Nelson Rodriguez Leyva, écrivain cubain, fut déporté dans un camp de concentration réservé aux homosexuels. Après trois ans de travail forcé, il fut réformé pour maladie mentale. En 1971, il tenta avec son ami, âgé de seize ans, de détourner muni d'une grenade, un avion vers la Floride. Il échoua. Nelson Rodriguez et son ami ont été fusillés.

 

C'est à Nelson Rodriguez, dans la dédicace appelé « Nelson dans les airs » que Reinaldo Arenas aujourd'hui réfugié aux États-Unis dédie son quatrième roman édité en France Arturo, l'étoile la plus brillante.

 

Arturo est lui aussi enfermé dans un camp de travail pour homosexuels. Dans le livre, le camp est bien là avec ses miradors, ses flics, ses gifles, ses crimes. L'institution carcérale fonctionne bien. Les « folles » jouent le rôle que la répression attendait d'eux. Dans le drame de leur emprisonnement, ces hommes, pour éviter la mort, le pire dans la répression, font « la folle », s'épuisent pour « réduire la dimension de la tragédie, de l'éternelle tragédie de la soumission, de leur éternelle infortune, à la simple stridence d'un chahut... aux battements de cils très marqués, à la grimace, à la parodie ». Folles que les matons se « mettent » dans les coins.

 

« J'ai vu un lieu suprêmement lointain habité par des éléphants royaux. » C'est la première phrase de ce court récit. Arturo, le héros-narrateur a décidé d'écrire. Contre tous : les flics et ses compagnons de détention. Arturo à qui on refuse du papier, vole les règlements du camp pour écrire en marge.

 

Le monde imaginé par Arturo est un décor euphorique, pauvre d'être démesuré ; effort impossible par l'imaginaire pour sortir son corps bien réel, lui de l'oppression. Un monde abruti, où l'offense est de chaque instant. Le rêve se mélangera au réel.



Ce récit interdit de dire qu'Arturo a perdu la raison. Arturo est un adolescent. Il sera abattu par ses gardiens.



■ Éditions Mille et une nuits, 2004, ISBN : 2842058666

 


Du même auteur : Avant la nuit - Le Palais des très blanches mouffettes

 

Publié dans : LIVRES
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    Le Contrat Universel : au-delà du « mariage gay »

 

 

Lionel Labosse

 


 

« Le mariage de Bertrand »

 

 

Essobal Lenoir

 


 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

 

 

Photographie de argentyk – 2004



Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur

 


 

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(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

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André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)

 

 

 

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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

 

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