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Une des figures qui a marqué mon enfance

Publié le par Jean-Yves

Un visage, volontairement inexpressif, au regard fixe, insistant. Des mains hypertrophiées et très stylisées. L'une, ouverte, attirant, l'autre, index et majeur tendus, comme si elle allait me marquer au front. Image de souveraineté.


Cette sculpture me fait penser au Christ Roi dans sa mandorle, aux statues en majesté de la Vierge, où tout se concentre en posture plus qu'en mouvement.


Frontalité, ostentation d'un corps-reliquaire, mais aussi d'un corps-livre, traité comme le plat d'une reliure : feuilles d'argent et de cuivre repoussées, gemmes et pierres. Un corps que l'orfèvre a voulu éloquent au-delà de la mort.




Un saint en majesté

Trésor de la spiritualité médiévale, ce type de reliquaire se multiplie aux XIe et XIIe siècles dans le sud de la Gaule, en Auvergne et en Aquitaine. Ces figures de saint à mi-corps, en bois revêtu de métal précieux, brillaient de toute leur majesté dans la pénombre des sanctuaires. On les rassemblait aussi, à l'occasion de «cérémonies d'ostension», comme celles des assemblées de la paix. Devant elles, les chevaliers juraient de respecter la paix de Dieu instituée par l'Église pour entraver les violences féodales.


Buste reliquaire de Saint Césaire

Eglise de Maurs (Cantal)


Des reliques déplacées

Au XIe siècle, le culte des saints connaît un nouvel essor, favorisé par la mise à l'abri, devant les invasions, de leurs reliques. Ces translations expliquent qu'on les ait honorés dans des lieux parfois très éloignés de leur sépulture originelle. Ainsi saint Césaire, évêque d'Arles qui a été l'objet d'une vénération dans sa ville refuge de Maurs.


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