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Les défaitistes, Louis Dumur (1923)

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans ce roman, encore une fois l'homosexualité sert de base à des actions moralement condamnables : antipatriotisme, destruction morale et politique de la société.

L'efficacité d'une séduisante espionne – Léopoldine d'Arpajac – dépend essentiellement de son potentiel sexuel. Son lesbianisme, sa liaison sulfureuse avec Mata-Hari et ses intrigues qui servent l'Allemagne par la désorganisation morale de l'arrière, énoncent sa perfidie.

Cette vision de l'homosexualité féminine suggère une arme secrète : l'utilisation du voyeurisme mâle, grâce auquel Léopoldine parvient à soutirer des renseignements.

L'excitation que provoque en lui l'étreinte de deux femmes rend le héros du roman, un Danois gagné à la cause allemande, parfaitement vulnérable aux entreprises de Léopoldine. Cette supériorité que ses pratiques sexuelles lui donnent sur les hommes, la jeune espionne l'emploie à des manipulations criminelles.

Toutefois, une dimension mystérieuse baigne la profondeur de cette liaison lesbienne. L'énigme qu'elle pose éclate dans une scène étrange. Au moment même de l'exécution de Mata-Hari, Léopoldine s'identifie à sa maîtresse au cours d'une crise de somnambulisme télépathique. Les implications de cet ésotérisme irrésistible sont aussi claires que pompeuses : la lesbienne est la proie de forces déchaînées qui l'amènent à commettre inconsciemment des crimes. Elle peut plaider une certaine innocence morale, car elle est victime d'une implacable fatalité.

L'homosexualité apparaît ainsi comme le ressort involontaire et terrible d'une existence vouée à la déraison et à la destruction de l'ordre social.

■ Les défaitistes, Louis Dumur, Éditions Albin Michel, 1923


Du même auteur : Nach Paris !

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