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Le surmâle, Alfred Jarry (1902)

Publié le par Jean-Yves Alt

Sous-titré par l'auteur « roman moderne »… dérision de ceux qui savent qu'ils touchent aux lieux sacrés de l'homme : la sexualité et l'amour.

Le surmâle, c'est André Marcueil qui est doué par la nature d'un organe viril inépuisable.

La clé du roman est donnée par la première phrase : « L'amour est un acte sans importance, puisqu'on peut le faire indéfiniment. »

Il est vrai que cette simple hypothèse est riche d'un infini de déductions. Qu'en est-il de l'émotion, de la tendresse, du désir, de la jouissance, de la signification de l'autre et de ce rapport à autrui appelé amour, si la question ne se pose plus des limites et des défaillances de la virilité ?

Le surmâle est un superbe récit.

Et quel sens de la révolte, à l'intérieur même de la fiction, une véritable « révolution » comme le souligne le texte d'Annie Le Brun qui donne toute sa dimension au roman, en postface : « Comme c'est petit un éléphant ! »

Cet « indéfini » tant prometteur qui exalte le héros est justement mis en demeure de baisser les armes : « Seule, cette conscience de la fin de l'amour et de celle d'une criminalité sexuelle, qui en serait au plus profond de nous la continuelle tentation, peut casser la circularité du désir à laquelle n'échappe, en fin de compte, aucune des grandes traditions érotiques occidentales, quand bien même l'accès à une autre dimension en serait le but proclamé. »

Un roman suivi d'un essai qui explorent ce qui intéresse l'homme : son désir d'éternité.

■ Le surmâle d'Alfred Jarry suivi de « Comme c'est petit un éléphant ! » d'Annie Le Brun, éditions Ramsay/J.-J. Pauvert, 1990, ISBN : 2859568174

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