Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Dialogue liminaire de « Platoniquement » par Axieros

Publié le par Jean-Yves

Le désir est en nous moins

fort que la tendresse.

Renée Vivien

 

Une prairie semée de bosquets couleur de cendre. Un ciel de papier gris frotté de vieil argent. Une rivière à l'eau mate comme un miroir embué semble figée entre des rives fleuries d'asphodèles, pâles comme des étoiles éteintes. Une lumière laiteuse baigne le paysage d'un invariable clair-obscur : crépuscule sans fin ou aube prolongée.

 

Des silhouettes humaines passent, trop légères pour des réalités, trop précises pour des fantômes.

 

Au pied d'un haut et svelte peuplier que n'émeut aucun vent, près d'une source qui s'écoule, silencieuse, une ombre songe, assise. C'est un homme, mais de son attitude alanguie, de son regard doux, quoique fier, émane quelque chose d'inexplicablement féminin. Une autre ombre passe, une femme dont les gestes sont une musique inentendue. Un je ne sais quoi d'audacieux, de viril, se dégage de toute sa personne, sans qu'elle perde pourtant de sa grâce eurythmique. Son peplos aux plis harmonieux moule des membres ronds et fermes comme ceux d'un éphèbe et se tend sur sa poitrine peu bombée. Dans ses cheveux couleur de nuit s'enlacent le lierre d'Iakkhos, le laurier d'Apollon et la rose d'Aphrodite. Son sourire ennobli de passion pacifiée est ardent et grave comme un beau soir. Sur l'épaule du songeur sa main se pose comme une blanche colombe.

 

« Eh ! poète, tu poursuis donc tes méditations jusqu'aux Enfers ! »

 

LE POÈTE

Comment sais-tu donc, ô Sappho, que je suis poète ?

 

SAPPHO

Comment pourrais-je ignorer que tu es le comte de Platen (1), que tu naquis parmi les Germains et que tu abandonnas les armes pour la lyre ? Ici, nous nous connaissons tous, sans avoir eu besoin d'être présentés l'un à l'autre : les ombres venues de l'île de Bretagne s'en offusquent, qui ne peuvent se résoudre à frayer avec des ombres auxquelles elles ne furent point « introduites »... Mais toi-même, ne viens-tu pas de me désigner par mon nom, bien que tu ne m'aies jamais vue, sinon en des effigies d'une ressemblance plus ou moins approximative ?

 

PLATEN

Tu as raison. Je suis celui qui eu tant à souffrir de l'inintelligence des hommes. La fatalité me fit naître trop tard — ou trop tôt — et je fis la douloureuse expérience d'être, en mon siècle, un anachronisme vivant, ce qui par ailleurs n'est pas dénué d'un certain charme. Nous sommes secrètement flattés de nous sentir différents des autres hommes quand bien même ils nous font payer cher le mépris en lequel nous tenons leurs coutumes niveleuses.

 

SAPPHO

Oui ! je sais que tu fus cruellement blessé par les flèches envenimées de la sotte raillerie et pour quelle raison majeure ! Tout simplement parce que tu faisais l'amour avec des hommes !

 

PLATEN

rougissant, dans la mesure où il est permis à une ombre de rougir

Tu me confonds par l'audace de tes propos. Sans doute...

 

SAPPHO

Je te parle comme on parlait en un temps où l'on ne se faisait pas scrupule d'appeler les choses par leur nom et je ne puis m'empêcher de rire quand je vois l'embarras de vos doctes universitaires qui prennent sur eux de faire passer en vos idiomes les beautés de nos œuvres. Les pauvres gens résolvent le plus souvent la question à coups de ciseaux ou bien... en traduisant les passages que votre morale mesquine juge dangereux en latin ! La belle affaire ! Tu comprendras aisément que je n'aie pas le moindre goût pour le langage de ces rustauds, pingres et pesants, balourds et bornés qui produisirent à foison, hélas ! des militaires, des prêtres et des scribes et pas un artiste ni un philosophe. Claquemurés dans leur rigorisme hargneux ou grimaçant d'un rire gras et grossier, ils subirent des Dieux la suprême disgrâce : ils ignorèrent le sourire qui est la revanche des hommes sur la vie... Mais tes timidités de jeune fille ont fait dévier ma pensée du cours qu'elle s'était proposé.

