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Jo une bande dessinée de Derib

Publié le par Jean-Yves Alt

ou une BD ambiguë

Jo est une BD qui a été conçue au début des années 90 pour sensibiliser les jeunes à la séropositivité et au sida mais les messages véhiculés sont douteux. Et ce sont les toxicos et les pédés qui trinquent.

L'héroïne, Jo, est une jeune fille de bonne famille style "bcbg" libérée, joueuse de tennis et vivant avec des parents évidemment yuppies. Amoureuse de Laurent, un musicien dont le frère est mort du sida, cette fille à papa se découvre séropositive. Ses parents n'acceptant pas son état, Jo quitte sa famille pour vivre avec son petit ami chez un copain. Elle organise les concerts du groupe rock de Laurent et vit dans un monde de musicos. Mais malgré l'amour de ses amis, l'état physique de Jo se dégrade, elle meurt seule à l'hôpital et est enterrée par tous les gens qui l'ont aimé. Laurent compose alors une chanson à sa mémoire.

Cette love-story mélodramatique est cousue de fil blanc. On y retrouve beaucoup de clichés manichéens :

● Cliché des parents vieux cons qui empêchent leur progéniture de vivre leur vie, opposés aux ados purs et pleins de rêve.

● Clichés effrayants sur les toxicomanes, présentés dans des tons marron et noir, avec de sales gueules hirsutes, caricatures qui vivent dans un squatt destroy, font l'amour sur des paillasses ou se shootent dans un parc à la zurichoise.

● Allusions à l'homosexualité plus que douteuses : quand Laurent et Jo flashent l'un sur l'autre et qu'il angoisse parce qu'il pense à son frère mort du sida, il dit qu'il n'est pas bien dans sa tête. Et Jo ajoute finement : T'es pas homosexuel au moins. Bob, le bisexuel qui a contaminé Jo, est bien entendu seul, paumé, hâve, et il déclare : Je suis navré d'avoir infecté Jocelyne mais ça n'y change rien... J'ai vingt-cinq ans et je vais crever... Demain... Dans un mois... Dans un an... Quelle vision des homos et des bisexuels et de leur solidarité !

Points positifs : il est important de voir se dégager dans cette histoire la notion que le sida peut arriver à tous, même à une jeune fille "bcbg" et pas seulement aux toxicos ou aux homos. La fraternité entre jeunes qui aident Jo, l'amour entre l'héroïne séropositive et un séronégatif sont aussi des messages porteurs.

Le problème, c'est que les personnages sont trop difficilement identifiables par les jeunes. Le contexte socio-culturel n'est pas clair. Pour les toxicomanes, il est caricatural. Les allusions à l'homosexualité vont à rencontre d'une intégration sociale.

■ Jo une bande dessinée de Derib, (1991), Editions Le Lombard, 1999 (réédition), ISBN : 2803614049


Lire aussi la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualité.com

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Hervé 20/09/2018 15:34

J'ai lu cette bd de Derib à l'époque et encore maintenant ( pour votre gouverne,et comme vous semblez l'ignorer, elle figure encore dans beaucoup de bibliothèques d'établissements, municipales et est lue par les jeunes ( et les plus âgés)). Je ne vais pas paraphraser les propos d'Edwige pour autant je reste dubitatif sur votre manière de critiquer cet ouvrage et persister à ne pas vouloir entendre son propos (celui d'Edwige). Démonter d'une manière aussi navrante une oeuvre visant à parler du sida ( avec ses qualités et ses défauts) est bien dommage. Derib comme vous le savez j'espère (?) a réalisé cette création avec des personnes concernées, des jeunes, des malades, des médecins qui connaissent bien ce thème...Bref même si l'histoire est simple et ne cherche pas le prix Goncourt, elle a le mérite de parler du Sida et d'essayer toucher un large public. Ne rien dire, ne rien faire et critiquer est tellement plus simple... Et je trouve pour reprendre vos mots que votre "critique" négative et non- réponses /esquives n'ont eux "aucun sens" ou utilité. Ou peut être celui de vouloir glorifier votre petit égo. Toutes les énergies positives, petites ou grandes sont utiles pour avancer mais vous allez répondre que c'est aussi "cliché".

Jean-Yves Alt 21/09/2018 04:47

J'entends votre réponse et la respecte. Malgré vos arguments pertinents, je maintiens que cette BD présente une vision qui correspond à l'époque de sa publication mais qui est dépassée aujourd'hui.

Edwige 06/07/2016 20:03

Commentaires et analyse lamentable et debile... Mais la liberté d'expression est précieuse alors soit.... Cependant j'étais ado quand cette bd est sortie et elle m'a marqué dans le sens où elle m'a fait prendre conscience du fait que l'on peut contracter cette maladie dès le premier rapport ou à l'occasion d'un seul rapport non protégé... Loin des clichés qu'à mon age je ne percevais pas et que je ne perçois toujours pas aujourd'hui... Le message est aussi que cette sale maladie touche tous les statuts sociaux et même les "bcbg" yuppies pour reprendre vos propres termes peu élogieux... Cette bd doit je pense continuer à exister dans les lieux de cultures qui sont à la portée des ados.... Cette bd est une action, une initiative, un acte concret pour aborder et faire connaître une maladie franchement abominable... Juste 2 questions à vous qui portez si aisément tous ces jugements : qu'avez-vous fait de concret pour sur ce thème qu'est le sida ? Quel est votre acte d'Homme pour aider la société ? Cordialement

Jean-Yves Alt 06/07/2016 20:52

Je me permets de vous contredire. Cette BD n'a plus - aujourd'hui - qu'un intérêt historique. Pour se rappeler comment ce sujet était abordé au début des années 90. Sa première publication remonte à 1991. Le regard sur les séropositifs et sur cette maladie a totalement changé. Quant à vos deux questions finales, elles n'ont aucun sens ici. Ce blog n'est-il pas déjà un "acte d'Homme" pour aider - non pas la société - mais peut-être quelques êtres humains ?