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1790 : L'Ordre de la Manchette, en assemblée, décrète

Publié le par Jean-Yves

L'Ordre de la Manchette, et tous les Chevaliers dudit, épars dans les soixante Districts de Paris ; ensemble ceux de Versailles, constitués en Assemblée législative et souveraine, ont décrété et décrètent ce qui suit :




ARTICLE I :

L'Assemblée des Bougres, Bardaches, Bardachins, Bardachinets et Tribades, à laquelle, pour grâce spéciale, sont annexées les Chevalières de la Pantoufle, Tribades et Croquaneuses, qui ont prononcé le serment de se prêter à tout, et de présenter aux Chevaliers de notre ordre, ce qu'il leur plaira de découvrir ; a arrêté, dans sa séance, que, d'après le rapport à elle fait par son Comité de Vérification, sur l'étendue et la prospérité des Droits de l'Homme, il sera permis à tout Chevalier de la Manchette d'user de sa personne, pour donner ou recevoir, comme bon lui semblera, soit dans les avenues de Sodome, dites des Feuillans, au jardin de l'Amitié, sous les auspices du Comte de Rouhault, au Panthéon et à la Loge des neuf Soeurs, même dans les allées du Luxembourg, quoi qu'en puisse dire son véritable Propriétaire, sans qu'il soit permis à aucuns d'y apporter le moindre obstacle.

 

ART. II :

Tout perturbateur, c'est-à-dire, tout ennemi-né des prérogatives annoncées dans l'Article premier, sera déclaré infâme et rayé du Catalogue que nous donnerons à la suite de ces articles, afin de n'être plus reconnu dans notre Ordre, et être poursuivi comme les Louveteaux dans les Loges de Francs-Maçons.

 

ART. III :

Tout Chevalier de la Manchette, soit que les circonstances l'aient engagé à se ranger sous les lois de l'hymen, pourra cependant renoncer à son parti, pour se ranger du parti de l'opposition ; comme il sera libre à tout individu, de celui de l'opposition, d'embrasser le parti des Chevaliers de la Manchette.

 

ART. IV :

Dorénavant, Bicêtre, Avènes, et généralement tous les lieux destinés à traiter les maladies Anti-Sociales, seront également destinés à recevoir toutes personnes attaquées de la maladie désagréable Anti-Physique ? ce que nous ne décrétons cependant qu'à regret, attendu qu'elle n'est qu'une suite des incommodités gagnées par ceux qui abandonnent le Cul pour courir après le Con.

 

ART. V :

Tous Médecins, Chirurgiens, déclarés ou non, assassins par brevet de la Faculté, seront tenus de prêter leur ministère à la guérison de la Cristaline (1), sous peine d'être poursuivis extraordinairement, et par toutes voies autorisées, possible ou non, ainsi qu'il est aperçu à l'Article II, comme perturbateur, et contraire à l'affermissement de l'Ordre.

 

ART. VI :

Il sera mis incessamment sous presse et dans le plus court délai possible, un manuscrit, sauvé de l'embrasement de Sodome, ayant pour titre : Traité élémentaire de l'Anti-Physique, ou Abrégé théorique de cette manie, à l'usage des Prétendants et des jeunes Bardaches : quatre des plus anciens de l'Ordre seront tenus d'en soigner l'impression ; savoir, Bateau de Girac, Evêque de Rennes ; Bourdeilles, Evêque de Soissons ; le Comte de Montrevel, Maréchal-de-Camp, et le Marquis de Visé, Lieutenant-Général des Armées du Roi.

 

ART. VII et dernier :

L'Ordre sera partagé en partie civile, partie législative et partie militaire ; et comme on peut être Bougre et Citoyen, et que les affaires de Cul n'empêchent et ne peuvent empêcher de se montrer ardent pour les affaires de la Patrie, il sera nommé, avant la séance levée, les principaux Commandants, Législateurs et Bourgeois du Tiers, dont nous présenterons le tableau à l'Assemblée nationale, afin de lui rendre hommage de nos présents décrets, pour en obtenir sa sanction.

 

De Noailles, Président

Signés : L'Abbé Aubert, Vice-Président - Duviquet, Secrétaire

 


(1) Nom donné à la blennoragie


Lire aussi : 1790 : Révolte chez les sodomites

 

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