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Chant funèbre par Federico Garcia Lorca

Publié le par Jean-Yves Alt

En août 1934, dans les arènes de Manzanares, le torero Ignacio Sanchez Mejias meurt d'une mauvaise blessure à l'aine à l'issue d'une corrida. C'est pour Lorca une immense douleur. Des sentiments certainement plus forts que ceux de l'amitié rattachaient le poète au matador. Le « Chant funèbre » qu'il lui dédie est l'un des plus beaux morceaux de la poésie contemporaine :

« Par les degrés déjà monte Ignacio,

Toute sa mort est dans son dos.

Il est en quête de l'aurore et l'aurore n'était pas là,

Il cherche son profil précis et le songe le désoriente.

Il cherchait son corps sans défaut

Et rencontra son sang ouvert... »

Et plus loin :

« Ô Murs blancs de l'Espagne

Et toros noirs de peine !

Ô Le sang dur d'Ignacio et le rossignol de ses veines !

Non, le sang, je ne veux pas le voir !... »

Plus qu'un chant, c'est un cri de révolte et d'amour, amour terrible et brûlé qui dit son nom par sa violence même. Dans chaque vers le cœur est mis à nu et saigne comme saigne le cœur du Seigneur, transpercé de glaives, dans les églises d'Andalousie.


Lire aussi du même auteur : Chanson de la petite folle - Ode à Walt Whitman - A cinq heures de l'après-midi

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