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Tu seras seul, Alain Rox [1936]

Publié le par Jean-Yves Alt

Ce roman est le récit chronologique, par Roland Terrier lui-même, né en 1889, de quarante années de sa vie. La découverte de ses « indiscutables prodromes d'un mal, […] premiers signes caractéristiques de [son] inversion sexuelle » (p.25).

Ce récit n'est pas déconnecté de l'atmosphère qui régnait, en Europe, à cette époque. Le lecteur y retrouve les affaires Adelsward/de Warren (1903 : scandale des prétendues "messes noires" avec de jeunes lycéens), Eulenburg (1907 : le conseiller de Guillaume II est accusé d'homosexualité) … qui ne font que renforcer la culpabilité du narrateur.

Le monde de la sexualité reste inconnu à Roland jusqu'à ses seize ans. S'il ressent quelques attirances pour des garçons, sa discipline morale et les préjugés reçus par son éducation ne lui permettent pas de les appréhender.

Il ne peut, le moment venu, satisfaire sexuellement, Margot, une jeune fille, éprise de lui : il demeurera en lui, « concernant l'amour, une vague amertume, un sourd malaise [… et] dans l'avenir, toutes les fois [où il allait se] trouver en présence de femmes faciles, [il éprouverait] une gêne insurmontable » (p.47).

Roland fait ainsi de la chasteté une habitude provisoire, qui lui paraît toute naturelle, comme de ne pas jouer au football. Son abstinence, toute volontaire, ne l'inquiète pas le moins du monde et il ne se rend nullement compte de ce qu'il y a d'anormal à désirer aussi peu.

Roland ne peut concevoir l'homosexualité (1) comme une aventure banale avec un partenaire de rencontre. Il ne cesse d'ailleurs d'éprouver dédain et raillerie pour les invertis et leurs aventures sans lendemain. Pourtant, au début de 1912, alors qu'il effectue son service militaire, un scandale éclate à la caserne. Un sergent a été surpris dans sa chambre dans une intimité étroite, avec un soldat : cassé de son grade, il est affecté à un autre régiment. Roland éprouve alors la plus vive curiosité de connaître avec quelques détails les circonstances du délit, ainsi que l'identité du complice. Malgré le caractère antipathique de ce sergent, Roland, à son départ, vient à lui et lui tend la main. Peut-être, faut-il voir dans ce geste, non seulement une commisération pour cette « victime de son instinct naturel » (p.72) mais aussi un élément inconscient de fraternité ?

Fin de l'année 1913, alors qu'il rentre du bureau, sa mère dans un état extrême d'agitation lui annonce que quelqu'un est venu le demander mariage. Roland y voit une solution pour vaincre ses tourments. Mais comme, Simone, la jeune fille est bientôt atteinte de pleurésie, le mariage est reporté. Quand la guerre éclate, Roland est appelé sur le front : blessé au bras, il est soigné à Quimper. Une crise d'albuminurie, le fait réformer définitivement. C'est dans ces circonstances que le mariage avec Simone a lieu. Celui-ci sera de courte durée – deux semaines – car ne pouvant honorer sa femme, celle-ci « profondément offensée dans sa dignité de femme et douloureusement blessée dans son amour » (p.115) demande le divorce.

Sur quelles bases, Roland, doit-il compter pour reconstruire sa vie ? Peut-il, encore songer au mariage ? Se remémorant ses nuits décevantes auprès de Simone, il ne voit dans l'enchaînement des circonstances que le fait d'une fatalité malheureuse. Rencontrerait-il une femme qui, un jour, l'émouvrait, lui ferait connaître, ce sentiment que ses deux années de fiançailles avaient ignoré ?

« Physiologiquement normal, qu'y avait-il donc en moi qui me vouait à l'anormal ? » (p.131)

La providence, par les voies les plus inattendues, va tendre à Roland une main secourable. Quelques jours après, l'Etat-Major, recherche, pour la mission militaire de Rome, un secrétaire dactylographe parlant l'italien. C'est ainsi que Roland se retrouve propulsé dans un autre monde, pour une autre vie.

