« L’âge d’or », publié en 1953, est un roman de
l’adolescence, aux airs autobiographiques. Amoureux du monde rude et grave des garçons, le narrateur y évoque, sur un ton enjoué et pudique, les rencontres qui marquèrent sa jeunesse.
Il célèbre, avec une netteté allusive, souveraine d’élégance, le triomphe des corps et la quotidienne déroute de l’amour.
L’extrême beauté du livre vient de cette
contradiction entre un hédonisme paisible et la tragédie sourde. Derrière la transparence des rapports avec Pétrole le marinier, Micha le Russe, le soldat d’Hazebrouck ou le gitan Pédro, la
jalousie, la fureur, le crime se tapissent, qui sont le lot des adultes.
« J’aimerais d’autres êtres et j’en serais aimé sans doute mais c’en était fini de cette grâce qui avait jusqu’à présent ensoleillé ma vie. »
Entre « Le Grand Meaulnes » et « Le Livre blanc » de Cocteau, « L’âge d’or » est un pur chef-d’œuvre. Ou plutôt un chef d’œuvre pur. "Un livre", disait Jacques Brenner, "qu’on ne voudrait mettre qu’entre des mains nettes" (1).
■ Editions Le Dilettante, 1993, ISBN : 2905344598 (et Editions Gallimard, 1998, ISBN : 2070753654)
Du même auteur : Le rôdeur
(1) Histoire de la Littérature française de 1940 à nos jours, Editions Fayard, 1978, ISBN : 2213005923
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