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Les années et les jours, Gary Glickman

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans le New Jersey, à mi-chemin entre New York et la Pennsylvanie, la famille Levin, après avoir fui l'Europe, dans les années 30, s'est installée. Il y a Rose, la grand-mère, mariée à Max, Zellie, la fille, et Lonnie, la petite-fille, qui s'efforcera de transcrire l'histoire de cette famille aux multiples ramifications. Car il y a aussi les parents, les cousins, les voisins, bref, tous les éléments chaleureux et bruissants de vie de la communauté juive, qui font le point dès qu'ils se rassemblent.

Le roman commence lorsque Gloria, une cousine de Zellie, épouse Schwartz, l'incarnation même de New York. Il se poursuit lorsque Lonnie, des années plus tard, accompagne sa mère à un séder (Pâques juives).

Le début est un peu confus : il y a trop de personnages qui défilent sans qu'on ait le temps de s'attacher à l'un d'eux.

Le roman trouve son rythme grâce au personnage de David, fils de Zellie et frère de Lonnie, médecin, homosexuel, qui vit une histoire d'amour platonique avec Beth, lesbienne, mais qui a du mal à admettre sa sexualité et qui a bien des problèmes avec sa mère. Beth voudrait un enfant de David ; elle cherche tous les moyens pour le décider. Mais celui-ci préfère vivre avec Andrew, que Beth lui a d'ailleurs fait rencontrer. À la fin, toutefois, elle y parviendra, sans qu'une morale familiale soit pour autant imposée.

« Les années et les jours » évoque l'univers familial – traversé par l'homosexualité – de David Leavitt, dans Tendresses partagées. On y trouve le même goût pour la description de la vie quotidienne d'une famille juive, vue à travers les différentes fêtes religieuses qui ponctuent son existence, le même souci de brosser des personnages qui ont un poids réel et auxquels on pourrait facilement s'identifier, la même tendresse pour les rapports entre les différentes générations, qui, malgré leurs divergences, se retrouvent toujours dans un passé commun.

Il manque peut-être au livre de Gary Glickman un nœud central qui structure le récit. L'auteur procède par alternance des époques et c'est entre les lignes que se lisent les événements marquants de l'histoire. Mais c'est la règle de la chronique, faite de détails et de petits riens. Il s'en dégage un charme poétique, qui surgit d'une écriture fine et précise, et une nostalgie qui ne tire jamais vers le sentimentalisme.

■ Les années et les jours, Gary Glickman, Éditions Flammarion/Rue Racine, 1992, ISBN : 2080660489

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