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La faute de l'Abbé Mouret, Emile Zola (1875)

Publié le par Jean-Yves Alt

Extravagant roman où Emile Zola prétend montrer un prêtre en proie aux désirs charnels.

Le jeune abbé Mouret a été nommé « desservant » dans un village perdu qu'avoisine un immense parc à l'état sauvage qui porte le nom de Paradou, variante du mot Paradis, et qui abrite un ancien pavillon datant du XVIIIe siècle où un seigneur de l'ancien régime avait logé une mystérieuse maîtresse.

L'abbé Mouret, de faible complexion, tombe facilement en syncope. Il y est tombé quand le Dr Pascal, son parent, arrive à son chevet et le fait transporter en pleine exubérance de la nature dans le pavillon galant du Paradou, lui donnant pour garde-malade une fraîche jeune fille du village, faunesse ingénue : Albine, au fumet sauvage, a été élevée dans les principes de l'Émile de Jean-Jacques Rousseau.

Zola mène une description du sauvage Paradou et de sa luxuriance échevelée, hallucinée.

L'abbé et Albine en viennent à s'aimer au sens le plus charnel sous un grand arbre patriarcal. « Arbre immense, écrit le romancier, qui respirait comme une poitrine » (Livre 2 – chapitre 15). Et il ajoute, emporté par un lyrisme panthéistique : « L'arbre alors défaillait avec son ombre, ses tapis d’herbe, sa ceinture d'épais taillis. Il n'était plus qu'une volupté » (Livre 2 – chapitre 15). Durant des pages Zola poursuit : « La forêt soufflait la passion géante des chênes, les chants d'orgue des hautes futaies, une musique solennelle, menant le mariage des frênes, des bouleaux, des charmes, des platanes, au fond des sanctuaires de feuillage ; tandis que les buissons, les jeunes taillis étaient pleins d'une polissonnerie adorable, d'un vacarme d’amants se poursuivant, se jetant au bord des fossés, se volant le plaisir, au milieu d’un grand froissement de branches. Et, dans cet accouplement du parc entier, les étreintes les plus rudes s'entendaient au loin, sur les roches, là où la chaleur faisait éclater les pierres gonflées de passion, où les plantes épineuses aimaient d'une façon tragique, sans que les sources voisines pussent les soulager, tout allumées elles-mêmes par l'astre qui descendait dans leur lit. » (Livre 2 – chapitre 15).

Zola, tout en le faisant succomber à la tentation, idéalise son héros, qui reste un pur, dont l'âme ne s'est point troublée.

Du même auteur : La débâcleLa Curée


L'abbé Mouret en pdf


Lire aussi sur le site de Lionel Labosse : Éros & Thanatos au Paradou, pour lycéens : la Faute de l’abbé Mouret

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