Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Regard blessé, Rabah Belamri

Publié le par Jean-Yves

Algérie, 1962 : la violence fait rage, après comme avant l'Indépendance.


Avec l'épuration, c'est toujours le même scénario : la véritable héroïne, c'est la mort.


Les balles des soldats n'épargnent personne, surtout pas les innocents : femmes, enfants et, dans Regard blessé, même la chienne du jeune Hassan, Ouarda, seulement coupable de veiller sur son jeune maître, menacé de cécité totale.


Chienne de vie !


La scène où cette chienne est abattue puis inhumée est bouleversante. Elle exprime tout ce décalage entre l'extrême sensibilité des êtres et le monde impitoyable qui les entoure. Un geste simple de Hassan, geste de pitié, restaurera toutefois l'espérance d'un monde meilleur, tout en suggérant la nostalgie d'un paradis perdu.


Je ne peux m'empêcher de comparer cette scène avec celle du film Jeux interdits [René Clément, 1952], quand le jeune Michel et la petite orpheline de guerre construisent un cimetière pour tous les animaux de la création, dont les sépultures de terre sont surmontées de croix et ornées de fleurs.


■ Editions Gallimard/Folio, 2002, ISBN : 2070421384


Commenter cet article