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Nouveautés aux éditions Question De Genre GKC

Publié le par Jean-Yves Alt

Ainsi chantait Marsyas… Poèmes, Jacques d'Adelswärd-Fersen, avec un dossier sur la revue Akademos par Mirande Lucien. QuestionDeGenre/GKC, 2012, 120 pp, 15€
Dans un ouvrage précédent intitulé Akademos. Jacques d’Adelswärd-Fersen et « la cause homosexuelle » (2000), nous avions déjà publié « Ainsi chantait Marsyas » (1907). De Fersen, nous venons de rééditer deux romans : Messes noires. Lord Lyllian (1905) et Le Baiser de Narcisse dans son édition de 1912. Le premier ouvrage étant épuisé, nous avons décidé de le republier autrement. Nous l’avons recentré sur l’ensemble des poèmes. Nous avons aussi revu et augmenté l’important dossier consacré à la revue Akademos dont Fersen forme le projet en 1907, l'année où il publie « Ainsi chantait Marsyas ».
La figure convenue du « baron Jacques » est celle d’un mondain, richissime, extravagant et inconsistant, inévitablement associé à ce qu’on appelle « l’Affaire des messes noires ». Nous avons choisi une autre image de Fersen, l’image d’un homme qui tient un rôle actif au moment où naît un véritable esprit combattant homosexuel, l’homme dévoué à ce qu'il appelle « La Cause ».

Une lettre à Georges Eekhoud montre que depuis la fin de 1907, Fersen est animé du désir de créer la revue Akademos. La vie de celle-ci sera brève mais riche : elle naît en janvier 1909 et le dernier numéro date de Noël de la même année. Elle est profondément marquée par le mythe du retour vers un paradis perdu : les religions chré­tiennes ont fourvoyé l’homme en lui imposant une morale qui bride ses instincts naturels. Il lui faut retrouver la liberté de Rome et de la Grèce ou poursuivre le rêve d’Alexandre et atteindre l’Extrême-Orient.


Georges Eekhoud, un illustre uraniste Mirande Lucien et Patrick Cardon, QuestionDeGenre/GKC, 2012. 112 pp 14€

En 1900, quelques mois avant le procès intenté à Georges Eekhoud pour son roman Escal-Vigor, paraît dans les Annales des sexualités intermédiaires et en particulier de l’homosexualité, la revue dirigée par Magnus Hirschfeld, un long article en allemand intitulé « Georges Eekhoud. Un avant-propos ». Il est signé Numa Praetorius. Son objectif est de présenter aux lecteurs l’œuvre de Georges Eekhoud. C’est une analyse inhabituelle, quasi nouvelle par nouvelle, de ce que les ouvrages de Georges Eekhoud peuvent contenir d’éléments correspondant à ce qu’on appellerait, aujourd’hui, la culture homosexuelle. Le dépouillement est long, minutieux et explicite.
L’article qui fait suite à celui-là dans le même numéro de la revue a pour titre « Un illustre uraniste du XVIIe siècle. Jérôme Duquesnoy, sculpteur flamand ». Il est rédigé en français et il est signé par Georges Eekhoud. Il ne peut qu’étonner le lecteur moderne, car il est digne d’un martyrologe de l’uranisme !
Cet ensemble est suivi ici de deux articles peu connus de Eekhoud parus dans la revue Akademos, et de la traduction en français d’autres articles de Numa Praetorius sur Georges Eekhoud. On trouvera encore un curieux article de Eekhoud paru dans L’Effort Éclectique après le procès d’Escal-Vigor. Loin de revendiquer simplement la totale liberté de l’écrivain, Eekhoud situe Escal-Vigor et le procès auquel il a donné lieu dans une perspective historique et politique.

Dans tous les articles réunis dans cet ouvrage, Eekhoud parle de l’uranisme tandis que d’autres, d’hier et d’aujourd’hui, parlent de lui comme du grand écrivain, qui le premier parmi les modernes, a peint des uranistes avec sympathie et sensibilité.

Association GayKitschCamp pour l'histoire LGBT
5 rue du Pavillon
34000 Montpellier
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