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Fripons, gueux et loubards de François Martineau

Publié le par Jean-Yves

C'est plus particulièrement la deuxième partie de cet essai qui a retenu mon attention où l'auteur y démêle les rapports complexes de la loi pénale et de la loi morale.



A partir d'exemples précis, François Martineau démontre comment la mise en place d'une loi et la rigueur relative de son application sont indissociablement liées aux fluctuations politiques et sociales.


Ainsi, au XVIIIe siècle, la loi qui régit le crime de sodomie est restée, au moins dans les textes, particulièrement répressive, mais le discours juridique ne correspondait plus à l'état des esprits et des mœurs.

« Tout ce qui est, ne peut être ni contre nature ni hors nature », écrivait Diderot à cette même époque.

Pourtant, au cours du siècle, « une double exécution vint rappeler que les dispositions royales frappant les sodomites de la peine du bûcher n'étaient pas lettre morte. Le 6 juillet 1750. à 5 heures du soir, furent en effet brûlés en place de Grève Jean Diot et Bruno Lenoir, respectivement garde-deniers et cordonnier qui avaient été pris, alors qu'il étaient ivres, en train de se sodomiser sur la chaussée ».


L'autorité judiciaire s'accommodait assez bien de ce que l'homosexualité soit un plaisir d'aristocrates, mais elle ne pouvait tolérer que le vice « infâme » gangrène le peuple. Le XIXe siècle et le début du XXe rétabliront une justice plus équitable en ce sens que tout déviant sexuel sera impitoyablement poursuivi par une loi de plus en plus rigoureuse.


■ Editions J. C. Lattès, 1986, ISBN : 2709604825


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