 

PLATEN

Qu'il soit fait selon ton désir, ô Sappho, et que ta parole ait la nudité rayonnante des dieux !

 

SAPPHO

Ainsi donc, si j'étais une femme comme les autres femmes, je devrais te tenir rigueur de l'aversion que tu éprouvais à l'égard de mon sexe. Mais logique et équité m'interdisent de te considérer en ennemi... Ecoute, on nous accuse, nous autres femmes, d'être affligées d'une curiosité indiscrète et insatiable. Si je voulais ruser, j'alléguerais ce défaut — dont on nous attribue gratuitement l'exclusivité — pour te demander la raison de ce que les hommes appellent tes inclinations « contre nature » parce qu'elles ne correspondent pas à « leur nature ». Surtout, ne me réponds pas par cette fausse vérité à l'usage de ceux qui veulent se dispenser de réfléchir, à savoir que les goûts ne s'expliquent pas Tu n'es pas sans ignorer que de mon temps nous ne pratiquions pas seulement les sciences qui veulent découvrir les lois du kosmos, mais encore une science qui est bien la plus difficile de toutes : l'éautognausie. Nous cherchions à connaître notre âme, plus inextricable que le labyrinthe de Minos, plus profonde que l'empire de Poséidon, plus sombre que la demeure d'Héphaïstos. Cette science, peut-être la pratiquas-tu ?

 

PLATEN

Certes. J'essayai de me connaître et je déposai le résultat de mes investigations dans un journal que je tins secret, car tu n'ignores pas que nos lois indulgentes punissent des actes coupables de ne léser en quoi que ce soit la liberté d'autrui. Et si la loi nous épargnait, l'opinion publique — c'est-à-dire l'opinion de ceux qui n'en ont pas — nous condamnerait toujours, elle, car nous commettons la faute impardonnable d'être la minorité.

Longtemps après que j'eus quitté le monde sublunaire où mon amour de la beauté me gratifia de joies cruelles, un mien ami publia les pages qu'il jugea les moins nocives. Néanmoins, quel tope ! Pour les uns, j'étais un réprouvé, un criminel ; pour les autres, un insensé, un fou. Des pédants qui s'intitulent des « psychiatres » — à quelles dures épreuves ils soumettent ta langue euphonique ! — crurent me trouver des circonstances atténuantes, comme ils disent hypocritement, en me déclarant digne de ces lieux où ils infligent à ceux qu'ils tiennent infailliblement pour déments, de scientifiques tortures.

 

SAPPHO

Par Asclépios ! fou parce que tu trouvais plus agréable de faire l'amour avec des hommes qu'avec des femmes ! Tes savants sont, en vérité, de plaisants cuistres ! Autant déclarer fou celui qui préfère la figue à la pomme ou la cithare au tympanon.

 

PLATEN

Tu parles bien, Sappho, mais les hommes ne peuvent souffrir que des individus soient assez téméraires pour s'écarter des « voies normales » de la pensée ou du sentiment. Lorsqu'ils ne peuvent ou n'osent les taxer de folie, ils se battent les flancs pour inventer quelque hypothèse excusatrice.

 

SAPPHO

Qu'entends-tu par là ?

 

PLATEN

Je vais te l'apprendre. La même année où mourut en Ausonie l'un des plus grands créateurs de formes naquit chez les Celtes de l'île de Bretagne l'un des plus grands créateurs du verbe : Michel-Ange Buonarotti, torturé de beauté, tenaillé d'idéal, offrant, Prométhée volontaire, son cœur de lion à l'art vorace ; Shakespeare, tisseur de rêve et modeleur de vie, s'élançant des abîmes vers le ciel, tel un aigle ; tous deux chantèrent la grâce hippolytienne de leurs aimés. Tu ne peux t'imaginer quels efforts, dignes d'une meilleure cause, s'imposèrent d'érudits glossateurs, afin de prouver que Tommaso dei Cavalieri et Henry Wriothesly étaient des femmes !

