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Réflexions d'enfants devant un tableau de François Boucher de la collection du Musée Pouchkine présentée à Martigny

Publié le par Jean-Yves



Deux jeunes femmes à demi nues sont assises à la lisière d'une forêt, à l'ombre d'arbres et de rosiers en fleurs, un ruisseau coulant à leurs pieds. L'une, au front orné d'un croissant, enlace tendrement l'autre en lui caressant le menton, prêt à lui prendre un baiser. Au-dessus de leurs têtes, des "Amours" folâtrent avec une guirlande de fleurs. Les deux femmes et la blancheur d'albâtre de leurs corps, leurs joues empourprées, leurs regards langoureux, la bouche vermeille entrouverte forment une scène très sensuelle à laquelle deux enfants présents à l'exposition de Martigny n'ont pas manqué d'être interpellé.




« - Maman, tu as vu, il y a deux femmes prêtes à s’embrasser.

La mère se dirigeant vers la légende de ce tableau. - Ce sont Jupiter et Callisto.

- Mais Jupiter, c’était bien un homme ?

-Oui… bien je ne connais pas le sens de ce tableau. »



François Boucher, Jupiter et Callisto, vers 1744, Musée Pouchkine, Moscou, 98x72 cm.

(Cliquer sur le détail de ce tableau pour le voir en entier)



Effectivement, il n'est pas facile pour quelqu'un du 20e siècle de saisir le sens de ce tableau qui ne montre d'ailleurs aucunement une liaison homosexuelle. François Boucher a puisé - comme beaucoup de ses contemporains - son inspiration dans les "Métamorphoses d'Ovide" pour cette scène amoureuse dans le style rococo. Pour séduire la nymphe Callisto, Jupiter se présente devant elle sous les traits de Diane Chasseresse. On devine à l'arrière l'aigle symbole de Jupiter (ci-contre) en réponse au carquois et aux flèches de Callisto. Pour séduire la nymphe Callisto, Jupiter se présente sous les traits de sa protectrice, la déesse Diane. Boucher montre la scène de séduction par Jupiter de la nymphe Callisto favorite de Diane, en suivant le texte du poète romain :


« [...] [la vierge Callisto] entra dans le bois dont le temps n'avait abattu aucun arbre. Là, après avoir déchargé son épaule du carquois, détendu son arc flexible, sur le sol tapissé d'herbe elle reposait couchée [...]. Quand Jupiter la vit, lasse et sans protection [...]. Aussitôt il prend l'apparence et les atours de Diane et dit : « Ô jeune fille, qui fait partie de mes compagnes, sur quelles crêtes as-tu chassé ? »


La jeune fille se soulève de sa couche de gazon et : « Salut, dit-elle, ô déesse plus grande, à mon sens - je consens qu'il m'entende lui-même - que Jupiter. »

Lui, rit en l'entendant, tout heureux de se voir préféré à lui-même, et l'embrasse. Baisers trop passionnés et tels que ne serait en donner une vierge ! »


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