Mercredi 28 juin 2006

ou une BD ambiguë


Jo est une BD qui a été conçue au début des années 90 pour sensibiliser les jeunes à la séropositivité et au sida mais les messages véhiculés sont douteux. Et ce sont les toxicos et les pédés qui trinquent.


L'héroïne, Jo, est une jeune fille de bonne famille style "bcbg" libérée, joueuse de tennis et vivant avec des parents évidemment yuppies. Amoureuse de Laurent, un musicien dont le frère est mort du sida, cette fille à papa se découvre séropositive. Ses parents n'acceptant pas son état, Jo quitte sa famille pour vivre avec son petit ami chez un copain. Elle organise les concerts du groupe rock de Laurent et vit dans un monde de musicos. Mais malgré l'amour de ses amis, l'état physique de Jo se dégrade, elle meurt seule à l'hôpital et est enterrée par tous les gens qui l'ont aimé. Laurent compose alors une chanson à sa mémoire.


Cette love-story mélodramatique est cousue de fil blanc. On y retrouve beaucoup de clichés manichéens :

● Cliché des parents vieux cons qui empêchent leur progéniture de vivre leur vie, opposés aux ados purs et pleins de rêve.

● Clichés effrayants sur les toxicomanes, présentés dans des tons marron et noir, avec de sales gueules hirsutes, caricatures qui vivent dans un squatt destroy, font l'amour sur des paillasses ou se shootent dans un parc à la zurichoise.

● Allusions à l'homosexualité plus que douteuses : quand Laurent et Jo flashent l'un sur l'autre et qu'il angoisse parce qu'il pense à son frère mort du sida, il dit qu'il n'est pas bien dans sa tête. Et Jo ajoute finement : T'es pas homosexuel au moins. Bob, le bisexuel qui a contaminé Jo, est bien entendu seul, paumé, hâve, et il déclare : Je suis navré d'avoir infecté Jocelyne mais ça n'y change rien... J'ai vingt-cinq ans et je vais crever... Demain... Dans un mois... Dans un an... Quelle vision des homos et des bisexuels et de leur solidarité !

Points positifs : il est important de voir se dégager dans cette histoire la notion que le sida peut arriver à tous, même à une jeune fille "bcbg" et pas seulement aux toxicos ou aux homos. La fraternité entre jeunes qui aident Jo, l'amour entre l'héroïne séropositive et un séronégatif sont aussi des messages porteurs.


Le problème, c'est que les personnages sont trop difficilement identifiables par les jeunes. Le contexte socio-culturel n'est pas clair. Pour les toxicomanes, il est caricatural. Les allusions à l'homosexualité vont à rencontre d'une intégration sociale.


■ Editions Le Lombard, 1999 (réédition), ISBN : 2803614049



Lire aussi la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualité.com


 

Texte Libre



Texte Libre 1

 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004


Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



RECHERCHE THEMATIQUE par TITRE

 

Littérature & Homosexualité

 

 

Littérature jeunesse & Homosexualité

 

 

Histoire & Homosexualité

 

 

Cinéma & Homosexualité

 

 

Philosophie

 

 

Arts

 

 

Citations & Homosexualité

 

 


 

Rechercher

Calendrier

Octobre 2008
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Texte Libre 2

 

 

 

 

 

 

 

 

"Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles."
(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

 affiche-affiche-pierre-et-gilles-contre-homophobie.jpg

 

 

 

« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)

 

ISIDOR.jpg

 

 

« Tout est vrai, le temps d’un texte. »
Kirsty Gunn

 

 

 

undefined

 

 follement-gay-lyon.gif

 

« Je crois aussi qu'on ne meurt pas avant d'en avoir secrètement, tenacement le désir. »
Tony Duvert

 

Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.

 

REFERENCE-INFO.jpg

 

undefined

 

C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

 

Esprits Libres: votre Magazine

 


 

ASSOCIATION
POUSSE-POUSSE

 

undefined

 

Aidons les enfants du Vietnam

 


 

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus