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Un chant d'amour, un film de Jean Genet (1950)

Publié le par Jean-Yves

Enfermés dans leurs cellules, deux prisonniers communiquent à l'aide d'un trou creusé dans le mur, sous l'œil du gardien qui les observe par le judas.

 

 

Un chant d’amour est le seul film écrit et réalisé par Jean Genet interdit en France durant 25 ans. En dehors d'une version soigneusement expurgée de ses séquences anatomiques, montrée à quelques happy few en 1954 par Henri Langlois à la Cinémathèque, personne en France, n'avait pu voir "Un chant d'amour" tel qu'il a été conçu. Il y a eu quelques rares projections (à New York en 1964, à Londres en 1971, tardivement à Paris) qui ont toutes été des scandales publics.

 

Pour la petite histoire, il faut savoir que c'est Nico Papatakis (à l'époque, propriétaire d'un cabaret à Saint Germain des Prés) et réalisateur, en 1991, des Equilibristes, qui a produit ce brûlot génial.

 

Ce chef-d'œuvre en noir et blanc de moins d'une demi-heure est muet. Comme si Genet le poète y donnait la parole aux seules images. Il n'a sacrifié à aucune autocensure.




Un chant d'amour n'a pas pris une ride : la chaussette percée, et l'ongle noir que s'arrache le taulard ; la paille dans le trou de la muraille où passe la fumée de cigarette d'une cellule à l'autre ; la main tendue vers la grappe de lilas, le maton qui jouit en plaçant son révolver dans la bouche d'un prisonnier, les braguettes lourdes, les toisons, les verges qui se branlent...

 

Tout l'imaginaire de Genet est là, intact.

 

Un incunable gay à voir ou revoir avec Looking For Langston et Young Soul Rebels.

 

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