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Félix Vallotton (1865-1925), un vaudois à Paris

Publié le par Jean-Yves

Les couchers de soleil de Félix Vallotton

à la Fondation Pierre Gianadda

Rue du Forum 59

1920 Martigny (Suisse)

18 mars – 12 juin 2005

Félix Vallotton est né le 28 décembre 1865 à Lausanne. À dix-sept ans, il part pour Paris afin d'y parfaire sa formation de peintre à la fameuse Académie Julian, où se formèrent les plus célèbres artistes post-impressionnistes de la fin du XIXe siècle. En dix ans, le jeune Vaudois réussit à se faire un nom sur la scène de l'avant-garde parisienne et bientôt internationale grâce à ses gravures sur bois et ses illustrations en noir-blanc dont le modernisme fit sensation.



À partir de 1899, il se consacra essentiellement à sa peinture, qu'il exposa sans relâche à Paris et en Suisse, mais aussi dans la plupart des grandes expositions internationales. Travailleur acharné, il était sans cesse à la recherche de nouvelles formes d'expression. Ainsi les années de guerre, non sans l'affecter profondément, lui offrirent-elles matière à pousser sa démarche jusqu'aux marges de l'abstraction. La paix revenue, il renoua avec le succès, mais sa mort prématurée le 29 décembre 1925 l'empêcha d'en jouir pleinement.


Vallotton a traité tous les genres en peinture: nature morte, portrait, intérieur, figure, nu, paysage et grandes scènes mythologiques ou allégoriques. Avant la Première Guerre mondiale il était déjà reconnu comme un maître du nu et de la figure. Par la suite ses «paysages composés», restitués de mémoire en atelier, recueillirent une adhésion grandissante. Les sources d'inspiration des paysages sont multiples: la Suisse et surtout la région lémanique où Vallotton revenait régulièrement en vacances; les environs d'Honfleur, dont il fit sa résidence d'été dès 1909, mais aussi bien d'autres régions de France; enfin l'Italie, qu'il visitait régulièrement, et la Russie, où il séjourna en 1913.


L'œuvre de Félix Vallotton est d'une grande diversité puisqu'il comprend plus de 200 gravures, d'innombrables dessins, quelque 1700 peintures, des sculptures, ainsi que de nombreux écrits: trois romans, plusieurs pièces de théâtre, des essais sur l'art et des critiques d'expositions.


LA NATURE À LA LIGNE


La gravure sur bois change sa manière de peindre. Dans ses gravures sur bois, Félix Valloton réalise une concentration radicale des moyens d'expression. Sa technique aplats influence le mouvement international du Jugendstil. Il remet à la mode la gravure sur bois, alors démodée. Ses scènes de la vie quotidienne le rendent célèbre. Il publie ces gravures dans de nombreuses revues, entre autres La Revue blanche qui diffuse les idées et l'esthétique des Nabis. Félix Vallotton s'intéresse à la simplification de l'espace dans le paysage. Avant lui, le coucher de soleil était le théâtre de scènes mythologiques. Il donne son autonomie à ce motif, réduit les couchers de soleil à des fonctions élémentaires. Il va très loin dans l'abstraction des formes, mais aussi dans celle des couleurs.


LES NABIS


Une surface plane recouverte de couleurs : Félix Vallotton a 17 ans lorsqu'il quitte sa ville natale de Lausanne pour aller apprendre son métier de peintre à Paris. Il découvre le musée du Louvre qui devient un de ses endroits préférés, avec ses tableaux de Léonard de Vinci, d'Antonello da Messina ou de l'Allemand Albrecht Dürer. Félix Vallotton aime beaucoup ces peintres de la Renaissance : tous les trois sont de très grands dessinateurs et Félix adore dessiner.

Plus tard, Félix Vallotton entre dans le groupe des Nabis, des jeunes peintres où il a des amis. Le mot Nabis veut dire «prophète» en hébreu. Parmi les Nabis, il y a les peintres Pierre Bonnard, Maurice Denis, Paul Sérusier et Edouard Vuillard. Tous, ils sont très impressionnés par la peinture de leur aîné Paul Gauguin, avec lequel Paul Sérusier a peint en Bretagne. Gauguin leur a montré une nouvelle manière de peindre, différente de ce qu'ils ont appris à l'école des Beaux-Arts : il utilise des couleurs vives, les pose les unes à côté des autres. Ses ombres ne sont plus noires, mais comme les voit son œil : violettes, vertes ou bleues: «Cet arbre, vous le voyez vert ? Mettez donc le plus beau vert de votre palette. Et cette ombre plutôt bleue ? Peignez-la aussi bleue que possible.» Les Nabis vont s'amuser à peindre avec les couleurs, telles qu'elles sortent du tube, sans les mélanger. Mais, ils découvrent aussi les estampes japonaises.



Ils aiment leurs paysages dessinés au trait. Les peintres japonais avaient déjà commencé à simplifier la nature, à isoler des «motifs», un arbre par exemple, pour obtenir un résultat très décoratif. Au lieu d'utiliser la perspective découverte à la Renaissance en Europe, ils superposent les motifs pour donner une impression de profondeur. Ils ont des formats peu courants pour les jeunes peintres d'ici, étirés en hauteur. C'est un héritage des rouleaux sur lesquels on peignait au Japon. Cela permet de nouvelles «compositions», ce qui est la façon dont on arrange les formes, les lignes et les couleurs dans un tableau. La peinture de Gauguin, plus les estampes japonaises : les jeunes Nabis ont trouvé leur style.

« Un tableau, avant d’être un cheval de bataille ou une femme nue, est une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »


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