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Les petits Biskris, un poème de Jules Lemaître

Publié le par Jean-Yves

Ils font la roue éperdument

Sur ta place, ô Gouvernement !


Puis dorment sur la pierre nue,

Philippe ! Autour de ta statue.


Dégageant la nuque et le front,

Leurs cheveux sont coupés en rond.


Sous le soleil qui fait leur joie,

Leur chéchia rouge flamboie.


Si bien qu'à distance on croit voir

Des coquelicots se mouvoir.


En trois coups de brosse nos bottes

Resplendissent sous leurs menottes ;


Après quoi ces coquelicots

Vendent des « organes locaux ».


Souples et peu chargés de linges,

Ils ont de jolis airs de singes.


Ils sont charmants ; et mon souci,

C'est que les gavroches d'ici,


Sous leurs longs cils voilant des flammes,

Ont de plus beaux yeux que nos femmes.


Jules Lemaître

(Alger, mars 1881)


in “Poésies”, Petites orientales, Les petits Biskris ; Alphonse Lemerre éditeur, Paris, s. d., pp. 194-195


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