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Le curieux de La Bruyère vu par Leroy de Barde

Publié le par Jean-Yves


Cette vitrine où sont soigneusement exposés des coquillages pourrait appartenir au « curieux » de Jean de La Bruyère qui parle de quelques unes de ses pièces (son léopard, sa plume, sa musique) comme de ce qu'il y a sur terre de plus singulier et de plus merveilleux.





Alexandre Isidore Leroy de Barde (1777-1828) – Choix de coquillages

Encre noire et gouache, 125cm × 90cm, Département des Arts graphiques du musée du Louvre


« Qui pourrait épuiser tous les différents genres de curieux ? Devineriez-vous, à entendre parler celui-ci de son léopard, de sa plume, de sa musique, les vanter comme ce qu'il y a sur la terre de plus singulier et de plus merveilleux, qu'il veut vendre ses coquilles ? Pourquoi non, s'il les achète au poids de l'or ? Cet autre aime les insectes ; il en fait tous les jours de nouvelles emplettes : c'est surtout le premier homme de l'Europe pour les papillons ; il en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Quel temps prenez-vous pour lui rendre visite ? Il est plongé dans une amère douleur ; il a l'humeur noire, chagrine, et dont toute la famille souffre : aussi a-t-il fait une perte irréparable. Approchez, regardez ce qu'il vous montre sur son doigt, qui n'a plus de vie et qui vient d'expirer : c'est une chenille, et quelle chenille ! »


Jean de La Bruyère, De la mode. Les curieux. 1688.


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