Dans cette nouvelle ville, il découvre rapidement des lieux où les allées et venues d'hommes lui paraissent insolites. Sans se rendre compte exactement de ce qui lui arrive, il est poussé par une force irrésistible pour y revenir chaque soir. Il y rencontre un garçon avec qui il passe un moment. La culpabilité l'assaille :

« Je sanglotai longtemps [...]. Une fois calmé, je repris mes réflexions. Ma conscience, en y bien pensant, ne me reprochait rien, que cette saleté répugnante à laquelle je venais de descendre. Ce n'était qu'un égarement [...] Quant à mes tendances, il était bien évident que je n'en étais pas responsable ; elles étaient nées avec moi [...] A présent que je connaissais ma propre nature [...], j'allais pouvoir lutter contre mon instinct, l'étouffer ; tout au moins étais-je décidé à n'y plus céder, jamais. [...] Que je pusse souhaiter, consciemment maintenant, le contact sexuel d'un autre homme, ne m'était même pas concevable. Du fait que j'avais trouvé ma réalisation par ce que l'attirance des sexes contient de plus bestial et de plus vil, de plus dépouillé de tout élément sensible ou intellectuel, la révolte provoquée en moi par ma découverte s'augmentait de la même répulsion qui éloigne momentanément de la femme l'adolescent normal qui l'a abordée par la fille publique. Je ne me rendais pas compte alors que dans l'amour, celui-ci ou celui-là, il y a la flamme et l'ordure et que, de celui-là, l'ordure seule venait de m'être révélée. » (pp. 135-136)

Roland éprouve les plus grandes difficultés à aimer selon sa nature. Il se demande s'il doit se résigner à demeurer chaste, continuer à ignorer le désir, l'amour tel qu'il rêve de le connaître puisqu'il sait dorénavant que l'homme seul est susceptible de le lui donner ?

Reste à approcher quelqu'un, en dehors de ces rencontres d'un soir, vécues par Roland comme une faute :

« Par quelle voie secrète pourrais-je trouver le moyen de me réaliser, de rencontrer l'amour que je souhaitais [...] ? Assurément, il existait de jeunes hommes comme moi, voués au même destin, animés des mêmes désirs ; quelles possibilités y avait-il pour moi de les rejoindre ? [...] Par quel signe mystérieux cet élégant Romain [...] m'avait-il si rapidement démasqué ? Oserais-je même jamais [...] aborder dans la rue quelqu'un [...] ? Mon Dieu, que tout cela me semblait périlleux et difficile ! » (p. 150)

A la faveur d'un ami de sa mère, il demande à être muté dans un service de l'Etat-Major à Londres. Sur place, il fait la connaissance de Patrick, un homosexuel moins tourmenté que lui :

« Notre liaison ne dura que jusqu'au mois [...]. Je trouvais à mes rapports avec lui un immense plaisir [...]. Bien que sans point de comparaison, je n'avais pas l'illusion d'un grand amour [...]. Nous parlions souvent de l'homosexualité ; Patrick était la première personne avec qui j'eusse eu l'occasion de m'entretenir de cette question. [...] Son instinct, dès le collège, l'avait porté vers les hommes, et depuis les dortoirs de la vieille abbaye où il avait fait ses classes, il n'avait jamais connu l'autre désir. [...] il n'avait qu'à peine songé à se cataloguer dans une série d'êtres à part. C'était moi qui, le premier, attirais son attention sur le caractère anormal, presque tragique de l'androphilie, sur ce qu'elle présentait à mes yeux de douloureux. Il trouvait mes propos très surprenants. » (p. 172)

La paix revenue, Roland rentre à Paris et se trouve tout désorienté. Le parisien qu'il redevient n'est plus celui qu'il a été avant 1914 ; la guerre l'a surpris fiancé, tout à l'organisation d'une existence calme et bourgeoise auprès d'une jeune femme qu'il s'est persuadé d'aimer ; la paix le retrouve divorcé, ayant, après une longue lutte, abdiqué toute résistance à son homosexualité tardivement révélée. Que va être dans les décors d'autrefois son existence d'homosexuel ? Comment cette dernière va-t-elle se concilier avec les exigences familiales, avec ses anciennes amitiés? Comment peut-il l'adapter aux nécessités quotidiennes, la dissimuler aux regards trop perspicaces, aux sollicitudes indiscrètes, aux malveillances trop vigilantes ?

