Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Femmes au jardin (1891) d'Edouard Vuillard

Publié le par Jean-Yves

Mon lien avec l’art n'a pas toujours à voir avec le rationnel ou l’objectif, c'est aussi parfois une histoire d'amour, de coup de foudre. Comme pour tout ce qui est important dans ma vie, seules comptent vraiment les œuvres qui entrent dans mon existence par effraction, pourrais-je dire, au moment où je m’y attends le moins.

Ainsi, ce tableau de Vuillard [détail ci-dessous] qui ne semble particulièrement important ni par ses dimensions, ni par sa renommée, ni par la place qu'on lui reconnaît ordinairement dans la carrière du peintre. Ce n'est pas ce qu'on appelle un chef-d'œuvre, reproduit dans tous les livres et résumant le goût de son époque. Non, ce tableau n'est rien de tout cela, et on pouvait passer à côté de lui sans le remarquer à l'exposition du Grand Palais (25 septembre 2003 - 5 janvier 2004).



Pourtant il a arrêté mystérieusement mon regard, et j'y ai découvert je ne sais quel éclat de la couleur, la puissance d'une matière pleine et somptueuse, j'y ai senti aussi comme une hésitation du peintre entre le simple jeu décoratif et esthétique des taches planes et colorées et un réel désir figuratif. Quelle allégresse dans le rendu de ce jardin, dans la brillance dorée des herbes et des fleurs, quelle vie et quel élan dans les plans de couleurs qui représentent ces «femmes au jardin» !


Est-ce la solitude de la bien-aimée que Vuillard a voulu évoquer, le moment où l'amante est séparée de son amant ? Rien dans le tableau ne permet de comprendre précisément le sens de la scène, ni de se repérer avec exactitude dans l'histoire… Le chat au premier plan à droite, qui tourne le dos aux visiteurs pour regarder ces femmes au jardin, m’est apparu comme une humoristique invitation à goûter la beauté de cette peinture sans lui attribuer une signification trop intellectuelle.


Edouard Vuillard (1868-1940), à travers ce tableau, m’a permis surtout de croire un peu plus en ce monde, à en découvrir la saveur mystérieuse qui se révèle dans l'éclat même des coloris : «Plus les peintres sont mystiques, écrivait-il, plus leurs couleurs sont vives.»


Commenter cet article