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2 garçons, 1 fille, 3 possibilités, un film d'Andrew Fleming (1994)

Publié le par Jean-Yves Alt

Deux garçons, une fille, trois possibilités est une comédie sexy et branchée traitant d'amours triangulaires. L'histoire fait penser un peu au film de Truffaut, « Jules et Jim ».

Quand on enferme dans la même chambre universitaire une fille et deux garçons, il y a trois possibilités. Soit la fille couche avec le premier garçon, soit la fille couche avec le second, soit les deux garçons couchent ensemble. C'est cette question de probabilités que se propose d'examiner cette petite comédie un peu hypocrite.

Pour qu'aucune des trois possibilités ne soit exclue, un des garçons est pédé (donc littéraire, raffiné, sensible avec tous les clichés afférents), l'autre est hétéro (donc sportif, sexy, un peu lourdaud etc.). Bien entendu, la fille tombe amoureuse du pédé, tandis que le pédé tombe amoureux de l'hétéro, tandis que l'hétéro tombe amoureux de la fille.

Si personne n'y mettait de la bonne volonté il ne se passerait pas grand-chose. Heureusement, l'amitié et la complicité aidant, les relations se décoincent. La fille consent à coucher avec l'hétéro (même si ce n'est pas lui qu'elle aime) ; le pédé consent à coucher avec la fille (même s'il ne prend visiblement pas son pied). Alors, bien sûr on attend, frémissants, qu'arrive le moment où les deux garçons vont coucher ensemble. Et ce moment ne vient pas.

A l'issue d'une partie de soûlographie effrénée, le pédé se risque à caresser l'hétéro, mais celui-ci, bien qu'ivre-mort, se reprend vigoureusement et explique à son petit camarade entreprenant que non vraiment il préfère les filles. Tout au plus, en bout de course, lors d'une partie à trois avec la fille au milieu, l'hétéro laissera le pédé poser sa main sur ses fesses.

Dans ce film, la vie est là, belle, intacte, évidente : la sexualité n'est pas traitée à travers le prisme du mélodrame, avec des tonnes de bons sentiments et de bonne conscience.

Le personnage homosexuel assume sa sexualité de façon non-conflictuelle. Dans le film, il parle également en voix-off pour raconter son histoire ce qui permet de faire entrer le spectateur dans le récit et de s'identifier à un gay.

A aucun moment, ne se pose le problème de la Loi (celle de la société, de ses parents, de son entourage). Les choix sexuels de chacun apparaissent acceptés avec une évidence.

Malgré leurs divergences sexuelles et le fait qu'aucun d'eux n'est amoureux de la bonne personne, il n'y a pas de cruauté dans la relation des trois personnages. Ils sont néanmoins très cruels avec ceux qui ne font pas partie de leur cercle notamment dans la scène où les trois amis se moquent d'une autre fille amoureuse de l'hétéro. Tout à coup, ils ne sont plus sympathiques, et là, le film ne permet plus de s'identifier aux héros : les trois personnages principaux apparaissent ainsi sous des aspects contradictoires.

Les personnages se séparent à la fin : est-ce pour dire qu'un trouple ne peut pas fonctionner ?

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