 

SAPPHO

Pardonne-leur ! Ils ne peuvent comprendre les pauvres ! que tout amour est beau qui enflamme une belle âme. Celui qui aime, illumine de sa beauté l'être aimé qui la lui renvoie plus lumineuse encore, semblables à deux miroirs d'or pur qui se transmettent réciproquement leur éclat.

 

PLATEN

En vérité, ô Sappho, j'inclinerais à croire que tu as dérobé aux Muses leurs secrets car tes paroles sont aussi justes qu'éloquentes. Je suis heureux de trouver un être qui me comprenne aussi bien que toi, surtout quand cet être est une femme. De toutes les femmes qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer, tu es la seule qui pénètre ma pensée.

Dans ce monde des ombres, je me vois limité à une société restreinte, choisie il est vrai, et qui ne manque pas d'individualités intéressantes, mais dans cette société, de femme point.

 

SAPPHO

Cela ne doit guère te priver, ô poète misogyne !

 

PLATEN

Détrompe-toi, ô la plus sensée et la plus diserte des femmes. Je suis loin d'être un misogyne. Comment pourrais-je haïr la femme, puisque je me sens femme par ma façon de sentir et d'aimer ? Je sens en moi une douceur et une tendresse qui ne me désignent pas à conquérir, mais au contraire à me donner.

Lorsque enfant, je lisais dans un poète latin plagiaire et flagorneur, mais auquel il faut bien — pardonne-moi — reconnaître du talent, les plaintes de Didon abandonnée, je sentais en mon cœur les souffrances dévorantes de la reine de Carthage, tout comme si j'avais été une femme. Quand l'amour en moi s'éveilla, j'aimai comme une vierge pudique et timide. Il m'en souvient ; c'était au plus fort de l'été ; il pleuvait du soleil à flots torrentiels ; des gouttes d'or grésillaient à travers les feuilles et dansaient sur le sol comme des insectes lumineux. Une rivière serpentait, abritée d'une saulaie bleuâtre. Un de mes camarades me proposa de nous baigner dans l'onde mollement clapotante. Je ne répondis pas, saisi d'un trouble étrange. Je n'osais me dévêtir devant lui. J'étais partagé entre le désir et la pudeur. Enfin, je me décidai, mais rougissant. Mon ami m'appela, vêtu d'eau claire et de soleil. J'hésitais à le regarder quoique sa vue provoquât en moi un charme inconnu. Je n'osais lui avouer un sentiment que j'aurais voulu qu'il devinât. Le soir je me trouvai seul à pleurer comme une vierge folle qui, n'osant dévoiler son amour dans la crainte de le voir repoussé, épanche sa langueur dans le sein de la nuit. J'éprouvais le besoin de me sentir protégé contre une poitrine puissante. J'étais sentimental comme la plus sentimentale des Gretchen. Quoi d'étonnant à ce que j'aie recherché l'amour des mâles puisque je sentais palpiter en moi un cœur de femme !

Mais, au fait, tu risques fort, malgré ton esprit subtil, de ne me point comprendre car, justement, tu méprisas, toi femme, les étreintes masculines... jusqu'au jour d'ailleurs où, comme une bacchante saoule de désir, tu t'enflammas pour un homme, le beau Phaon.

