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Le vin, nectar des dieux au Musée de la civilisation celtique de Bibracte

Publié le par Jean-Yves

Produite par le pôle archéologique du département du Rhône, cette exposition au musée de Bibracte sur le vin des Gaulois et tout ce qui s’y rapporte procure aux visiteurs de multiples étonnements ; par exemples face à une éprouvette contenant du vin rouge vieux de 2000 ans, retrouvé récemment dans un bateau coulé près des côtes de Provence ou devant un fragment de jarre découverte en Iran et ayant contenu du vin 5400 ans avant Jésus-Christ.

Apparu il y a environ 8000 ans, le vin a conquis toutes les civilisations antiques. Les Gaulois contemporains de Vercingétorix en étaient friands, mais n’en produisaient pas. La vigne n’était pas présente en Gaule et le précieux breuvage arrivait de Grèce, d’Espagne ou d’Italie pour être consommé pur et à outrance par les Gaulois, ce qui leur procurait d’ailleurs une notoriété de barbares incultes, le produit étant coupé d’eau et bu avec modération par les autres ethnies.


Ainsi, les Grecs faisaient montre d’une organisation bien réglée lors de leurs libations collectives. Réunis autour du maître de maison, la discussion s’instaurait afin de définir, avec l’accord de tous, la quantité d’eau à ajouter au vin afin de garder ses esprits.


De ce commerce, de cette consommation, il reste de nombreuses traces, dont 250 sont rassemblées dans les vitrines de l’exposition temporaire du Musée de la civilisation celtique de Bibracte, au Mont-Beuvray près d’Autun (71). Les ustensiles relatifs au vin y sont nombreux. Au hasard des vitrines, un seau en buis cerclé de bronze, de multiples céramiques étrusques, éduennes ou romaines, de l’argenterie, des services à banquets, des cornes à boire (récipients sans pied que l’on ne pouvait reposer, facilitant le remplissage permanent... ) Les amphores, premiers contenants à usage unique de l’histoire de la consommation, dont certaines proviennent du site même des fouilles, sont également éloquentes. Leur forme, la manière dont elles sont bouchées et surtout leurs estampilles sont très parlantes. Ces sceaux, véritables étiquettes de l’époque, indiquent par des sigles (Arte, Nic, Cephori, Flac, Csex, Aca...) la provenance ou le nom du négociant.


De grands panneaux permettent au visiteur d’aborder le rôle social du vin à cette époque. Un rôle de la plus haute importance. Sa consommation en disait long sur le rang du buveur.


Par ailleurs, considéré comme un symbole du sang humain, il tenait grand place dans les cérémonies religieuses et sacrifices où il coulait en quantités phénoménales, versé dans des puits pour abreuver les dieux de la Terre avant d’en faire de même pour les gosiers.


Voyageant par bateau, puis en chariots, le vin effectuait un long parcours avant d’arriver en Gaule. Le souci majeur était donc de lui assurer une bonne conservation. D’abord, les amphores étaient scellées à l’argile ou au plâtre. Ensuite, selon les savoir-faire et les disponibilités locales, on ajoutait au vin de la poudre de marbre, de l’eau de mer, des graines, du sel, de la résine de térébinthe... Rouge ou blanc, et quel que soit le traitement, le goût n’avait rien à voir avec le produit d’aujourd'hui. Vous pourrez même déguster dans un petit gobelet en terre cuite (que vous emporterez en souvenir) un vin reconstitué à l’authentique par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne à partir des recettes de Pline et Columelle, et avec la complicité des archéologues de Bibracte. Etonnement garanti…


Exposition temporaire du 22 avril au 13 novembre 2005


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