Mercredi 13 août 2008

Brian a quitté sa femme pour vivre avec Mark. Au moment où il va mourir, elle revient.

 

Dans une ferme-clinique californienne, deux hommes et une femme vivent leurs derniers jours. Condamnés par la médecine, ils sont installés dans de confortables bungalows où ils peuvent accueillir leurs proches. Dans l'ensemble, la maladie ne les a pas trop diminués et même s'ils sont rongés à l'intérieur, comme dit l'un d'entre eux, ils peuvent faire bonne figure devant les visiteurs.

● Felicity (Sylvia Sidney) est une vieille dame impotente (elle se déplace en fauteuil roulant) et acariâtre. Elle houspille son médecin et sa fille Agnès (Melinda Dillon) qui la chaperonne pourtant avec patience. Mais elle n'a plus toute sa tête et attend la venue de son autre fille Claire, morte depuis de longues années...


● Joe (James Broderick) reçoit la visite de sa femme et de son jeune fils. Par son comportement hystérique, Maggie (Valerie Harper) exprime son refus de voir la réalité en face : le décès prochain de son mari. Elle n'a pas eu le courage, comme il le lui avait demandé, de dire la vérité à leur fils. Mais celui-ci s'avère au courant, tout en l'ayant caché par pudeur. Sa joie de vivre, à la limite de l'indifférence affichée, apporte à Joe ses moments de simple bonheur qu'il n'a jamais su partager avec sa femme...


● Brian (Christopher Plummer) a choisi de tourner sa fin prochaine en dérision. Intelligent, cultivé, plein d'esprit, il se veut combatif, même si la douleur ne l'épargne pas. Il est divorcé et vit aujourd'hui avec son amant, Mark (Ben Masters). Pendant une séance de psychanalyse-vidéo (!), son ex-femme arrive au bungalow et rencontre Mark. Dire que cette première rencontre se passe bien serait difficile ! Bervely (Joanne Woodward), excentrique et saoule, ne peut que se heurter avec le jeune homme grave qui partage les derniers instants de son ancien mari. Elle poussera même la provocation jusqu'à lui lancer : « Vous n'avez pas du tout l'air d'une folle ! ».

Très heureux avec Mark, Brian l'est aussi de revoir Beverly. Ils évoquent des souvenirs, boivent du Champagne sous l'œil réprobateur du jeune homme. Mais les masques tombent vite : Berverly montre l'émotion et le désarroi cachés par son exhibitionnisme et Mark parle de son amour pour Brian, de la tendresse et du réconfort qu'il lui apporte mais aussi du courage qu'il lui faut avoir, parfois, pour supporter la maladie, les crises et surtout la perspective de la fin, aussi proche qu'inéluctable.

 

Ce film n'est pas un mélo. Jamais il ne s'apitoie sur le sort des personnages. S'il gomme avec pudeur les aspects cliniques de la maladie, il ne cache rien des doutes, des dégoûts, des douleurs, des colères qui peuvent naître chez les trois mourants comme chez leurs proches. C'est l'émotion la plus pure, la moins fabriquée qui porte chaque séquence. Certaines scènes sont déchirantes, d'autres amusantes mais au bout du compte l'espoir seul importe.

L'espoir d'une vieille dame qui veut revoir sa fille avant de mourir, l'espoir d'un père dont le fils réchauffe le cœur, l'espoir d'un homme qui vit au plus fort son amour pour un autre homme jusqu'au dernier instant...

par Jean-Yves publié dans : FILMS
 

Texte Libre



Texte Libre 1

 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004


Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



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"Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles."
(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

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« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)

 

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« Tout est vrai, le temps d’un texte. »
Kirsty Gunn

 

 

 

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« Je crois aussi qu'on ne meurt pas avant d'en avoir secrètement, tenacement le désir. »
Tony Duvert

 

Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.

 

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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

 

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