"Maman que man" est une histoire homosexuelle : mais ce n'est pas que cela. C'est aussi une histoire de drogue : mais elle va bien au-delà de cet aspect.


C'est un film très dur, d'une violence sourde et désespérée, qui met à nu les angoisses morbides du cinéaste, en même temps que son amour fou de la vie, du désir, du plaisir, même s'il sait que pour lui, pour sa sensibilité exacerbée, l'existence n'est que souffrance.


Ce film est Soukaz tout entier à travers les personnages si différents présentés :



- l'adolescent est l'ange déchu, avide d'amour à n'importe quel prix, prêt à fuir l'enfer quotidien, à tout donner, à tout laisser, pour l'illusion d'un bonheur fugace où il pressent qu'il sera berné.

- l'arnaqueur à veste blanche, c'est le démon tentateur, le menteur que l'on veut croire aveuglément parce qu'il offre l'impossible, tant pis s'il est le messager de la mort.

- le père (joué par Copi), c'est la voix de la vérité, mais on ne parvient pas à l'entendre, noyée qu'elle est dans les hoquets de l'alcool.

- la mère de l'adolescent tout au long de ce chemin de croix : couchée sur un matelas à même le sol, elle va mourir, image pathétique de l'impuissance, de l'incapacité à changer le cours inéluctable du malheur.




La force du film de Soukaz est de n'être pas l'œuvre d'un faiseur qui n'aurait rien compris à ce malheur qu'il exhibe, mais d'être vécu de l'intérieur comme un drame personnel qui est la réplique de celui qui se joue des centaines de milliers fois dans le monde au sein d'une jeunesse qui est prête à mourir pour un instant de vrai bonheur, de vraie tendresse.


Faut-il reprocher à Soukaz d'avoir incité aux larmes en intégrant à la misère de son jeune héros la mort d'une mère ? Sûrement pas. D'abord parce qu'il s'agit la d'un épisode que le réalisateur a douloureusement traversé ; ensuite parce qu'il me plaît d'imaginer qu'il a eu envie de faire pleurer des gens malheureux, comme si cela allait faire sortir les humeurs mauvaises, les tourments emprisonnés, en un flot libérateur.


Publié dans : FILMS
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Homosexualité(s) et Littérature

sous la direction de Benoît Pivert


Le chasseur abstrait éditeur, cahier de la RAL,M n°10, mars 2009, ISBN : 9782355540448, 25 €



Vient de paraître

Discours littéraire et scientifique fin-de-siècle

La discussion sur les homosexualités dans la revue du Dr Lacassagne
Les Archives d’anthropologie criminelle (1886-1914) : autour de Marc-André Raffalovich


Editions Orizons, 2008, collection “homosexualités”, ISBN : 978-2296038196



 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004


Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



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"Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles."
(Italo Calvino, Leçons américaines)

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« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
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