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Milan bleu, un court métrage de Jean-François Garsi (1979)

Publié le par Jean-Yves

L'histoire de deux hommes se retrouvant à Milan, pour 48 heures, après s'être rencontrés ailleurs une première fois : la voix off parle de ce premier week-end, les images montrent le second.

 

Un film qui dit la passion entre le porno (ce court métrage n'a pas été classé X) et l'histoire de quai de gare, parsemé d'éléments-hommages, notamment à Pasolini et à David Hockney.

 

Une ville. Quelques heures. Deux hommes. Milan, un jour, un aéroport. Milan, quelques heures, deux hommes. Milan la brume. Milan la bleue. Deux jours à vivre, une seconde rencontre...

 

Retrouver en quelques instants, sans autre histoire que ce présent, cette intensité amoureuse déjà vécue la première fois. Retrouver le corps, le goût de la sueur, du sperme. Retrouver l'égarement des étreintes. De la tendresse.

 

Le film est découpé en vingt séquences, chacune pouvant correspondre à vingt photos « polaroid », supposées avoir été prises durant cette fin de semaine milanaise. Le film unit et outrepasse ces deux moments, en évoquant une ville et une passion. Cette ville est d'ailleurs présente en tant que personnage essentiel. Milan, petits matins blafards, Milan, soleil éclatant.

 

Alternance des images. Figées et mouvantes à la fois. De pierres, de corps. Rues de la ville, immeubles, flots de voitures, cités désertes des fins de nuit. Rails luisants des trolleybus gravant dans les chaussées - aux pierres identiques accolées - les blessures d'un trafic insensé.

 

Des courbes de ton corps, de ses méandres. Ma bouche, ma langue, - insatiables - s'obstinent à en saisir partout la substance, à faire naître en chaque endroit la folie. Milan, nos corps affolés à en vouloir saisir toute l'étendue. Découvrir chaque recoin de peau. Ne rien en omettre. Le parcourir dans sa totalité, comme ces rues dévoreuses découpant la cité. « De Milan, je n'ai rien vu, comme cette autre à Hiroshima. »

 

« Milan bleu », quelques instants-photos-souvenirs où les lieux, les heures se brouillent dans l'enchevêtrement des corps et des parcours. Et toujours les caresses. Décomptées par la course du temps. Milan des larmes, du cri silencieux de la déchirure. Derniers regards. L'enfance s'enfuit un peu comme au terme de chaque passion.

 

« Dans tes bras, je retrouverai mes dix ans. »

 


Lire aussi ce qu'en disait : Jean-François Garsi, le réalisateur


Milan Bleu fait partie du triptyque « Interdits », ensemble de trois courts métrages dont le point commun fut d'être interdit aux mineurs par la censure.

 

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