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Dans les eaux de Poussin et de Courbet

Publié le par Jean-Yves


Nicolas Poussin, peintre du classicisme, tire ses sujets de la Bible et de la littérature de l'Antiquité.

Pour «Midas se lavant à la source du Pactole» (1627), il se fonde sur les Métamorphoses d'Ovide (Livre XI).

Il reprend la légende du roi Midas qui changeait tout ce qu'il touchait en or. Ne pouvant plus boire ni manger, le roi demande à être délivré de son enchantement. Il doit alors se baigner dans le fleuve Pactole qui depuis ce temps charrie des paillettes d'or dans ses eaux. Poussin a choisi de représenter Midas se baignant sous le regard du Fleuve Pactole qui prend la forme d'un homme couronné et à demi nu.






Nicolas Poussin, Midas se baignant à la source du Pactole, huile sur toile, 1624, 97 x 72 cm

Gustave Courbet, La source, huile sur toile, 1862, 120 x 74 cm


Bien plus tard, en 1862, Gustave Courbet brouille les genres.

Sa « source », est-ce une déesse de la forêt ou une simple baigneuse ? Je penche volontiers pour la seconde solution. Courbet n'utilise pas le langage de l'allégorie ; ici, ni cruche symbolisant la source ni putti, aucun objet qui donne un indice sur l'identité de la femme. En refusant les conventions, Gustave Courbet donne le coup d'envoi à un nouveau mouvement en peinture, le réalisme. Et, de ce fait, il me touche plus intimement que ne le fait Nicolas Poussin.


J’ai pu voir ces deux peintures à l'exposition « Chefs-d'œuvre de la peinture européenne du Metropolitan Museum of Art, New York », à la Fondation Gianadda à Martigny (Suisse).


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