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Drive-in, Kevin Wayne Jeter

Publié le par Jean-Yves

Loin de cultiver le mythe du rêve américain, K. W. Jeter n'hésite pas à évoquer les pages les plus sombres de l'histoire de son pays. Dans Drive-in, il décrit un sous-prolétariat où le sport, l'alcoolisme et la violence règnent en maître.


Tant pis pour ceux qui, comme le jeune Steven, servent de souffre-douleurs. Tant pis pour Taylor, l'éducateur du centre pour jeunes délinquants, ex-enfant battu, à qui l'intervention en faveur de Steven vaut le saccage de son appartement.


Les minables voyous de Drive-in s'amusent à leur façon : séances de cassettes pornos, baise minable en bagnole et beuveries.


Steven commence bientôt à faire des cauchemars : il voit un conducteur aux yeux indiscernables s'en prendre à Mick, un des joueurs de football, un des plus grands et des plus bêtes de l'équipe. Mais c'est Steven qui le frappe, avec le couteau que lui tend l'homme de la nuit.


Pourtant, la première victime du tueur surgi de l'enfer sera Dennie, le caïd de banlieue qui traite volontiers les autres de pédés pour mieux dissimuler ses propres virées en ville et qui va à la rencontre de ceux qui savaient ce qu'ils étaient et ne cherchaient pas à le cacher.


Dennie aime les jeux S.M. violents. Mais cette fois-ci, les règles changent : plus question de faire semblant, il faut vivre le scénario jusqu'à l'ultime terreur.


L'homosexualité, qui joue un rôle majeur dans Drive-in, sert aux personnages d'explication simpliste à la série de meurtres sadiques.


Mais le fantastique a ses raisons que les préjugés ignorent : le justicier sanglant trouve ses motivations dans une enfance douloureuse. Steven sera le seul à savoir, et à comprendre. Grâce au tueur, il apprendra à se faire respecter et à reconquérir sa propre estime.


Les romans de terreur peuvent avoir, à leur façon trouble et perverse, une happy-end.


■ Editions Denoël, Présence du fantastique, 1990, ISBN : 2207600149


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