Deux hommes et une femme vivent ensemble en banlieue. Et ils s'aiment. Ils font la cuisine et le ménage ensemble. Mais aussi l'amour...



Le succès du film de Coline Serreau "Pourquoi pas ?" a d'abord été celui du bouche à oreille. En 1977, je me souviens, il envahissait toutes les conversations. Il est aussi celui d'une rencontre entre un sujet et une époque. La fin des années 70 a marqué, qu'on le veuille ou non, le début d'une ouverture d'esprit et de comportement que nous regardons aujourd'hui comme si elle avait toujours existé.

Deux hommes (Fernand/Sami Frey et Louis/Mario Gonzalès) et une femme (Alexa/Christine Murillo), vaguement post-soixanthuitards, vivent ensemble dans un pavillon de la région parisienne. Alexa gagne l’argent de ce ménage à trois. Et ils s'aiment. Vraiment. Ils font l'amour, la cuisine, le ménage ensemble.

Un film pas intello. Aucun discours pontifiant ou psy-quelque chose sur la bisexualité, l'homosexualité et toutes ces notions-là. Aucune leçon de morale. "Pourquoi pas ?" n'est ni un pensum, ni un film de propagande pour une quelconque officine de libération des mœurs sur fond de marches militantes. C'est seulement un film sensible et émouvant, une histoire d'amour avec les inévitables problèmes qui se posent à de nombreux couples.


Et ne croyez pas que lorsqu'on est heureux à trois, la jalousie n'a pas son mot à dire. Elle se déchaîne même lorsqu'un quatrième vient s'inscrire dans le tableau. Une quatrième, pour être plus précis. Et alors là...


"Pourquoi pas ?" est un film qui m'a d'abord fait rêver. Je me rappelle qu'à sa sortie, j'ai envié la liberté et le naturel de ces personnages qui vivaient exactement comme ils l'entendaient, sans se soucier de l'opinion des autres et sans, surtout, se mettre des étiquettes superflues sur le dos.


Maintenant, je sais que cette vision de la liberté totale ne marche pas. Car cette comédie a oublié qu'il y a le plus souvent un dindon de la farce... dommage que cette dimension n'ait pas été prise en compte par la cinéaste.


Publié dans : FILMS
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Homosexualité(s) et Littérature

sous la direction de Benoît Pivert


Le chasseur abstrait éditeur, cahier de la RAL,M n°10, mars 2009, ISBN : 9782355540448, 25 €



Vient de paraître

Discours littéraire et scientifique fin-de-siècle

La discussion sur les homosexualités dans la revue du Dr Lacassagne
Les Archives d’anthropologie criminelle (1886-1914) : autour de Marc-André Raffalovich


Editions Orizons, 2008, collection “homosexualités”, ISBN : 978-2296038196



 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004


Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



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(Italo Calvino, Leçons américaines)

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« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
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