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Nos ancêtres, les pervers : la vie des homosexuels sous le second Empire de Pierre Hahn

Publié le par Jean-Yves

CRIME & HOMOSEXUALITE

 

Pour les policiers du siècle dernier, pour la presse et l'opinion publique, l'homosexuel, assassin ou assassiné (mais le plus souvent assassiné), était, de toute façon, a priori coupable, avant même d'avoir subi ou commis son meurtre, d'appartenir à un milieu, par nature, criminogène.

 

Les mœurs des sociétés sodomites étaient élevées au rang de mythe ignoble, n'ayant que peu de chose à voir avec la nature humaine, comme l'écrit Pierre Hahn, dans son livre :

« Les infâmes échappaient à la règle commune en ce que leurs crimes leur conféraient une grandeur quasi inhumaine. »

Le crime d'homosexuel, c'était généralement le crime commis sur un homosexuel mais aussi son crime. Il y participait pleinement, le mettait en scène, victime souvent, mais toujours, par nature, coupable.

 

Pierre Hahn cite, aussi, "Les deux prostitutions", le livre de François Carlier paru en 1887. Son auteur la chef de la police de 1850 à 1870 avait eu à élucider de nombreux meurtres de pédérastes. Il insiste beaucoup sur le fait que les pédérastes victimes de vols d'escroqueries et de meurtres, sont à ses yeux, aussi coupables que leurs auteurs. Pour Carlier, l'explication est simple : c'est la folie et le cynisme inouï du sodomite qui le poussent à commettre et à subir les actes les plus insensés et notamment son propre meurtre :

« Comme le sens moral leur fait défaut, les pédérastes poussent l'audace jusqu'à la folie. »

De la folie au meurtre la frontière est floue...

 

On connaît la chanson, la ritournelle sinistre et grandiose du couple maudit entre le pédé et son assassin : elle accompagne le refrain sur l'homosexualité comme milieu criminogène. Cette tradition, ce duo de l'opéra tragique des bas-fonds, a eu ses chantres y compris parmi les plus grands écrivains : Balzac, dans "Splendeurs et misères des courtisanes", décrit l'amour qui unit Vautrin à son amant corse, assassin et condamné à mort. Jean Genet, dont l'œuvre regorge de crimes, magnifie, dans "Notre-Dame des Fleurs", par exemple, le meurtre commis par son héros qui étrangle un vieillard de soixante-sept ans, son amant occasionnel.

 

Une mansuétude parfaitement résumée par une phrase d'Alberto Moravia :

« C'est l'idée répandue en Italie dans toutes les classes sociales que devant les homosexuels, il y a pratiquement autorisation de tuer. »

■ Editions Olivier Orban, 1979, ISBN : 2855651158 (cet ouvrage est réédité par les éditions H&O, 2006, ISBN : 2845471084)

 

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