Grâce à son horreur du mensonge et à un amour-propre immodéré, Roland choisit tout d'abord de se « confesser » à ses plus proches amis. Exalté, devant la perspective de se découvrir aux yeux de ses amis, de leur montrer son affranchissement des lois communes et des préjugés vulgaires, il décide de présenter à eux un Roland inédit, évolué, sorti de sa chrysalide, menant enfin une vie amoureuse, anormale sans doute, mais conforme à son tempérament, et moins anormale à tout prendre, moins digne de pitié, que cette chasteté persistante et ridicule à laquelle ils devaient le croire condamné à jamais. L'accueil de ses révélations ne surprend pas tous ses amis ; certains s'en doutant depuis bien longtemps.

La confession à ses parents est plus difficile. Elle se fera à l'occasion de questions posées par sa mère à propos de sa garçonnière qui ne révèle jamais trace d'un passage féminin. Tandis que sa mère envisage la ruine de l'avenir, du bonheur de son fils, des espoirs d'être, elle-même, grand-mère, son père retient plus encore un péril pour la réputation de la famille : car il estime que cette révélation est une des pires insultes. Sa répugnance pour la pédérastie qu'il est maintenant obligé d'étendre jusqu'à son propre enfant et son sentiment de son honneur terni sont les éléments essentiels de son tourment.

« Nous n'étions pas seulement séparés par une quarantaine d'années d'âge, mais par des différences fondamentales de nature et de tempérament. […] mon père n'avait eu ni la possibilité ni le loisir de cultiver son esprit. […] il appartenait tout entier à ses occupations journalières. Ce qui faisait pour moi le charme et l'intérêt de l'existence, la nature, l'art, la beauté, la vie intellectuelle, tout cela pour lui n'existait pas. […] Mais si nous étions séparés par des tendances si différentes de l'esprit, des façons si opposées de sentir, il n'en existait pas moins entre nous un courant de chaude affection. J'aimais mon père parce que je l'estimais, parce, qu'il était mon père, parce qu'il était bon et qu'il m'aimait […] Mon père était, en effet, la bonté même ; […] il professait pour moi une véritable adoration […] Il avait une façon de dire : "Mon fils" au vocatif où passaient toute sa tendresse et un sentiment d'orgueil vraiment touchant. » (p.251)

Son père pense l'aider à vaincre ses pulsions en consultant un neurologue réputé.

« Le professeur, au bout d'un petit moment, l'arrêta :

Remettez-vous, Monsieur ; vous voulez me dire que votre fils est homosexuel ; c'est très fâcheux, assurément, mais ce n'est pas si exceptionnel, ni si tragique. Si vous permettez, l'intéressé va me mettre lui-même au courant. […]

Je lui fis connaître, sans qu'il eût besoin de m'interroger à peu près toutes les données du problème ; il ne me posa que deux ou trois questions complémentaires. Quand j'y eus répondu, il me demanda de me retirer quelques instants pour qu'il pût s'entretenir seul à seul avec mon père.

Le grand salon se trouvait désert. La pensée me vint aussitôt de profiter de cette circonstance, et, me glissant sous la lourde tenture qui masquait la porte que je venais de franchir, d'écouter, l'oreille appliquée à cette dernière, une conversation dont l'intérêt me passionnait. […]

– Vous saviez tout ce que votre fils vient de me révéler ? demandait le professeur.

– A peu près, par lui ou par sa mère, répondait, mal assurée, la voix familière.

– Et jusqu'au mois de juillet vous vous ne vous étiez douté de rien, malgré ce malheureux mariage et les autres indices que vous possédiez ?

Maître, je n'aurais jamais osé supposer cette chose effroyable...

J'entendis que mon père pleurait, et l'émotion derrière mon rideau, me monta soudain à la gorge.