 

SAPPHO

Ah ! non, je t'en prie, laisse cette fable au vulgaire ; elle fut inventée par les humains qui gardaient contre moi, bien qu'ils me comparassent au Méonide et me nommassent « la parure des Lesbiennes », une rancune cachée : les hommes, parce qu'ils me sentaient inaccessible, les femmes, parce que je m'étais évadée de leur passivité. Ils profitèrent de la mort tragique d'une courtisane d'Erèse, qui portait mon nom et qui, par surcroît, signait des vers médiocres, pour m'infliger cette injure posthume. Je comprends fort bien l'amour féminin qui t'anima car moi, de mon côté, je me sentis forte et conquérante comme un homme. En amour, j'étais l'élément actif, comme tu étais l'élément passif. Je dominais, de ma passion agressive, des amies frêles et flexueuses, comme Mnaïs ou Erinna. Dans ce morne empire des ombres, où vides sont les étreintes et insipides les baisers, je garde le souvenir dolent et divin des nuits d'Asie où, dans l'air embrasé, les parfums s'exaspèrent et les corps des femmes s'épanouissent, languides comme de grands lis blancs. Bien que je ne sois plus qu'une ombre qu'aucune passion ne peut désormais agiter, je sens chanter en mon cœur blême, l'écho des voluptés éteintes.

Ecoute, et tu me comprendras, ô toi qu'Apollon Musagète combla de ses dons généreux.

Une fois, j'avais gardé auprès de moi, le symposion terminé, une petite cithariste lydienne. C'était encore une enfant et sa tunique transparente de voile de Kos tombait droite jusqu'à ses pieds, car ses seins étaient menus et ses hanches minces. Elle portait au cou de nombreuses amulettes cliquetant comme un jeu d'osselets et dans ses cheveux noirs, aux reflets de métal, des fleurs aussi rouges que ses lèvres. Bien qu'elle fût, quoique vierge, savante en volupté, les mots d'amour que je lui murmurais empourpraient ses joues brunes, alors semblables à des pommes douces. Quand ma main serpentait le long de son corps souple, je la sentais frémir effarouchée. Parfois, je l'étreignais si fort, l'écrasant, qu'elle laissait s'envoler de sa bouche entrouverte un soupir plaintif et pâmé. Délicieusement lasses, nous nous endormîmes, laissant nos corps s'abandonner, comme des colombes laissent tomber avec langueur leurs ailes fatiguées. Soudain, le bruissement des feuilles agitées, doux comme le chuchotement des baisers, dissipa mon sommeil, la nier attouchait le rivage avec l'heureuse langueur d'une amante lasse. Séléné, de ses mains de marbre fluide, caressait la terre endormie. La lydienne était étendue, immobile, mais la volupté récente se prolongeait en elle par un imperceptible frémissement qui courait le long de son corps brun comme les Heures nocturnes. Un souffle haletant rythmait sa gorge enfantine, ses jambes, fines comme des colonnettes de bronze doré, s'étaient resserrées, peureuses l'une contre l'autre. Les fleurs, incendiant ses cheveux, s'effeuillaient, en répandant dans l'air un arôme de chair. Je soulevai sa tête : elle retomba lourde comme celle d'une morte. Je la regardai : elle reposait lasse d'amour comme sa cithare, lasse de chansons.

Elle ne s'éveilla qu'à l'instant où l'Aurore, de sa chaussure d'or, foulait l'horizon. Je lui demandai dans un baiser : « Tu es lasse, dis ? — Oui, me répondit-elle, mais cette lassitude m'emplit de félicité. Tu es forte comme un homme, Psappha, et si câline en même temps. Ton amour est aussi divin que tes chants. » Je me sentis alors transportée de possession. Je le jure, par Eros tout puissant, aucun amant n'aima jamais avec plus d'ardeur subjuguante.

 

PLATEN

Certes, mais les Dieux se livrèrent à un jeu cruel en ne logeant pas en nos corps les âmes convenables ; en t'enflammant, toi Sappho, d'ardeurs viriles et en faisant couler en moi une féminine langueur.

 

SAPPHO

Les Dieux ne sont point si malins que tu le supposes. Mais afin d'assurer la conservation de l'espèce, comme ils sont prévoyants et finauds, ils dupèrent les mortels en suscitant en eux les amoureux désirs. L'homme et la femme se croient librement attirés l'un vers l'autre : en réalité, ils tombent dans un piège des plus simplistes : ils se prennent pour des fins alors qu'ils ne sont que des moyens comme dirait l'un de tes nébuleux ratiocineurs. Mais nous, nos amours stériles n'ont d'autre fin que notre propre jouissance. Nous déjouons ainsi les ruses des Dieux et je puis dire avec un légitime orgueil que nous nous avérons supérieurs aux Immortels puisque nous dupons nos dupeurs.

