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Gossenkind, un film de Peter Kern (1992)

Publié le par Jean-Yves

Un film calme, presque romantique sur la naissance de liens entre un adolescent et un père de famille, jusqu'à l'impossibilité fondamentale de réussir une telle relation.



Gossenkind que l'on peut traduire par L'enfant du trottoir, dévoile avec réalisme la vie d'Axel, prostitué de quatorze ans (Max Kellermann) : dans sa famille, sa mère absorbe la bière comme une gigantesque éponge et son beau-père le corrige, s'offrant à l'occasion le plaisir d'une sodomie punitive, lorsque les passes du petit ne rapportent pas assez.


La scène du viol est très perturbante pour celui qui ignore cette vie-là ; c'est pourtant ce qui se passe : la majorité des violences subies par les enfants le sont dans le cadre de la famille. Il faut souhaiter que ces images fassent réfléchir et non pas qu'elles habituent le spectateur à ce fait, comme le viol d'une femme, qui au cinéma, est devenu malencontreusement banal.


Il est dommage d'avoir affublé le jeune héros d'une fiancée idiote et superficielle vers laquelle il retourne à la fin du film, abandonnant son client favori et amant – un homme marié : Karl-Heinz Brenner (interprété par Winfried Glatzeder), lui-même fermement décidé à faire son coming-out familial.


Et pourquoi avoir conduit Karl, le père de famille, amant d'Axel, au bord du suicide après qu'il ait découvert l'homosexualité naissante de son propre fils ?


Axel a découvert l'amour avec Karl. Le fait qu'il retrouve, à la fin, son amie est étrange mais crédible. Pour ce qui est de la tentative de suicide de Karl, elle montre que l'amour des autres n'empêche pas ce geste. En cela Gossenkind n'est pas un film optimiste.


Le réalisateur croit-il en la capacité d'un adolescent à gérer sa vie sexuelle ? Je ne sais pas. Il reste que la relation sexuelle entre un adulte et un adolescent du même sexe reste un tabou…


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