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Le droit du plus fort, un film de Rainer Werner Fassbinder (1974)

Publié le par Jean-Yves

Après avoir gagné quelques millions à la loterie, Franz prolétaire et chômeur se lie avec Eugen, jeune patron désargenté qui va profiter de cette liaison pour renflouer son entreprise, racheter meubles, voiture... pendant qu'il tente d'inculquer les belles manières à Franz.


Mélodrame politique, Le Droit du Plus Fort n’a rien perdu de sa force et de sa lucidité.


Rainer Werner Fassbinder vu par Frédéric Mitterrand :

«Quand il écrit ou quand il tourne Le Droit du plus fort, l’histoire extrêmement triste d’un jeune homosexuel utilisé, spolié et méprisé par ses clients protecteurs, il décrit le mécanisme de l’exclusion sociale, celle qui amène aux camps de concentration et à la mort.»


Mon commentaire :
L’amour est là encore une forme d’aliénation, et la relation de Fox et Eugen n’est rien d’autre qu’une illustration radicale de la lutte des classes. L’homosexualité du couple n’est pas en cause : c’est la notion même de couple où l’un exploite forcément l’autre que montre Rainer Werner Fassbinder.

Cette histoire de dupes et le fossé bourgeoisie/prolétariat sont montrés d'une manière un peu caricaturale. La transposition dans le milieu homosexuel n’est pas l’essentiel car Fassbinder démontre là une morale universelle. Ce qui n’a pas empêché Fassbinder de montrer la nudité masculine et la drague entre mecs, sans inhibition, dans un érotisme suggéré : courageux pour le début des années 70.




« Il y a au moins deux intentions louables dans Le Droit du plus fort : la première est de chercher à représenter dans la vie quotidienne, en Allemagne aujourd’hui, les différenciations de classe, les oppositions de classe, à y inscrire la lutte des classes ; la deuxième est de sortir le monde homosexuel du ghetto mystificateur où il se trouve refoulé. Dans les deux cas, mettre en défaut la société allemande, révéler ce qu’elle cache, ce qu’elle se cache, pour la changer. »


Serge Le Péron, « Cahiers du cinéma », n. 262-263, janvier 1976


Du même réalisateur : QuerelleBerlin Alexanderplatz


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