en mer.

Ce livre joue d'abord des apparences : la description pittoresque d'une région, de ses coutumes et de son langage, pour mieux imposer ce qui le motive profondément : la métaphore de la vie. Un cortège de deuil où le noir du linceul a remplacé la robe blanche de la mariée, comme dans ces gravures du Moyen Age où la Mort armée de sa faux se mêlait aux scènes quotidiennes.

Le paysage est remarquablement traduit, charnellement : l'écriture charrie elle-même cette terre et ces eaux dans la puissante organisation de ses phrases, longues et vigoureuses. Les personnages ne joignent que leurs solitudes, sans jamais trahir le groupe.

Il y a pourtant l'organiste, un musicien paumé qui serait le sage du récit, un double du narrateur dont on perçoit mal la musique emportée brutalement par le vent mais dont on écoute la résignation, celle des humbles mis en demeure de haïr le mystère et ses souffrances.

■ L'enterrement, François Bon, Editions Gallimard, collection Folio, 1998, ISBN : 2070403181

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Le médianoche amoureux, contes et nouvelles, Michel Tournier

Publié le par Jean-Yves Alt

Médianoche : « Repas pris juste après minuit. » Autant dire l'heure faste de la nuit quand l'homme écoute le chant de sa vie. Quand l'intensité du jour écoulé bénéficie du recul et de l'apaisement. Quand le jour nouveau se gonfle de toutes les promesses.

La nuit ne découpe pas le destin en marques noires sur fond blanc comme le croit longtemps le boulanger Pierrot amoureux de la blanchisseuse Colombine. Bien au contraire : c'est d'or et de feu qu'elle illumine les désirs, les secrets et les quêtes.

Les nouvelles et les contes de Michel Tournier finissent bien. C'est la vertu des histoires de remettre en place, dans l'ordre du vécu, l'effervescence des fantasmes.

L'art de Michel Tournier est de tout dire sans éclats inutiles, dans le calme tracé d'une écriture claire et immédiatement accessible. D'une boutade, au détour d'une description, il assène avec le sourire les éternelles vérités, si simples que l'homme les oublie. Ses nouvelles et ses contes sont l'expression la plus concise et la plus efficace d'une lucidité implacable qui vise directement le cœur de chacun et lui redonne espoir. Oui, tout finit bien parce - que l'être humain est constamment replacé au seul niveau qui compte : sa dignité d'homme.

Que ce soit le clochard misérable du Mendiant des étoiles, qui tend la main vers le ciel (remarquable récit sur la misère de l'Inde), que ce soit Lucie, la femme sans ombre, qui fait l'amour avec un enfant désespéré de tristesse, ou les deux Amants taciturnes, qui se retrouvent au bout de l'usure du temps, ces femmes, ces hommes, Michel Tournier les aime parce qu'ils aiment la vie, parce qu'ils ne renient pas leur passage sur terre et savent qu'exister est leur immense gloire.

Les ombres et les troubles qui font si peur parce qu'ils isolent du troupeau, Michel Tournier les porte à la lumière. Tranquillement, il bouscule les tabous :

« L'absence d'érotisme s'équilibre, comme c'est bien souvent le cas, par une présence scatologique exorbitante »... A propos des enseignants : « Je crois qu'un maître n'a qu'une chance de se faire accepter et de tenir debout face à vingt ou trente garçons et filles de quatorze à dix-sept ans, c'est en participant d'une certaine façon à l'espèce d'ébriété érotique qui caractérise cet âge... un jeu provocateur avec les filles et une sérieuse dose d'homosexualité avec les garçons. »

Dans la ligne des grands conteurs de tous les temps, Michel Tournier est victorieux d'une mort qui s'inscrit paisiblement dans tout itinéraire par le biais d'une légende quotidiennement transmise, l'ineffable bonheur d'être.

■ Le médianoche amoureux, contes et nouvelles, Michel Tournier, Editions Gallimard, collection Folio, 1991, ISBN : 2070384063


De Michel Tournier : Gilles et Jeanne - Le Roi des AulnesAngus - La goutte d'or


Lire aussi : Hommage à Michel Tournier

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