Le docteur Kaminski exhortait maintenant mon père :

– Voyons, Monsieur, calmez-vous, il ne faut rien dramatiser. Vous avez dit : « cette chose effroyable », le terme me paraît excessif. Je pense que vous êtes convaincu à présent, puisque vous êtes venu me trouver, qu'il ne s'agit pas chez votre fils d'une honteuse dépravation. Vous avez compris que nous sommes en présence d'un cas de sexualité anormale, comme il y en a malheureusement beaucoup. Il faut vous résigner à ce pénible état de choses, Comme l'intéressé a fini lui-même par le faire.

– Se résigner, docteur ! Vous estimez donc qu'il n'y a rien à tenter pour le sauver, pour le guérir ? Vous ne voyez aucun traitement ?

– Je ne veux pas vous donner d'espérance illusoire. Les phénomènes sexuels sont encore parmi les plus mystérieux, les plus obscurs ; la sexologie, qui les étudie, demeure à l'enfance. Pourtant vous exposer l'essentiel seulement de ses acquisitions nous entraînerait beaucoup trop loin. » (pp. 262-263)

En fin de consultation, le médecin s'adresse à Roland, seul à seul, sur les différents dangers de la vie homosexuelle, des hasardeuses relations qu'on y peut nouer, des gens qui exploitent les invertis de différentes manières et le met en garde contre certaines tentations érotiques dans des circonstances où la police peut être menée à intervenir. Avant de partir, il lui donne comme conseil de se trouver un « ami ».

« Ce n'était pas un homme de science qui se prononçait ; son langage était celui d'un père parlant à son fils, d'un père qui aurait eu sur l'androphilie des lumières qui manquaient au mien ; rien de ce qu'il avait appris par la pratique de son métier, et qu'il m'exposait dans sa généralité, qu'un homme un peu instruit de la vie n'eût dû savoir. Cela me paraissait lamentable et ridicule [d'] entendre des vérités aussi évidentes, aussi élémentaires. Et je pensais combien il était souhaitable que dans un pays civilisé comme la France le XXe siècle triomphât peu à peu de cette ignorance, malheureusement si répandue, source de tant de sottise, d'injustice et d'inutiles douleurs. » (pp. 267-268)

Après cette visite, le père de Roland ne garde plus rancune de sa souffrance et compatit à celle de son fils. Surtout il cesse de le mépriser, le pire tourment de Roland.

Roland va, à partir de ce moment, fréquenter assidûment cabarets et établissements de bains. C'est là qu'il va rencontrer Philippe-Etienne. Et tomber amoureux de lui :

« Je vécus jusqu'au soir un peu comme un homme ivre. C'était une de ces claires journées d'avant printemps où la lumière n'a plus l'éclat brutal des belles journées d'hiver, où, elle est à la fois, plus nuancée et plus caressante, et où il y a dans l'air encore frais une subtile douceur dont on sent qu'elle va bientôt s'affirmer, annoncer et préparer avril. Mon bonheur par moments m'étourdissait, me dépossédait de la vision ordinaire des choses ; je marchais dans une sorte de rebondissement allègre, me sentant participer à ce renouveau dont me pénétraient les prémisses, et me répétant sans cesse : un tel bonheur est-il possible ? Vais-je, enfin connaître l'amour ? Philippe va-t-il être mon "ami" ? » (p.289)

Mais Philippe ne peut se passer de séduire. Il aime ramener chez Roland des garçons qui lui plaisent. Roland n'attache pas vraiment d'importance à ces «fantaisies» : il ne voyait pas en elles un péril quelconque pour leur liaison. Il était si sûr de l'amour de Philippe, qu'il ne lui paraissait même pas imaginable de penser la fin de leur intimité. Cependant, à mesure que s'écoulent les semaines, Roland note dans leurs rapports quelque changement. Des sautes d'humeur bizarres chez Philippe qui, certains jours, le montrent sombre, maussade, les nerfs tendus et surtout son manque de ponctualité, ce qui sera pour Roland, cause d'énervement, presque de souffrance.

