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Les bagages d'Icare, Joseph Bialot

Publié le par Jean-Yves

La publicité est un univers féroce, mais où les professionnels se limitent généralement à trouver le slogan qui assassine la concurrence.

 

A l'agence Médias's, on se met à tuer les collaborateurs... L'affaire débute lors d'un séminaire destiné à promouvoir les couches-culottes Lebensraum.

 

La tension nerveuse a beau être forte et les antipathies évidentes, personne ne pense que c'est la guerre des slogans qui explique les deux morts du week-end : un coup sur la tête et une balle de calibre 38, ça fait désordre même chez les rois de la pub !

 

Avec Didier Valois, son ami de toujours, le PDG de Médias's se met à fouiller le passé de ses employés défunts. Le périple des enquêteurs bénévoles les amène à déranger la pègre qui semble s'intéresser de près à l'entourage de feu Alain Vergnaud, bisexuel charmeur mais odieux, puis à découvrir des endroits comme le Tanagra, une boîte homosexuelle fréquentée par le publiciste assassiné et ses relations.

 

— Doucement, les hommes. Je suis barman et je sais me défendre contre les casse-pieds. De plus, ne croyez pas que je suis un efféminé parce que je suis homo. Pas de confusion de genre et de sexe les gars, les grandes folles, ce n'est pas mon truc. Vous voulez parler ? Parlons ! Vous cherchez un tueur ? Parfait, me too ! Mais moi c'est pour m'en défendre. On peut donc faire alliance. Que savez-vous ? (p. 104 ; parole de Georges Morel (Georgie pour les intimes), barman au Tanagra)

 


Joseph Bialot offre avec Les bagages d'Icare un récit alerte, aux ressorts classiques mais à l'intrigue serrée. L'humour tempère la noirceur de nombre de situations : comédien, Didier Valois ne pousse pas de cris d'orfraie lorsque le serveur du Tanagra l'embrasse sur la bouche car il a déjà connu ça au théâtre
(p. 83). Ce qu'il n'aime guère, c'est le parfum de son séducteur : « Je n'ai rien contre les homos mais je déteste la lavande. » (p. 83). Le commissaire Dubois, l'un des policiers chargés de l'affaire, n'a pas plus de préjugés et évoque l'un de ses collaborateurs assassiné : « Un bon flic et un vieux copain… Il était homo, mais ça c'était son problème. Depuis le temps que tout le monde nous envoie nous faire foutre, il fallait bien que quelqu'un craque et que ça arrive. »span> (p. 203)

 

 

■ Editions Gallimard «Série noire», 1991, ISBN : 2070492591

 

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