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Confiture, un film de Lieven Debrauwer (2005)

Publié le par Jean-Yves

Tuur le cordonnier et sa femme Emma célèbrent leurs noces d'or. La famille et le village entier s'associent à la fête. Pourtant Tuur fait la gueule, il refuse de jouer le jeu des conventions sociales que sa femme accepte. En milieu de soirée, il abandonne tous les convives… sa femme essaie en vain de le faire revenir. Elle pense qu'il va alors se coucher. Ce n'est que le lendemain matin qu'elle comprend qu'il est parti suite à un quiproquo que je ne détaillerais pas ici.


Il s'est réfugié en désespoir de cause chez sa sœur Josée, une lesbienne qui vit avec son amie Odette. Elles tiennent un cabaret kitsch où elles se produisent. C'est pour cela qu'il ne l'avait pas revue depuis plusieurs années. Josée prévient Emma que son mari est chez elle.


Emma, qui supporte déjà l'autre sœur de Tuur, Gerda, handicapée et tyrannique, refuse d'aller chercher son mari. Se retrouvant seule pour s'occuper de la cordonnerie, elle en profite pour s'organiser une vie plus volontaire que par le passé.


En plus de réparer des chaussures, elle va vendre aussi des confitures. Pendant ce temps, Tuur découvre le milieu festif dans le cabaret lesbien de sa sœur. Sa rencontre avec la "dame pipi" du cabaret le fera réfléchir à la vie qu'il a menée jusqu'à ce jour avec sa femme. Il comprend alors qu'il l'aime et veut retourner chez lui. Sa femme, malheureusement pour lui, n'a pas la même envie. Il faudra la mort de Gerda pour voir se reformer le couple.


Malgré la thématique abordée (crise conjugale chez les seniors) ce film est nullement déprimant, bien au contraire : si les personnages n'ont plus 20 ans, ils ont gardé de l'énergie mêlée de quantité de tendresse.


L'atmosphère étriquée du début du film fait merveilleusement écho au côté ado fugueur de Tuur ainsi qu'à la nouvelle volonté farouche de sa femme. Même Gerda la sœur qui crache sa rage à ceux qui veulent bien l'entendre, montre peu à peu un côté touchant.


J'ai beaucoup apprécié les décors noyés par les bibelots, les papiers peints chargés… qui mettent en exergue l'étouffement vécu par les personnages.


J'ai aussi particulièrement aimé le parallèle entre la nouvelle boutique "sucrée" d'Emma où elle fait des confitures et le cabaret lesbien où navigue Tuur : Josée et Odette sont formidables dans leur rôle. Une énergie tendre circule entre ces deux espaces et gagne progressivement tous les personnages.


Lieven Debrauwer maîtrise à perfection la description des comportements de chacun en évitant les clichés sur les seniors et les lesbiennes âgées qui ne sont pas forcément les éternels ordinaires perdants.


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