« "Never more", me répétais-je comme le corbeau du célèbre poème d'Edgar Poe, non rien jamais ne me rendrait le coeur de Philippe, ni ses élans passionnés d'autrefois que ne lui permettrait plus désormais le caprice de sa chair, ce désir merveilleux et redoutable dont nous ne sommes pas maîtres, mais qui, lui, régit nos amours, leur livre parfois toute notre sensibilité, toutes nos facultés affectives, et qui, en disparaissant, leur arrache la clé de notre âme. » (p.351)

Désormais, Roland sait que son amour pour Philippe est définitivement révolu, que Philippe est sorti de sa vie. Il n'y demeure plus pour lui qu'un ami, comme il en avait quelques-uns, et l'« ami » qu'il a été, il l'est maintenant pour un autre.

« Qu'allait être ma vie à présent ? Rencontrerais-je un nouvel amour ? Cet espoir me paraissait maintenant chimérique. J'étais assez jeune sans doute pour pouvoir être encore aimé, mais j'avais éprouvé à quel point le destin est avare pour « nous » de ces conjonctions qui peuvent donner le bonheur à deux êtres, et j'avais la secrète intuition que l'amour à présent était bien fini pour moi. J'arrêterai ici la relation de ma vie sexuelle, car hélas ! Je ne m'étais pas trompé dans ma sombre prévision, et rien après le grand amour dont je viens d'évoquer l'épanouissement et le déclin n'est venu jusqu'ici le remplacer. Il s'est éteint peu à peu dans mon cœur où il a laissé une cicatrice que le temps n'a pas effacée complètement. Les circonstances n'ont jamais tout à fait éloigné Philippe de moi… » (p. 401)

« Tu seras seul », le titre de ce récit, est finalement le dessein que Roland s'est, malgré lui, toujours attribué.

En épigraphe de cet ouvrage est inscrit « A ceux qui en ont souffert et à ceux qui en souffriront. » : Alain Rox en racontant cette histoire (sans doute en partie autobiographique) a souhaité éclairer ses lecteurs sur cette question comme tout le monde devrait l'être. Plus de soixante-dix ans plus tard, peut-on affirmer que son récit est devenu superflu ?


A signaler, un parallèle que fait le narrateur avec "La prisonnière" une comédie d'Edouard Bourdet [présentée pour la première fois le 6 mars 1926 sur la scène du théâtre Fémina] qui reflète parfaitement le drame intime de Roland Terrier :

« […] nous vîmes jouer, Philippe et moi, "La Prisonnière", souvenir pour moi inoubliable […] Le mérite exceptionnel de l'œuvre est de montrer qu'il existe ainsi une fatalité sexuelle, que l'inversion ne relève ni de l'opprobre ni de la raillerie, qu'elle est une chose infiniment grave et dramatique. Il fallait toute la science du théâtre de M. Bourdet, toute l'intense humanité dont il a fait vibrer ses personnages, tout son tact aussi, pour faire accepter la thèse dont son drame est un exposé vivant, pour qu'aucune protestation ne s'élevât contre une optique de l'homosexualité répudiant le vieux préjugé d'immoralité qui n'avait cessé de flétrir les amours « contre nature », pour qu'on applaudit à son œuvre unanimement, sans restriction. » (pp.379-380)


(1) Lire à propos de ce terme la note de l’auteur page 49 et reproduite ci-après : Qu'on me pardonne ce néologisme qui m'a, paru répondre à un besoin. Le terme d' «homosexualité» étant celui dont le sens est le plus général (les mots «pédérastie», «inversion sexuelle», «sodomie», «uranisme», ne couvrant pas, en effet, un aussi grand nombre de cas), son emploi répété risquait de devenir fastidieux.

«Androphilie» qui par son étymologie exprime clairement le goût pour l'homme pourra selon moi se substituer utilement à «homosexualité» ou à «inversion sexuelle», toutes les fois qu'on voudra indiquer la tendance d'un homme vers son propre sexe. Alain Rox


■ Editions Ernest Flammarion, 1936, 403 pages

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Yoann 02/11/2016 17:46

Bonjour, cela fait quelques moi que je cherche ce livre, auriez vous une idée pour que je puisse le trouver?
Merci d'avance

Jean-Yves Alt 02/11/2016 18:24

En bibliothèque d'une grande ville ; bibliothèque Universitaire/Lettres