Samedi 17 mai 2008

Dire « pédé », « enculé »… rappelle la hiérarchie des sexualités, et renvoie l’homosexuel à sa place.


Celui qui profère ces mots fait entendre que l’homosexuel ne peut pas partager son univers. Que l’homosexuel ne peut avoir les mêmes droits. C’est ce que clame haut et fort l’insulte. L’exclusion.


« Pédé », « enculé »… ne sont pas que des mots. Car ces mots véhiculent une histoire. Celle de la persécution, de la justification théologique, psychanalytique, psychiatrique. La justification de la mort même des gays et des lesbiennes.


On commence à percevoir maintenant l’homophobie comme un discours de haine alors qu’auparavant elle était nécessaire, indispensable dans l’éducation, particulièrement dans celle des garçons : « être un homme c’est surtout ne pas être une femme, ne pas être un pédé ». Cela fait encore partie de l’éducation de l’homme, du masculin.


Il y a une tyrannie du silence. Les hétérosexuels qui vont chaque jour à leur travail restent hétérosexuels, ils n’y pensent pas, ils sont simplement normaux, ils n’ont pas comme on dit d’« orientation sexuelle » ; seuls les gays et les lesbiennes en ont une. Quand les hétérosexuels sont sur leur lieu de travail, ils parlent de leur mari, de leur femme, ils ont une alliance au doigt… ils s’identifient constamment en tant qu’hétérosexuels par de petits mots codés dont ils n’ont même pas conscience.


Les homosexuels font ce qu’ils veulent dans leur vie privée mais ils ne peuvent se manifester en tant que tel : on tolère leur homosexualité sous condition que cette homosexualité ne soit pas dans l’espace public.


L’homophobie ne serait-elle pas aujourd’hui la peur de l’équivalence entre homosexualité et hétérosexualité ?


par Jean-Yves publié dans : QUESTIONS QUI FONT ou non DÉBATS
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Commentaires

quand Jacky me téléphone au bureau, on me passe la communication d'un "c'est votre ami", quand Jacky vient me chercher, il croise nombre de gens avant de me trouver, Jacky c'est l'ami de Patrick ou de Monsieur S... comme on dit ici. Jamais la moindre anicroche ni d'allusion méchante, ni de tromperie d'ailleurs.
commentaire n° : 1 posté par : patrick (site web) le: 17/05/2008 12:22:55

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[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

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Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



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(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

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Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.

 

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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
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