 

PLATEN

Mais ne crains-tu donc point la colère des Dieux ?

 

SAPPHO

Rassure-toi ! Nos dieux ne se scandalisent pas, car s'indigner et se courroucer serait, de leur part, avouer que nous les avons fait quinauds. Ils sont plus intelligents que ce morose et méchant Javeh, qui, dans sa rage d'être pipé par les habitants de Sodome, ne trouva pas d'autre argument que de déverser sur ses vainqueurs une pluie de soufre et de feu ! Avoue qu'on ne saurait être plus férocement stupide que cet irascible tyranneau. Nos Dieux auraient eu d'ailleurs mauvaise grâce à nous blâmer, car ils étaient assez éclectiques en leurs jeux d'amour. Apollon ne poursuivait pas toujours quelque Daphné ; son amour pour le beau Hyacinthe en est une preuve. Et quant au dieu suprême Zeus-Père, s'il se métamorphosa en cygne pour séduire Léda, il se changea en aigle pour enlever Ganymède.

Je puis même te confier, sans craindre ton indiscrétion, ce que les mortels ignorent : si Artémis faisait la bégueule avec les hommes, quand ils n'étaient pas endormis, ce n'était pas, crois-moi, par chasteté : c'était parce que les caresses blanches de ses nymphes lui suffisaient.

Mais pouvons-nous exiger des humains, mus par des instincts de troupeau, l'intelligence indulgente des Dieux ?

 

PLATEN

Tu es sage et sensée, ô Sappho, et si tu étais un homme, je tomberais amoureux — je suis tenté de dire « amoureuse » — de toi. Mais des femmes raisonnables comme tu l'es, on en rencontre peu !

 

SAPPHO

Il n'est pas impossible d'en trouver, même en un siècle voué à la laideur utilitaire, aux morales platement positives, ainsi qu'aux systèmes politiques instaurant la procréation obligatoire au nom inobjectable de la Patrie ou de l'Humanité. Tiens, regarde là-bas, vois-tu cette jeune femme dont les cheveux sont aussi légers qu'une brume de lumière et dont le corps semble pétri de l'écume des flots d'où jaillit Aphrodite ? Elle fut, dans la capitale des Galates, une de mes plus ferventes adoratrices et mon suave dialecte éolien refleurit sur ses lèvres souriantes. De leurs rires fangeux, les mortels insultèrent sa beauté hermétique, entrouverte aux seules Amies.

 

PLATEN

Elle cause avec un homme cependant.

 

SAPPHO

En effet, mais cet homme à l'élégance hautaine et mélancolique, sais-tu quel il est ? C'est un poète aux vers nombreux et à l'esprit subtil, né de la race des Hiberniens. Chez nous, il eût vécu libre, heureux et fêté, promenant sous de blancs portiques festonnés de fleurs et de feuilles, les songes que les Dieux lui inspiraient. Mais les habitants de l'île de Bretagne, dont l'esprit est aussi cassant que les gestes, l'emprisonnèrent pour le motif qui te fit fuir ton hostile patrie.

Ils viennent de ce côté ; ne troublons pas leur entretien qui doit, je gage, ressembler fort au nôtre.

 

Axieros

 

(1) Auguste, comte de PLATEN (1796-1835), un des plus grands poètes lyriques allemands, se distingue par la beauté et l'harmonie de sa langue. Après avoir pris part en qualité d'officier à la campagne de, 1815, il quitta l'armée pour se livrer à des études philosophiques et philologiques. Il se retira en Italie et mourut à Syracuse.

Œuvres principales : Ghazels (poèmes inspirés des Persans), Sonnets Vénitiens ; etc.

 

Arcadie n°101, mai 1962, pp. 323 à 330

Commenter cet article