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Le trouble-crime, Jean-Pierre Ferrière

Publié le par Jean-Yves

Philippe et Maxime se sont connus pendant leur service militaire. Une amitié exclusive, passionnée est née entre eux. Une amitié qui a tous les visages de l'amour.




« Brandissant la flamme de son briquet, Maxime descendit l'allée centrale et choisit pour s'asseoir le second fauteuil de la sixième rangée de gauche. Philippe vint occuper le premier et regarda machinalement l'écran. Le briquet en poche, Maxime s'enfonça dans son siège en soupirant. Tout naturellement, il posa sa tête sur l'épaule de Philippe qui goûta pleinement cet instant d'abandon et l'étrangeté du décor. Puis Maxime parla ou plutôt chuchota comme s'il était au bord du sommeil :

- Ne crains rien ; je ne te laisserai jamais tomber.

- J'en suis sûr.

- On aura la belle vie, tu verras.

- Oui.

Se redressant à peine, Maxime prit Philippe par le cou, l'attira contre lui et plaqua sa bouche sur celle de son camarade. Bien que saisi et sensible au léger parfum aigre qu'exhalait la chemise souillée de Maxime, Philippe ne se déroba pas. Au contraire. Mais déjà, Maxime repoussait doucement Philippe en murmurant :

- Non pas ici. Tu mérites mieux que ça.

Philippe faillit répondre : "Comment pourrais-je avoir mieux que ça ?", mais il n'osa pas contrarier Maxime qui, à nouveau tassé dans son fauteuil, cherchait une épaule pour y coller sa joue. Blottis l'un contre l'autre, ils ne bougèrent plus. Bientôt, la respiration forte et régulière de Maxime apprit à Philippe que son ami s'était endormi. » (page 18)

Quand Maxime termine son service. Philippe a encore trois mois à tirer. Ensuite il doit rejoindre son ami à Paris et alors commencera pour eux une nouvelle vie.


Mais quand Philippe arrive à la gare de l'Est, pas de Maxime. Il se rend à son appartement qu'il trouve dévasté par des cambrioleurs.


Dès lors, il n'a de cesse de retrouver celui qu'il aime. Mais il n'est pas le seul à vouloir mettre la main dessus et découvre peu à peu la face cachée de Maxime, tour à tour maître-chanteur, gigolo, dealer...


Dans cet univers parisien qu'il aborde un peu éberlué, Philippe conserve malgré tout l'innocence et la ferveur qui avaient enchanté le très séduisant Maxime.


Jean Pierre Ferrière a écrit un remarquable suspense au masculin, toujours crédible. On s'attache vite au jeune Philippe et à sa quête passionnée du garçon qu'il aime.


Une belle réussite qui intègre le petit monde parisien homosexuel à un polar dans la meilleure tradition du genre.


Editions MC Productions, collection Plumes Noires, 1996, ISBN : 2877645126




Du même auteur : Le diable ne fait pas crédit


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