Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Miss Mona, un film de Mehdi Charef (1986)

Publié le par Jean-Yves

Perruquée, maquillée, talons hauts et tout le tralala, c'est Miss Mona sur son trottoir. Un travelo sur le retour, incarné par Jean Carmet le film de Mehdi Charef.



Miss Mona n'est pas heureuse. Malgré son "amour" pour Marilyn Monroe, elle vit une cinquantaine douloureuse, dans une peau qui n'est pas la sienne. Sa passion pour le jeune travailleur immigré clandestin Samir (Ben Smaïl) va provoquer son destin.


Son appétit de vivre nous emporte dans les bas-fonds d'une capitale glauque et nauséabonde, où la corruption et la prostitution, le vol et la mort, sont les seules armes de combat. Un monde peuplé d'homosexuels et d'immigrés, marginalisés à l'extrême, d'une douleur noire, difficilement supportable.


Medhi Charef, le réalisateur se préoccupe des exclus, "les extra-terrestres" comme "ils disent", parce que la loi n'est pas faite pour eux.


L'originalité du scénario, c'est la rencontre des deux protagonistes, qui apparemment, bien qu'exclus, ne sont pourtant pas branchés sur la même longueur d'ondes. L'immigré clandestin a besoin de papiers et, pour ce faire, accepte la proposition de Mona, la prostitution masculine, bien qu'il ne soit pas homosexuel, et que son problème est de pouvoir assumer sa virilité. Quant à Mona, elle n'a de cesse d'économiser suffisamment pour s'offrir l'opération qui lui donnera le sexe qu'elle a choisi.


La trame du film est simple, le texte limité, tout se joue sur les attitudes et les mouvements. La caméra déambule dans les zones chaudes, et insoupçonnées, d'une capitale en rut, où le sexe se vend bien. Parallèlement à nos deux héros, Charef introduit un troisième personnage conducteur de métro, errant désespérément à la recherche du partenaire idéal qui saura lui donner du plaisir.


Un film grave et douloureux, donc. A bien des égards, "Miss Mona" peut être comparé à "L'Homme blessé", dans une version plus cosmopolite.


J'ajoute, pour terminer, que Jean Carmet est prodigieux, c'est un de ses plus beaux rôles. Ne manquez pas la scène où il parodie Marilyn Monroe dans "Sept Ans de réflexion", en robe blanche et perruque blonde sur une plaque d'aération…


Commenter cet article